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AccueilJurisprudence administrativeN° TA35-2407159

Tribunal Administratif de Rennes — Décision N° TA35-2407159

mercredi 22 janvier 2025

JuridictionTribunal Administratif de Rennes
SectionTribunal Administratif de Rennes
N° DossierTA35-2407159
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
FormationEloignement urgent
Avocat requérantBERTHAUT

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 4 décembre 2024, M. A B, représenté par Me Berthaut, demande au tribunal :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;

2°) d'annuler l'arrêté du 28 novembre 2024 l'assignant à nouveau à résidence ou, à titre subsidiaire, d'annuler l'obligation de pointage et de demeurer à son domicile ;

3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 800 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

- l'arrêté d'assignation à résidence est insuffisamment motivé ;

- le préfet n'a pas procédé à un examen suffisant de sa situation en ne procédant pas à une nouvelle audition ;

- il méconnaît l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- l'obligation de pointage est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.

Par un mémoire en défense, enregistré le 9 décembre 2024, le préfet des Côtes-d'Armor conclut au rejet de la requête.

Le préfet fait valoir que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. C, magistrat honoraire, pour exercer ses fonctions en application de l'article L. 222-2-1 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. C,

- les observations de Me Berthaut, représentant M. B, qui reprend ses écritures, en indiquant que l'assignation ne peut être prévue que dans des locaux,

- les observations de M. D, représentant le préfet des Côtes-d'Armor.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience, en application de l'article R. 922-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Considérant ce qui suit :

Sur l'aide juridictionnelle :

1. M. B justifiant avoir introduit une demande devant le bureau d'aide juridictionnelle, il y a lieu de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.

Sur la légalité de l'arrêté :

2. L'arrêté vise les articles L. 731-1, L. 733-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dont le préfet a fait application et mentionne la situation administrative et personnelle de l'intéressé, notamment l'obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet et dont le délai d'exécution est expiré, la précédente mesure d'assignation à résidence et la perspective raisonnable de son départ. Le préfet indique également les modalités de l'assignation et du pointage. L'arrêté de renouvellement de l'assignation comporte ainsi les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement sans avoir à préciser les raisons pour lesquelles le départ reste une perspective raisonnable. Le moyen tiré de l'insuffisance de la motivation doit donc être écarté.

3. Une telle motivation et l'ensemble des considérants de l'arrêté permettent de vérifier que le préfet, qui a notamment pris en compte la situation de l'intéressé au regard de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, a procédé à un examen suffisant de la situation de M. B, même s'il n'a pas procédé à une nouvelle audition de l'intéressé, lequel ne fait d'ailleurs état d'aucun élément qu'il aurait été empêché de porter à la connaissance de l'administration.

4. Aux termes de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut assigner à résidence l'étranger qui ne peut quitter immédiatement le territoire français mais dont l'éloignement demeure une perspective raisonnable, dans les cas suivants : / 1° L'étranger fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français, prise moins de trois ans auparavant, pour laquelle le délai de départ volontaire est expiré ou n'a pas été accordé ; ". Aux termes de l'article L. 733-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut, aux fins de préparation du départ de l'étranger, lui désigner, en tenant compte des impératifs de la vie privée et familiale, une plage horaire pendant laquelle il demeure dans les locaux où il réside, dans la limite de trois heures consécutives par période de vingt-quatre heures. () ".

5. Si M. B soutient qu'il ne pouvait être assigné dans la commune de Plestin-les-Grèves qui n'est pas un local pouvant l'héberger effectivement tandis que l'assignation à résidence ne peut concerner que des locaux dans lesquels on réside, il ressort d'une part des pièces du dossier que l'intéressé, après avoir déclaré résider au centre communal d'action sociale, n'a pas communiqué d'autre adresse et d'autre part que le préfet a abrogé l'article 4 de l'arrêté attaqué par son nouvel arrêté en date du 6 décembre 2024 mettant ainsi fin à l'obligation pour M. B de demeurer certaines heures dans des locaux ou à Plestin-les-Grèves. Cet arrêté a été communiqué à l'intéressé au moins dans le cadre du présent recours et il n'y a plus lieu de statuer sur ce moyen qui doit être rejeté, dès lors que M. B n'est plus astreint à demeurer dans son local d'habitation.

6. Par ailleurs, M. B n'apporte aucun élément susceptible d'établir que l'obligation de pointage trois jours par semaine y compris les jours fériés serait disproportionnée alors que l'intéressé ne déclare aucun domicile.

7. Il résulte de tout ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 28 novembre 2024 portant assignation à résidence.

Sur les frais liés au litige :

8. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à l'octroi d'une somme au titre des frais exposés et non compris dans les dépens à la partie perdante. Par suite, il y a lieu de rejeter les conclusions de M. B présentées sur ce fondement.

D É C I D E :

Article 1er : M. B est admis, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Article 2 : La requête de M. B est rejetée.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au préfet des Côtes-d'Armor.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 janvier 2025.

Le magistrat désigné,

signé

O. C

La greffière,

signé

P. Lecompte

La République mande et ordonne au préfet des Côtes-d'Armor en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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