LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA35-2406799

Tribunal Administratif de Rennes — Décision N° TA35-2406799

jeudi 5 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Rennes
SectionTribunal Administratif de Rennes
N° DossierTA35-2406799
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Avocat requérantSOCIETE D'AVOCATS LEXCAP

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire enregistrés les 18 novembre et 1er décembre 2024, Mme B A, épouse C, représentée par Me Duhalde, demande au juge des référés :

1°) d'ordonner, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la décision du 23 octobre 2024 par laquelle le maire de la commune de Vern-sur-Seiche a refusé d'inscrire ses deux enfants dans l'une des écoles publiques de la commune ;

2°) d'enjoindre au maire de la commune de Vern-sur-Seiche d'inscrire ses deux enfants dans l'une des écoles publiques de la commune, dans un délai de quinze jours à compter de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de la commune de Vern-sur-Seiche la somme de 2 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Elle soutient que :

- la condition d'urgence est satisfaite : ses enfants ne sont plus scolarisés depuis plusieurs mois, ce qui porte atteinte à leur droit à l'instruction et sont très affectés psychologiquement par le sentiment d'exclusion créé par le refus de scolarisation ; l'école publique où ils étaient scolarisés lui a transmis deux certificats de radiation le 2 septembre 2024 ;

- sur le doute sérieux quant à la légalité de la décision contestée :

- elle est entachée d'un défaut de motivation en droit et en fait en méconnaissance de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration ;

- le maire n'a pas examiné la situation particulière qu'elle invoquait, liée à du harcèlement subi par son aîné au sein de son école de secteur, qui affecte également sa sœur cadette.

Par un mémoire, enregistré le 28 novembre 2024, le recteur de l'académie de Rennes conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que la condition tenant à l'urgence n'est pas satisfaite : il n'est pas établi que le fils ainé de Mme C ait été victime de harcèlement au sein de l'école où il était scolarisé au cours de l'année scolaire 2023-2024 et c'est son comportement indiscipliné et provocateur qui a donné lieu à des punitions et des entretiens avec la famille.

Par un mémoire en défense, enregistré le 2 décembre 2024, la commune de Vern-sur-Seiche, représentée par la Sarl Lexcap, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de Mme C la somme de 2 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que :

- la condition d'urgence n'est pas satisfaite : Mme C a attendu près d'un mois pour introduire le référé et elle s'est abstenue de toute démarche pour assurer la scolarisation de ses enfants depuis plusieurs mois ; elle n'a pas davantage sollicité les communes limitrophes ou situées dans le même secteur géographique que Vern-sur-Seiche ;

- sur le doute sérieux quant à la légalité de la décision litigieuse :

- la décision n'est pas au nombre de celles qui doivent être motivées et, en tout état de cause, elle est motivée en droit en mentionnant les démarches juridiques effectuées et en fait ;

- Mme C ne peut se prévaloir d'aucune atteinte à un droit qui lui serait acquis tenant à une liberté de choix du lieu de scolarisation de ses enfants : en principe, l'école de rattachement est celle de l'école de la commune de résidence et le maire pouvait, conformément au principe de libre administration de sa commune, ne pas accepter la scolarisation des enfants de Mme C au sein de sa commune ; en outre, Mme C ne produit pas l'autorisation du maire de sa commune de résidence acceptant que ses enfants soient scolarisés dans une autre commune ; l'état de santé des enfants de Mme C ne justifie pas une dérogation scolaire au sens de l'article R. 212-21 du code de l'éducation.

Vu :

- la requête au fond n° 2406787 ;

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'éducation ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Plumerault, première conseillère, pour statuer sur les demandes de référé.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique du 3 décembre 2024 :

- le rapport de Mme Plumerault,

- les observations de Me Duhalde, représentant Mme C, qui reprend les mêmes termes que les écritures qu'elle développe, souligne l'urgence de la situation dès lors que les enfants de la requérante sont actuellement déscolarisés alors que l'aîné devait rentrer en classe de CP, que si elle a tardé à saisir le juge des référés, c'est dans l'attente de documents médicaux, insiste sur les faits de harcèlement subis par le fils de Mme C, expose que la requérante s'est rapprochée de plusieurs autres écoles sans succès ;

- les observations de Me Pérès, représentant la commune de Vern-sur-Seiche, qui reprend les mêmes termes que les écritures qu'elle développe, souligne l'absence d'urgence dès lors que la requérante n'a saisi le juge des référés qu'en novembre, que si elle démontre avoir effectué des démarches auprès d'autres écoles, elle ne justifie pas des refus d'inscription qu'elle allègue, fait valoir que c'est en principe la commune de Nouvoitou qui doit scolariser les enfants, que les faits de harcèlement ne sont pas établis, ni les problèmes médicaux du fils de la requérante et que le maire de la commune de Vern-sur-Seiche n'est pas tenu de faire droit à la demande de dérogation ;

- les observations de M. D, représentant le recteur de l'académie de Rennes, qui reprend les mêmes termes que les écritures qu'il développe, expose que le fils de Mme C a pu effectivement faire l'objet de punitions et de réprimandes au sein de l'école où il était précédemment scolarisé en raison de son attitude d'insolence, voire de violence et qu'il a d'ailleurs rencontré les mêmes difficultés au cours de ses années scolaires précédentes, que les faits de harcèlement allégués ne sont pas établis, fait valoir que si des certificats de radiation ont été délivrés à Mme C, c'est uniquement à sa demande et cette délivrance n'est pas conditionnée par l'inscription dans un autre établissement scolaire.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

Sur l'aide juridictionnelle :

1. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 : " Dans les cas d'urgence, () l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président ".

2. Mme C ne justifiant pas avoir déposé une demande d'aide juridictionnelle, il n'y a pas lieu, par suite, de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.

Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

3. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ".

En ce qui concerne l'urgence :

4. En invoquant la circonstance que ses enfants, âgés de 4 et 6 ans, ne sont pas scolarisés depuis la rentrée scolaire 2024 et en se prévalant de démarches auprès de plusieurs établissements scolaires dans les communes situées autour de sa commune de résidence, Mme C justifie suffisamment de la condition d'urgence requise par les dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative.

En ce qui concerne les moyens propres à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision :

5. Pour refuser de faire droit à la demande de dérogation scolaire de Mme C, le maire de la commune de Vern-sur-Seiche s'est borné à faire valoir qu'il avait consulté l'ensemble des acteurs de la communauté éducative ainsi que le bureau municipal sans assortir sa décision d'aucune motivation. Par suite, le moyen tiré du défaut de motivation en droit et en fait de la décision contestée est propre, en l'état de l'instruction, à créer un doute sérieux quant à sa légalité.

6. Il résulte de tout ce qui précède que les conditions d'application de l'article L. 521-1 du code de justice administrative sont réunies. Il y a lieu, par suite, de suspendre l'exécution de la décision litigieuse.

Sur les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte :

7. La présente ordonnance implique seulement mais nécessairement qu'il soit enjoint au maire de la commune de Vern-sur-Seiche de réexaminer la demande de Mme C, dans un délai qu'il y a lieu de fixer à quinze jours à compter de la notification de la présente ordonnance. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'assortir cette injonction d'une astreinte.

Sur les frais liés au litige :

8. En vertu des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, le tribunal ne peut pas faire bénéficier la partie tenue aux dépens ou la partie perdante du paiement par l'autre partie des frais qu'elle a exposés à l'occasion du litige soumis au juge. Les conclusions présentées à ce titre par la commune de Vern-sur-Seiche doivent, dès lors, être rejetées.

9. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la commune de Vern-sur-Seiche la somme que Mme C demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.

O R D O N N E :

Article 1er : Mme C n'est pas admise, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Article 2 : L'exécution de la décision du 23 octobre 2024 par laquelle le maire de la commune de Vern-sur-Seiche a refusé d'inscrire les deux enfants de Mme C dans l'une des écoles publiques de la commune est suspendue.

Article 3 : Il est enjoint au maire de la commune de Vern-sur-Seiche de réexaminer, dans un délai de quinze jours à compter de la notification de la présente ordonnance, la demande de Mme C.

Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 5 : Les conclusions de la commune de Vern-sur-Seiche présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 6 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B C, à la commune de Vern-sur-Seiche et à la ministre de l'éducation nationale.

Copie en sera adressée pour information au recteur de l'académie de Rennes.

Fait à Rennes, le 5 décembre 2024.

Le juge des référés,

signé

F. PlumeraultLa greffière d'audience,

signé

A. Gauthier

La République mande et ordonne à la ministre de l'éducation nationale en ce qui la concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions