mardi 10 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rennes |
| Section | Tribunal Administratif de Rennes |
| N° Dossier | TA35-2406978 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Avocat requérant | SOCIETE D'AVOCATS GUILLOTIN LE BASTARD |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 26 novembre 2024, Mme D B, épouse C, demande au juge des référés de suspendre, en application de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, l'exécution de l'arrêté du préfet des Côtes-d'Armor du 20 août 2024 portant autorisation d'abattage d'un alignement de vingt arbres dans le cadre du réaménagement du boulevard de la gare, sur le territoire de la commune de Loudéac.
Elle soutient que :
- la condition tenant à l'urgence est satisfaite, dès lors que l'abattage des arbres peut intervenir sans délai, ce qui rendra sans objet sa requête en annulation ;
- il existe un doute sérieux sur la légalité de l'arrêté en litige, dès lors que :
* la demande a été déposée le 24 mai, complétée le 21 juin 2024 ; l'autorisation accordée porte une date modifiée d'affichage le 27 septembre et n'a été publiée que le 20 novembre 2024 ;
* le projet méconnaît les dispositions de l'article L. 305-3 du code de l'environnement et l'arrêté est entaché d'erreur de fait ; les tilleuls en cause sont implantés en limite extérieure du périmètre du projet d'aménagement ; leur présence n'entrave en rien le réaménagement du quartier de la gare ; le projet de construction d'immeubles sur la parcelle cadastrée section AC n° 141 prévoit leur implantation en limite de domaine public, rendant nécessaire l'abattage des tilleuls, qui aurait pu être évité ; les mesures de compensation sont insuffisantes.
Par un mémoire en défense, enregistré le 4 décembre 2024, le préfet des Côtes-d'Armor conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- la requête est irrecevable, dès lors que Mme C ne justifie pas de son intérêt à agir contre l'arrêté en litige, qui autorise l'abattage d'arbres dont le plus proche est situé à 730 mètres de son domicile ;
- la condition tenant à l'urgence n'est pas satisfaite par la seule imminence des travaux ; Mme C ne fait état d'aucune circonstance particulière permettant d'établir l'existence d'une atteinte grave et immédiate à sa situation ou à un intérêt public ;
- Mme C ne soulève aucun moyen propre à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de l'arrêté en litige ; en particulier :
* les conditions et modalités d'affichage d'un acte administratif, au demeurant régulières au cas d'espèce, sont sans incidence sur sa légalité ;
* les tilleuls en cause sont implantés dans l'emprise du projet ; à supposer mêmes qu'ils se situent à la limite de son emprise, la réalisation des immeubles projetés aura pour conséquence une asphyxie racinaire des sujets, une détérioration de la sécurité des accès aux espaces de stationnement et une diminution de l'ensoleillement des logements ; l'abattage projeté ne procède d'aucune erreur de fait, pas davantage que d'une erreur d'appréciation quant à la nécessité de l'opération ou à la suffisance des mesures de compensation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 4 décembre 2024, la commune de Loudéac, représentée par la Selarl Guillotin, Le Bastard et Associés, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de Mme C la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- la requête est irrecevable, dès lors que Mme C ne justifie pas avoir également déposé une requête au fond ;
- la requête est également irrecevable dès lors que Mme C ne justifie pas de son intérêt à agir contre l'arrêté en litige, qui autorise l'abattage d'arbres dont le plus proche est situé à plus de 700 mètres de son domicile ;
- la condition tenant à l'urgence n'est pas satisfaite par la seule imminence des travaux ; Mme C n'établit pas ni même n'allègue que l'exécution de la décision en litige préjudicie de manière grave et immédiate à sa situation ;
- Mme C ne soulève aucun moyen propre à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de l'arrêté en litige ; en particulier :
* les conditions et modalités d'affichage d'un acte administratif sont sans incidence sur sa légalité ;
* l'incompatibilité entre les travaux projetés et le système racinaire des arbres en cause justifie que le préfet autorise leur abattage ; en l'espèce, l'opération d'abattage est nécessaire à la réalisation du projet immobilier, dès lors que les constructions doivent s'implanter en limite parcellaire sur le boulevard de la gare, ce qui est incompatible avec le maintien du système racinaire des sujets, ainsi qu'avec la préservation de la voirie et des constructions ; les abattages sont limités à ce qui est strictement nécessaire à la réalisation du projet ; les mesures de compensation prévues sont suffisantes.
Vu :
- la requête au fond n° 2406977, enregistrée le 26 novembre 2024 ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'environnement ;
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Thielen, première conseillère, pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 5 décembre 2024 :
- le rapport de Mme Thielen ;
- les observations de Mme B, épouse C, qui conclut aux mêmes fins que sa requête, par les mêmes moyens, et précise notamment que :
* elle a qualité à agir en tant que citoyenne de Loudéac ;
* l'erreur de fait est caractérisée, dès lors que les 20 tilleuls ne sont pas dans le périmètre du projet d'aménagement ;
* l'abattage n'est pas indispensable à la réalisation du projet ; les contraintes d'implantation résultent en réalité du parti-pris architectural, qui pourrait être différent ;
* le nécessaire dévoiement des réseaux souterrains existants pourrait également être pris en considération dans la configuration du projet ;
- les observations de M. E, représentant le préfet des Côtes-d'Armor, qui persiste dans ses conclusions écrites, par les mêmes moyens et arguments, et fait notamment valoir que :
* l'intérêt à agir n'est pas justifié et la qualité de citoyenne ne suffit pas ;
* les conditions phytosanitaires des sujets, ayant atteint leur espérance de vie moyenne, seront dégradées par la réalisation du projet :
* les mesures de compensation sont réelles et suffisantes ;
- les observations de Me Poilvet, représentant la commune de Loudéac, qui persiste dans ses conclusions écrites, par les mêmes moyens et arguments, et fait notamment valoir que :
* l'intérêt à agir n'est pas justifié, dès lors que le cadre de vie de la requérante n'est pas modifié ;
* le réseau racinaire sera affecté par les constructions, et leur solidité pourrait également être affectée par ce même système racinaire, très profond ;
* les réseaux d'eaux pluviales situés sous les sujets doivent en toute hypothèse être dévoyés.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Par arrêté du 20 août 2024, dont Mme B, épouse C a demandé l'annulation et dont elle demande, aux termes de la présente requête, la suspension de l'exécution, le préfet des Côtes-d'Armor a autorisé le maire de la commune de Loudéac à faire procéder à l'abattage d'un alignement de vingt arbres localisés boulevard de la gare, entre la rue Pasteur et la rue du docteur A, entre le 1er septembre et le 28 février.
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ".
3. Il ressort des pièces du dossier que Mme B, épouse C, réside à plus de 700 mètres du site d'implantation de l'alignement des sujets devant être abattus, sur lesquels elle ne dispose d'aucune vue directe. Il ne ressort par ailleurs d'aucune des pièces du dossier que l'exécution de l'arrêté en litige aura pour conséquence, de quelque manière que ce soit, de modifier le cadre de vie de l'intéressée, ce qu'elle ne conteste au demeurant pas, se bornant à faire valoir sa qualité de citoyenne de la commune de Loudéac, qui ne saurait toutefois suffire pour lui reconnaître un intérêt suffisant lui conférant qualité pour agir et en demander l'annulation. Mme B, épouse C, n'étant pas recevable à demander l'annulation de l'arrêté du préfet des Côtes-d'Armor du 20 août 2024 portant autorisation de procéder à l'abattage d'un alignement de vingt arbres localisés boulevard de la gare, elle n'est pas recevable à demander la suspension de son exécution.
4. Il y a lieu, par suite, de rejeter la requête, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la condition relative à l'urgence ni de rechercher si les moyens invoqués paraissaient propres à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de l'arrêté en litige.
5. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de Mme B, épouse C, la somme que la commune de Loudéac demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme B, épouse C, est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par la commune de Loudéac au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme D B, épouse C, à la ministre de la transition écologique, de l'énergie, du climat et de la prévention des risques et à la commune de Loudéac.
Copie en sera transmise pour information au préfet des Côtes-d'Armor.
Fait à Rennes, le 10 décembre 2024.
Le juge des référés,
signé
O. ThielenLa greffière,
signé
P. Lecompte
La République mande et ordonne à la ministre de la transition écologique, de l'énergie, du climat et de la prévention des risques en ce qui la concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026