LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA35-2406755

Tribunal Administratif de Rennes — Décision N° TA35-2406755

jeudi 6 février 2025

JuridictionTribunal Administratif de Rennes
SectionTribunal Administratif de Rennes
N° DossierTA35-2406755
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Formation6ème Chambre

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Rennes a rejeté la requête de Mme A, ressortissante algérienne, contestant l'arrêté préfectoral du 10 octobre 2024 lui refusant un titre de séjour et l'obligeant à quitter le territoire. La juridiction a estimé que le préfet n'avait pas méconnu l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme ni l'article 6-5° de l'accord franco-algérien, en relevant que la présence de sa sœur, la scolarisation de ses filles et l'obtention d'un logement ne suffisaient pas à démontrer une atteinte disproportionnée à sa vie privée et familiale. Le tribunal a également écarté le moyen tiré de la violation de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant, considérant que la décision n'empêchait pas la poursuite de la vie familiale hors de France. La solution retenue confirme la légalité de la mesure d'éloignement et de l'interdiction de retour d'un an.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 15 novembre 2024, Mme B A, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 10 octobre 2024 par lequel le préfet du Finistère lui refuse la délivrance d'un titre de séjour, l'oblige à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, fixe le pays de destination et l'interdit de retour sur le territoire français durant un an ;

2°) d'enjoindre au préfet du Finistère à titre principal, de lui délivrer la carte de séjour sollicitée et, à titre subsidiaire, de réexaminer sa demande de titre de séjour, dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir.

Elle soutient que :

- le préfet a méconnu l'article 8 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ; ses enfants sont scolarisés en France ; elle a des attaches en France ; elle bénéficie d'un logement ; d'une promesse d'embauche pour un emploi en contrat à durée déterminée (CDD) de femme de ménage dans une entreprise de restauration rapide ; elle a été bénévole au sein du secours populaire en direction des plus pauvres ;

- le préfet a méconnu de l'article 6-5° de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 et a commis une erreur d'appréciation ;

- la nécessité de reconstruire pour ses enfants des conditions de vie et d'études dans un pays qui leur est étranger constituerait une atteinte à leurs droits tels que protégés par l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant.

Par un mémoire en défense, enregistré le 27 décembre 2024, le préfet du Finistère conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir qu'aucun des moyens soulevés par Mme A n'est fondé.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la convention internationale des droits de l'enfant signée à New-York le 26 janvier 1990 ;

- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapporteur public a été dispensé de prononcer ses conclusions en application des dispositions des articles L. 732-1 et R. 732-1-1 du code de justice administrative.

Le rapport de M. Le Roux a été entendu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. Mme B A, ressortissante algérienne née en 1984, est entrée en France, le 22 juin 2018, sous couvert d'un passeport algérien revêtu d'un visa de court séjour valable du

3 juin 2018 au 29 novembre 2018. Elle était alors accompagnée de ses deux filles, nées en 2012 et en 2013, et a donné naissance le 26 juillet 2018 à Brest à sa troisième fille. Par jugement du 28 septembre 2020, le tribunal a rejeté le recours formé par Mme A à l'encontre de l'arrêté du 16 janvier 2020 par lequel le préfet du Finistère lui a refusé la délivrance d'un titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français, a fixé le pays de destination et l'a obligée à remettre son passeport et à se présenter une fois par semaine au commissariat de police de Brest. Par un deuxième jugement du 21 septembre 2023, le tribunal a rejeté le recours formé par Mme A à l'encontre de l'arrêté du 26 décembre 2022 par lequel le préfet du Finistère lui a refusé la délivrance d'un certificat de résidence, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination. Mme A s'est néanmoins maintenue sur le territoire français et a sollicité une nouvelle fois, le 21 mars 2024, auprès de la préfecture du Finistère la délivrance d'une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sur le fondement du point 5 de l'article 6 de l'accord franco-algérien, ou son admission exceptionnelle au séjour. Elle demande l'annulation de l'arrêté du

10 octobre 2024 par lequel le préfet du Finistère lui refuse la délivrance d'un titre de séjour, l'oblige à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, fixe le pays de destination et l'interdit de retour sur le territoire français durant une année.

2. En premier lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ". Selon l'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 : " Le certificat de résidence d'un an portant la mention " vie privée et familiale " est délivré de plein droit : () / 5° au ressortissant algérien, qui n'entre pas dans les catégories précédentes ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, dont les liens personnels et familiaux en France sont tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus (). ".

3. Mme A expose avoir quitté l'Algérie et résider en France de manière continue depuis son entrée en 2018 et que le centre de ses intérêts privés s'y situe désormais. Néanmoins, la présence en France de plusieurs membres de sa famille et notamment de sa sœur, la scolarisation de ses filles, et la circonstance qu'une association a mis à sa disposition un logement, ne sauraient suffire à justifier de son intégration dans la société française. Les attestations de ses voisins, ainsi que les documents faisant état de sa participation ponctuelle à certaines activités du Secours Populaire et la promesse d'embauche présentée par la requérante ne permettent pas davantage d'établir l'assimilation exceptionnelle dont elle entend se prévaloir. Si la requérante justifie du décès de proches en Algérie, notamment de sa mère, elle n'allègue pas être dépourvue de tout lien familial ou amical dans son pays d'origine, où elle a vécu jusqu'à l'âge de trente-trois ans, alors même qu'elle n'aurait plus de contact. Alors que la requérante n'a pas déféré à deux obligations de quitter le territoire français depuis son arrivée en 2018, au regard de l'ensemble des éléments qui viennent d'être rappelés, la décision par laquelle le préfet du Finistère a refusé de délivrer un titre de séjour à Mme A n'a pas porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels elle a été prise. Par suite, le préfet n'a méconnu ni les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, ni les stipulations du point 5 de l'article 6 de l'accord franco-algérien. Il n'a pas davantage commis une erreur manifeste d'appréciation quant aux conséquences de sa décision sur la situation personnelle de Mme A.

4. En second lieu, aux termes de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant du 26 janvier 1990 : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait d'institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale. ".

5. Il résulte de ces stipulations que, dans l'exercice de son pouvoir d'appréciation, l'autorité administrative doit accorder une attention primordiale à l'intérêt supérieur des enfants dans toutes les décisions les concernant. Toutefois, l'arrêté attaqué qui oblige notamment Mme A à quitter le territoire français n'implique pas, par lui-même, une séparation de la requérante et de ses filles, ou une mise en péril de la scolarité et des apprentissages de ces dernières, dès lors qu'elles pourront poursuivre leur scolarité en Algérie. Au demeurant, Mme A ne justifie d'aucune circonstance faisant obstacle à ce que sa cellule familiale soit transférée hors de France, le père de ses filles résidant, par ailleurs, toujours en Algérie, sans qu'il ne soit justifié qu'il aurait renoncé à toutes relations avec ses enfants. En conséquence, Mme A n'est pas fondée à soutenir que le préfet du Finistère n'aurait pas tenu compte

de l'intérêt supérieur de ses enfants, au sens des stipulations précitées de la convention internationale relative aux droits de l'enfant.

6. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions présentées par Mme A tendant à l'annulation de l'arrêté litigieux doivent être rejetées.

Sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte :

7. Le présent jugement, qui rejette les conclusions tendant à l'annulation de l'arrêté préfectoral contesté, n'implique aucune mesure particulière d'exécution. Les conclusions aux fins d'injonction présentées par Mme A ne peuvent dès lors être accueillies.

D É C I D E :

Article 1 : La requête de Mme A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et au préfet du Finistère.

Délibéré après l'audience du 23 janvier 2025, à laquelle siégeaient :

M. Descombes, président,

M. Le Roux, premier conseiller,

M. Le Bonniec, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 février 2025.

Le rapporteur,

Signé

P. Le Roux

Le président

Signé

G. DescombesLe greffier,

Signé

J-M. Riaud

La République mande et ordonne au préfet du Finistère en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Décisions similaires

TA78Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2608798

03/08/2026

TA78Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2606201

03/08/2026

TA78Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2600562

03/08/2026

TA77Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de MELUN — N° TA77-2611484

03/08/2026

← Retour aux décisions