jeudi 6 février 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rennes |
| Section | Tribunal Administratif de Rennes |
| N° Dossier | TA35-2406752 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 6ème Chambre |
| Avocat requérant | ROCHARD |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et quatre mémoires complémentaires enregistrés le 15 novembre 2024 et les 8, 13, 20 et 22 janvier 2025, M. C A B, représenté par Me Rochard, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 10 octobre 2024 par lequel le préfet du Finistère a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays à destination duquel il sera éloigné d'office et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an ;
2°) d'enjoindre au préfet, à titre principal, de lui délivrer un titre de séjour dans le délai de 8 jours à compter de la notification du jugement à intervenir, et, à titre subsidiaire, de procéder à un nouvel examen de sa situation et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour dans l'attente ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros, à verser à son conseil, sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'arrêté est entaché d'un vice d'incompétence ;
- l'arrêté est entaché d'un défaut de motivation et d'un défaut d'examen ;
- la société Henaff justifie qu'il est encadré par une personne qualifiée et est prête à attendre la régularisation de la situation afin de le réembaucher ;
- le 5 décembre 2024, l'autorité préfectorale lui a accordé un certificat de compétence portant la mention " protection des animaux dans le cadre de leur mise à mort ", ce qui démontre qu'il bénéficie de la qualification professionnelle exigée à la lettre de l'article R. 121-1 du code de l'artisanat ;
- le refus de titre de séjour est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation et d'une méconnaissance des articles 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et L. 435-1 et L. 435-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la décision fixant le pays de renvoi viole l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ; de plus le préfet s'est uniquement fondé sur le refus de sa demande d'asile ;
- l'interdiction de retour pendant une durée d'un an est entachée d'un défaut de motivation et est disproportionnée.
Par deux mémoires en défense, enregistrés les 27 décembre 2024 et 16 janvier 2025, le préfet du Finistère conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'aucun des moyens soulevés par M. B n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Descombes,
- les observations de Me Rochard, représentant M. B,
- et les explications de M. B.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant malien, né le 13 octobre 1990, déclare être entré en France en janvier 2019. Ayant sollicité une demande d'admission au séjour au titre de l'asile, il s'est avéré qu'il avait déjà sollicité l'asile auprès des autorités italiennes, si bien qu'un arrêté de transfert à ces mêmes autorités lui a été notifié par le préfet d'Ille-et-Vilaine le 28 février 2019, assorti d'une assignation à résidence. Il n'a pas respecté cette assignation et a été déclaré en fuite. De ce fait, la procédure de transfert en Italie n'a pu aboutir, et l'intéressé a pu déposer sa demande d'asile en France, laquelle a été rejetée par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) le 31 janvier 2022. Comme cette décision a été confirmée par la Cour nationale du droit d'asile (CNDA) le 11 octobre 2022, la reconnaissance de la qualité de réfugié ou de bénéficiaire de la protection subsidiaire lui a donc été définitivement refusée. Il a sollicité son admission exceptionnelle au séjour et la délivrance d'une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " ou " salarié " sur le fondement de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par un arrêté du 10 octobre 2024, le préfet du Finistère a refusé de lui délivrer le titre de séjour sollicité, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays d'éloignement et l'a interdit de retour sur le territoire français pour une durée de deux ans. M. A sollicite l'annulation de cet arrêté.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne la décision de refus de titre de séjour :
2. En premier lieu, par un arrêté du 26 juin 2023, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture du Finistère du 29 juin 2023, le préfet du Finistère a donné délégation à M. François Drapé, secrétaire général de la préfecture et signataire de la décision attaquée, à l'effet de signer, en toutes matières, tous les actes relevant des attributions du préfet, à l'exclusion des arrêtés de délégations de signature et des évaluations des directeurs et chefs de service de l'État. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de la décision attaquée doit être écarté.
3. En deuxième lieu, l'arrêté comporte l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement, notamment les textes applicables et les conditions d'entrée et de séjour de M. A en France dont la date d'entrée en France qu'il a déclarée. En outre, le préfet précise que si M. A atteste par la production d'attestations, avoir lié des liens d'amitié avec plusieurs personnes, notamment dans le cadre de l'association Fraternité de Douarnenez, qui l'a accueilli, il est célibataire, sans charge de famille et n'est pas dépourvu d'attaches familiales dans son pays d'origine. Dès lors, le préfet, qui n'avait pas à énoncer l'ensemble des éléments relatifs à la situation personnelle de l'intéressé, a suffisamment motivé en droit et en fait son arrêté.
Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de l'arrêté attaqué doit être écarté.
4. En troisième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier, au regard notamment des éléments de motivation de la décision en litige énoncés au point précédent du présent jugement, que le préfet du Finistère aurait procédé à un examen insuffisant de la situation de M. A.
5. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ", " travailleur temporaire " ou " vie privée et familiale ", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. Lorsqu'elle envisage de refuser la demande d'admission exceptionnelle au séjour formée par un étranger qui justifie par tout moyen résider habituellement en France depuis plus de dix ans, l'autorité administrative est tenue de soumettre cette demande pour avis à la commission du titre de séjour prévue à l'article L. 432-14 ". Aux termes de l'article L. 435-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " A titre exceptionnel, et sans que les conditions définies au présent article soient opposables à l'autorité administrative, l'étranger qui a exercé une activité professionnelle salariée figurant dans la liste des métiers et zones géographiques caractérisés par des difficultés de recrutement définie à l'article L. 414-13 durant au moins douze mois, consécutifs ou non, au cours des vingt-quatre derniers mois, qui occupe un emploi relevant de ces métiers et zones et qui justifie d'une période de résidence ininterrompue d'au moins trois années en France peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " travailleur temporaire " ou " salarié " d'une durée d'un an. / Les périodes de séjour et l'activité professionnelle salariée exercée sous couvert des documents de séjour mentionnés aux articles L. 421-34, L. 422-1 et
L. 521-7 ne sont pas prises en compte pour l'obtention d'une carte de séjour temporaire portant la mention " travailleur temporaire " ou " salarié " mentionnée au premier alinéa du présent article. / Dans l'exercice de sa faculté d'appréciation, l'autorité compétente prend en compte, outre la réalité et la nature des activités professionnelles de l'étranger, son insertion sociale et familiale, son respect de l'ordre public, son intégration à la société française et son adhésion aux modes
de vie et aux valeurs de celle-ci ainsi qu'aux principes de la République mentionnés à l'article
L. 412-7. L'étranger ne peut se voir délivrer la carte de séjour temporaire sur le fondement du premier alinéa du présent article s'il a fait l'objet d'une condamnation, d'une incapacité ou d'une déchéance mentionnée au bulletin n° 2 du casier judiciaire. / Par dérogation à l'article L. 421-1, lorsque la réalité de l'activité de l'étranger a été vérifiée conformément au troisième alinéa de l'article L. 5221-5 du code du travail, la délivrance de cette carte entraîne celle de l'autorisation de travail mentionnée à l'article L. 5221-2 du même code, matérialisée par un document sécurisé. La condition prévue à l'article L. 412-1 du présent code n'est pas opposable. ".
6. En présence d'une demande de régularisation sur le fondement de l'article L. 435-1 précité, présentée par un étranger qui ne serait pas en situation de polygamie et dont la présence en France ne présenterait pas une menace pour l'ordre public, il appartient à l'autorité administrative de vérifier, dans un premier temps, si l'admission exceptionnelle au séjour par la délivrance d'une carte portant la mention " vie privée et familiale " répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard de motifs exceptionnels, et à défaut, dans un second temps, s'il est fait état de motifs exceptionnels de nature à permettre la délivrance, dans ce cadre, d'une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié " ou " travailleur temporaire ". Dans cette dernière hypothèse, un demandeur qui justifierait d'une promesse d'embauche ou d'un contrat de travail ne saurait être regardé, par principe, comme attestant, par là-même, des " motifs exceptionnels " exigés par la loi. Il appartient, en effet, à l'autorité administrative, sous le contrôle du juge, d'examiner, notamment, si la qualification, l'expérience et les diplômes de l'étranger, ainsi que les caractéristiques de l'emploi auquel il postule, de même que tout élément de sa situation personnelle dont l'étranger ferait état à l'appui de sa demande, tel que par exemple, l'ancienneté de son séjour en France, peuvent constituer, en l'espèce, des motifs exceptionnels d'admission au séjour.
7. Pour refuser d'admettre au séjour M. A sur le fondement de ces dispositions, le préfet s'est fondé sur l'absence de lien familial en France de l'intéressé qui conserve des attaches familiales dans son pays d'origine, et sur la circonstance que son dossier était incomplet, les demandes de pièces justificatives adressées par le service de la main d'œuvre étrangère, notamment le 17 juin 2024 dans le cadre de la demande d'autorisation de travail déposée par la société Jean Hénaff à son bénéfice, n'ayant pas été satisfaites. Si, sur ce dernier point, M. A soutient qu'il n'aurait pas été destinataire, non plus que son employeur, de ces demandes de pièces, le préfet du Finistère démontre qu'il a sollicité à deux reprises par courriels des 17 et 26 juin 2024, l'ensemble des éléments manquants à la demande d'autorisation de travail qui révèlent que si la société a bien fait état du nom de la personne qui encadre le requérant pour exercer le métier de boucher en son sein, elle n'est pas justifiée de l'expérience professionnelle de cette personne.
Si finalement, le requérant produit une attestation délivrée postérieurement à l'édiction de la décision attaquée par la société Jean Hénaf justifiant de la qualification de cette personne, et relève que le 5 décembre 2024, l'autorité préfectorale lui a accordé un certificat de compétence portant la mention " protection des animaux dans le cadre de leur mise à mort ", en tout état de cause, le préfet fait à présent valoir en défense que l'expérience professionnelle de M. A ne révèle aucune caractéristique particulière susceptible de constituer un motif exceptionnel justifiant son admission exceptionnelle au séjour. Ce motif n'étant pas au nombre de ceux qui figurent dans la décision attaquée, le préfet doit être regardé comme demandant, à titre subsidiaire, une substitution de motifs. En l'espèce, s'il ressort des pièces du dossier et notamment de la décision attaquée que
M. A a exercé une activité professionnelle pour des travaux agricoles et d'aide à domicile en 2021 et 2022, puis au sein de la société Hénaff pendant seulement moins de 7 mois, il ne justifie pas pour autant d'une insertion professionnelle pérenne et stable caractérisant un motif exceptionnel justifiant son admission exceptionnelle au séjour sur le fondement des dispositions précitées des articles L. 435-1 et L. 435-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, eu égard à l'absence de diplôme ou de qualification professionnelle en tant que boucher et de toute expérience professionnelle probante exercée dans ce métier. Ainsi, l'administration aurait pris la même décision si elle s'était fondée initialement sur le motif substitué. Par suite, M. A n'est pas fondé à soutenir que le préfet du Finistère aurait méconnu les dispositions précitées et commis à cet égard une erreur manifeste d'appréciation en rejetant sa demande d'admission exceptionnelle au séjour.
8. En cinquième lieu, si le requérant fait valoir que le préfet se serait estimé à tort, lié
par l'avis défavorable de la plateforme interrégionale de la main d'œuvre étrangère rendu le
14 août 2024, il ressort de ce qui a été exposé au point 7 que, pour lui refuser la délivrance d'un titre de séjour, le préfet s'est aussi fondé sur la circonstance qu'il ne justifie pas d'une insertion professionnelle pérenne et stable caractérisant un motif exceptionnel justifiant son admission exceptionnelle au séjour. Dans ces conditions, le moyen tiré de ce que le préfet se serait estimé à tort, lié par l'avis défavorable de la plateforme interrégionale de la main d'œuvre étrangère ne peut qu'être écarté.
9. En sixième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance () ".
10. Pour soutenir que la décision de refus de titre de séjour porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale, M. A fait valoir qu'il réside en France depuis janvier 2019, qu'il entretient des liens très forts avec de nombreuses personnes dans le cadre de l'association Fraternité de Douarnenez, qui l'a accueilli. Toutefois, ces seules circonstances ne sont pas suffisantes pour établir qu'il aurait installé en France le centre de ses intérêts personnels et familiaux. En outre, l'intéressé n'a pas déclaré avoir de famille en France alors qu'il a déclaré être célibataire et sans enfants et ne justifie pas ne pas disposer d'attache dans son pays d'origine. Dans ces conditions, les moyens tirés de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'erreur manifeste d'appréciation des conséquences de sa décision sur la situation personnelle de l'intéressé doivent être écartés.
En ce qui concerne la décision fixant le pays de renvoi :
11. Aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des traitements inhumains ou dégradants ".
12. M. A soutient qu'il est menacé d'être exposée à de mauvais traitements en cas de retour au Mali. Toutefois, et alors même qu'il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet s'est cru lié par les décisions de l'OFPRA et de la CNDA sur ce point, il est constant qu'alors que la demande d'asile de M. A a été rejetée, il ne produit dans la présente instance aucun document permettant de mieux établir le risque de mauvais traitements qu'il prétend encourir en cas de retour dans son pays d'origine. Dans ces conditions, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.
En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :
13. En premier lieu, aux termes des articles L. 211-2 et L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration, les mesures de police doivent être motivées et " comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision ". Aux termes de l'article L. 613-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " () les décisions d'interdiction de retour () prévues aux articles L. 612-6, L. 612-7, L. 612-8 et
L. 612-11 sont distinctes de la décision portant obligation de quitter le territoire français. Elles sont motivées. ".
14. En l'espèce, la décision en litige vise les textes dont il fait application, notamment les articles L 612-6 à L 612-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et mentionne que compte tenu des circonstances propres au cas d'espèce, de sa durée de présence en France, de l'absence de liens privés et familiaux en France, du non-respect d'une procédure de réadmission en Italie, et nonobstant l'absence de menace à l'ordre public, une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an ne porte pas une atteinte disproportionnée au droit de l'intéressé au regard de sa vie privée et familiale. Dès lors, la décision portant interdiction de retour sur le territoire français répond aux exigences de motivation posées par l'article L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation doit être écarté.
15. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 612-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsque l'étranger n'est pas dans une situation mentionnée aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative peut assortir la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. / Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder deux ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français ". Aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de la présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français / Il en est de même pour l'édiction de l'interdiction de retour mentionnée à l'article L. 612-8 () ".
16. En l'espèce, le préfet du Finistère a prononcé à l'encontre de M. A une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an au motif de l'absence de liens privés et familiaux en France, de sa durée de présence en France et du fait que l'intéressé n'a pas respecté d'une procédure de réadmission en Italie. Dès lors, et alors même que l'intéressé ne constitue pas une menace à l'ordre public M. A n'est pas fondé à soutenir qu'en prenant à son encontre une décision d'interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an, le préfet du Finistère aurait méconnu les dispositions précitées et entaché sa décision d'une erreur d'appréciation.
17. Il résulte de tout ce qui précède, que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. A doivent être rejetées. Par suite, doivent également être rejetées les conclusions aux fins d'injonction, de même que celles présentées au titre des frais liés à l'instance.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent sera notifié à M. C A B et au préfet du Finistère.
Délibéré après l'audience du 23 janvier 2025 à laquelle siégeaient :
M. Descombes, président,
M. Le Roux, premier conseiller,
M. Le Bonniec, premier conseiller,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 février 2025.
Le président-rapporteur,
Signé
G. Descombes
L'assesseur le plus ancien,
Signé
P. Le Roux
Le Greffier,
Signé
J-M. Riaud
La République mande et ordonne au préfet du Finistère en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026