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AccueilJurisprudence administrativeN° TA35-2407251

Tribunal Administratif de Rennes — Décision N° TA35-2407251

vendredi 27 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Rennes
SectionTribunal Administratif de Rennes
N° DossierTA35-2407251
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationEloignement urgent
Avocat requérantCABINET INDIVIDUEL SOLENN LOUIS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés le 6 décembre 2024 et le 12 décembre 2024, M. B A, représenté par Me Louis, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;

2°) d'annuler l'arrêté du 30 novembre 2024 par lequel le préfet du Finistère l'a obligé à quitter le territoire français sans délai de départ volontaire, a fixé le pays de destination et a prononcé une interdiction de circulation sur le territoire français pour une durée de deux ans ;

3°) d'annuler l'arrêté du 30 novembre 2024 par lequel le préfet du Finistère l'a assigné à résidence pendant une durée de quarante-cinq jours ;

4°) d'enjoindre à cette autorité de lui délivrer une carte de séjour temporaire dans un délai de huit jours à compter de la notification du jugement à intervenir ou, à défaut, de réexaminer sa situation et de lui délivrer, dans cette attente, une autorisation provisoire de séjour ;

5°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à Me Louis d'une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient, dans le dernier état de ses écritures, que :

- s'agissant de l'obligation de quitter le territoire français :

- la compétence du signataire n'est pas établie ;

- elle est insuffisamment motivée ;

- elle est entachée d'un défaut d'examen particulier de sa situation ;

- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

- elle méconnaît l'article 3 de la convention internationale des droits de l'enfant ;

- elle méconnaît l'article L. 251-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- s'agissant de la décision ne fixant pas de délai de départ volontaire :

- elle méconnaît l'article L. 251-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- s'agissant de la décision fixant une interdiction de circulation :

- elle est insuffisamment motivée ;

- elle est entachée d'un défaut d'examen particulier de sa situation ;

- elle est illégale du fait de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français prononcée à son encontre ;

- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

- elle méconnaît l'article L. 251-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- s'agissant de l'arrêté portant assignation à résidence :

- il est insuffisamment motivé ;

- il est illégal du fait de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français prononcée à son encontre et de l'illégalité de la décision ne fixant pas de délai de départ volontaire ;

- il est entaché d'un défaut d'examen particulier de sa situation ;

- il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation et est disproportionné au regard des conséquences de la décision sur sa situation personnelle.

Par un mémoire en défense, enregistré le 12 décembre 2024, le préfet du Finistère conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la convention internationale des droits de l'enfant ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Ambert, conseiller, en application des articles L. 922-1 à L. 922-3 et R. 922-17 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Ambert,

- les observations de Me Louis, représentant M. A, qui expose les moyens développés dans la requête et soutient que la procédure pénale ouverte à l'encontre de M. A pour des faits de viol a été classée sans suite et qu'il n'y a pas d'urgence à l'éloigner compte tenu de l'absence de menace à l'ordre public,

- les observations de M. C, représentant le préfet du Finistère, qui expose les arguments en défense développés dans les écritures et fait valoir que l'urgence à l'éloigner résulte des précédentes mesures d'éloignement qui n'ont pas été respectées et de l'insuffisance de revenus de M. A.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience, en application de l'article R. 922-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Considérant ce qui suit :

Sur l'aide juridictionnelle :

1. Il y a lieu d'admettre M. A au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.

Sur les conclusions en annulation de l'obligation de quitter le territoire français :

2. En premier lieu, le signataire de l'arrêté litigieux, Mme D E, sous-préfète de l'arrondissement de Morlaix, a reçu, par arrêté du 2 septembre 2024 publié au recueil des actes administratifs du département du Finistère du même jour, délégation du préfet à l'effet de signer, pour l'ensemble du département, toute décision urgente dans le cadre de la permanence du corps préfectoral, et notamment les obligations de quitter le territoire français, les décisions refusant un délai de départ volontaire, les décisions fixant le pays de renvoi, les décisions prononçant une interdiction de retour ainsi que les décisions d'assignation à résidence. Le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'acte doit ainsi être écarté.

3. En deuxième lieu, l'arrêté attaqué comporte l'énoncé des motifs de fait et de droit au regard desquels le préfet du Finistère a pris la décision attaquée. Le moyen tiré du caractère insuffisant de la motivation de l'arrêté attaqué doit ainsi être écarté.

4. En troisième lieu, l'arrêté attaqué mentionne que M. A déclare être sur le territoire français depuis septembre 2023, être au chômage depuis quatre mois à la suite de la fin de son contrat de travail à durée déterminée et être en recherche d'emploi. Il indique également que M. A déclare vivre en concubinage avec sa compagne de nationalité roumaine et que M. A est titulaire d'une carte d'identité roumaine valide du 16 avril 2024 au 3 août 2031. Il précise que M. A a été interpellé et placé en garde à vue pour des faits de viol par les services de police de Brest le 29 novembre 2024. Au regard de ces éléments, le moyen tiré du défaut d'examen particulier de sa situation doit être écarté.

5. En quatrième lieu, aux termes des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale () ". Aux termes de l'article 3 de la convention internationale des droits de l'enfant : " 1. Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale () ".

6. Il ressort des pièces du dossier que M. A est entré pour la première fois en France en 2017. Il a fait l'objet de précédentes obligations de quitter le territoire français les 13 octobre 2017 et 8 octobre 2018. Il a indiqué, lors de son audition du 30 novembre 2024 par les services de police de Brest, être parti en Roumanie à la suite de la mesure d'éloignement de 2017 et être revenu en France en septembre 2023 avec son épouse, de nationalité roumaine, ainsi que ses deux enfants. Ils ont sollicité, le 12 novembre 2024, une demande d'hébergement auprès de la commune de Brest. M. A joint au dossier un certificat d'inscription scolaire daté du 4 novembre 2024 non signé et ne revêtant pas le cachet de l'établissement l'ayant délivré. Il indique avoir occupé un emploi dans le secteur du bâtiment et joint au dossier des bulletins de paye relatifs à plusieurs mois de l'année 2022. Les seuls éléments joints au dossier ne sont toutefois pas de nature à établir l'importance de ses attaches en France. Au regard de ce qui précède, l'éloignement du requérant ne porte pas une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale. Le moyen tiré d'une méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, de l'article 3 de la convention internationale des droits de l'enfant et d'une erreur manifeste d'appréciation doit ainsi être écarté.

7. En cinquième lieu, aux termes de l'article L. 251-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative compétente peut, par décision motivée, obliger les étrangers dont la situation est régie par le présent livre, à quitter le territoire français lorsqu'elle constate les situations suivantes : / 1° Ils ne justifient plus d'aucun droit au séjour tel que prévu par les articles L. 232-1, L. 233-1, L. 233-2 ou L. 233-3 ; / 2° Leur comportement personnel constitue, du point de vue de l'ordre public ou de la sécurité publique, une menace réelle, actuelle et suffisamment grave à l'encontre d'un intérêt fondamental de la société ; / 3° Leur séjour est constitutif d'un abus de droit. / Constitue un abus de droit le fait de renouveler des séjours de moins de trois mois dans le but de se maintenir sur le territoire alors que les conditions requises pour un séjour d'une durée supérieure à trois mois ne sont pas remplies, ainsi que le séjour en France dans le but essentiel de bénéficier du système d'assistance sociale. / L'autorité administrative compétente tient compte de l'ensemble des circonstances relatives à leur situation, notamment la durée du séjour des intéressés en France, leur âge, leur état de santé, leur situation familiale et économique, leur intégration sociale et culturelle en France, et l'intensité des liens avec leur pays d'origine. ". Aux termes de l'article L. 233-1 du même code : " Les citoyens de l'Union européenne ont le droit de séjourner en France pour une durée supérieure à trois mois s'ils satisfont à l'une des conditions suivantes : / 1° Ils exercent une activité professionnelle en France ; / 2° Ils disposent pour eux et pour leurs membres de famille de ressources suffisantes afin de ne pas devenir une charge pour le système d'assistance sociale, ainsi que d'une assurance maladie ; / 3° Ils sont inscrits dans un établissement fonctionnant conformément aux dispositions législatives et réglementaires en vigueur pour y suivre à titre principal des études ou, dans ce cadre, une formation professionnelle, et garantissent disposer d'une assurance maladie ainsi que de ressources suffisantes pour eux et pour leurs conjoints ou descendants directs à charge qui les accompagnent ou les rejoignent, afin de ne pas devenir une charge pour le système d'assistance sociale ; / 4° Ils sont membres de famille accompagnant ou rejoignant un citoyen de l'Union européenne qui satisfait aux conditions énoncées aux 1° ou 2° ; / 5° Ils sont le conjoint ou le descendant direct à charge accompagnant ou rejoignant un citoyen de l'Union européenne qui satisfait aux conditions énoncées au 3°. ".

8. Il ressort des pièces du dossier que M. A a été a été interpellé et placé en garde à vue pour des faits de viol par les services de police de Brest le 29 novembre 2024. La procédure pénale concernant M. A a néanmoins été classée sans suite en raison d'une absence d'infraction, ainsi que l'indique le greffier du parquet du tribunal judiciaire de Brest dans un courriel électronique du 10 décembre 2024 joint au dossier. En l'absence de tout autre élément attestant d'une menace à l'ordre public que représenterait M. A, le préfet du Finistère ne pouvait ainsi pas se fonder sur le 2° de l'article L. 251-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile afin d'édicter l'obligation de quitter le territoire français. Le préfet du Finistère s'est toutefois également fondé sur le 1° de cet article. Il ressort des pièces du dossier que M. A n'exerce plus d'activité professionnelle à la date de la décision attaquée, ne justifie pas de ressources suffisantes au sens de l'article L. 233-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et n'est pas inscrit dans un établissement d'enseignement, ce qui est également le cas de son épouse. Le préfet du Finistère a pu ainsi se fonder sur le 1° de

l'article L. 251-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile afin d'édicter l'obligation de quitter le territoire français. Le moyen tiré de la méconnaissance de cet article doit ainsi être écarté.

9. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de l'obligation de quitter le territoire français doivent être rejetées.

Sur les conclusions en annulation de la décision ne fixant pas de délai de départ volontaire :

10. Aux termes de l'article L. 251-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Les étrangers dont la situation est régie par le présent livre disposent, pour satisfaire à l'obligation qui leur a été faite de quitter le territoire français, d'un délai de départ volontaire d'un mois à compter de la notification de la décision. / L'autorité administrative ne peut réduire le délai prévu au premier alinéa qu'en cas d'urgence et ne peut l'allonger qu'à titre exceptionnel. ".

11. Il ressort des pièces du dossier que M. A a été interpellé et placé en garde à vue pour des faits de viol par les services de police de Brest le 29 novembre 2024. La procédure pénale concernant M. A a néanmoins été classée sans suite en raison d'une absence d'infraction, ainsi que l'indique le greffier du parquet du tribunal judiciaire de Brest dans un courriel électronique du 10 décembre 2024 joint au dossier. Compte tenu du classement sans suite de la procédure pénale et en l'absence de tout autre élément, M. A ne représente pas une menace à l'ordre public. La seule circonstance que M. A n'ait pas exécuté les précédentes obligations de quitter le territoire français des 13 octobre 2017 et 8 octobre 2018 ne saurait suffire à elle seule à caractériser une situation d'urgence au sens de l'article L. 251-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Il ressort des pièces du dossier que M. A a été employé dans le secteur du bâtiment plusieurs mois en 2022. Il est, à la date de la décision attaquée, au chômage à la suite de la fin de son contrat de travail à durée déterminée et déclare vivre en situation de concubinage avec sa compagne de nationalité roumaine. Compte tenu de l'ensemble de ces éléments, il n'y a pas d'urgence à éloigner M. A du territoire français. Le préfet du Finistère a ainsi méconnu l'article L. 251-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en édictant une décision ne fixant pas de délai de départ volontaire.

12. Il résulte de ce qui précède que la décision ne fixant pas de délai de départ volontaire doit être annulée.

Sur les conclusions en annulation de la décision fixant une interdiction de circulation :

13. Aux termes de l'article L. 251-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut, par décision motivée, assortir la décision portant obligation de quitter le territoire français édictée sur le fondement des 2° ou 3° de l'article L. 251-1 d'une interdiction de circulation sur le territoire français d'une durée maximale de trois ans. ".

14. Il ressort des pièces du dossier que M. A a été a été interpellé et placé en garde à vue pour des faits de viol par les services de police de Brest le 29 novembre 2024. La procédure pénale concernant M. A a néanmoins été classée sans suite en raison d'une absence d'infraction, ainsi que l'indique le greffier du parquet du tribunal judiciaire de Brest dans un courriel électronique du 10 décembre 2024 joint au dossier. Ainsi qu'il a été dit au point 8, en l'absence de tout autre élément attestant d'une menace à l'ordre public que représenterait M. A, le préfet du Finistère ne pouvait pas se fonder sur le 2° de l'article L. 251-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile afin d'édicter l'obligation de quitter le territoire français. Il n'est pas établi ni même allégué que le séjour de M. A constitue un abus de droit dès lors, notamment, qu'il a été employé par une entreprise du bâtiment plusieurs mois durant l'année 2022. Le préfet du Finistère a ainsi méconnu l'article L. 251-4 en édictant une interdiction de circulation sur le territoire français.

15. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de statuer sur les autres moyens de la requête, que l'interdiction de circulation sur le territoire français doit être annulée.

Sur les conclusions en annulation de l'arrêté portant assignation à résidence :

16. Aux termes de l'article L. 614-17 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Si la décision de ne pas accorder de délai de départ volontaire est annulée, il est immédiatement mis fin aux mesures de surveillance prévues aux articles L. 731-1, L. 731-3, L. 741-1 et L. 743-13, et le président du tribunal administratif ou le magistrat désigné à cette fin rappelle à l'étranger son obligation de quitter le territoire français dans le délai qui lui sera fixé par l'autorité administrative en application des articles L. 612-1 ou L. 612-2. Ce délai court à compter de sa notification. ".

17. Il résulte de ce qui a été dit au point 12 que l'arrêté du 30 novembre 2024 assignant à résidence M. A pour une durée de quarante-cinq jours est privé de base légale en raison de l'illégalité de la décision de ne pas accorder un délai de départ volontaire. Il doit ainsi, par voie de conséquence, également être annulé.

18. Il résulte de tout ce qui précède que l'arrêté du 30 novembre 2024 assignant à résidence M. A doit être annulé.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

19. Le présent jugement, qui fait droit aux seules conclusions à fin d'annulation de la décision ne fixant pas de délai de départ volontaire, de l'interdiction de circulation sur le territoire français et de l'arrêté portant assignation à résidence, n'implique aucune mesure d'exécution. Dès lors, les conclusions à fin d'injonction ne peuvent qu'être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

20. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, et sous réserve que Me Louis, avocat de M. A, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État, de mettre à la charge de l'État le versement à Me Louis de la somme de 1 000 euros.

D É C I D E :

Article 1er : M. A est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.

Article 2 : La décision ne fixant pas de délai de départ volontaire, l'interdiction de circulation sur le territoire français ainsi que l'arrêté portant assignation à résidence de M. A du 30 novembre 2024 sont annulés.

Article 3 : L'Etat versera à Me Louis une somme de 1 000 euros en application des dispositions du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve que Me Louis renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat.

Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, au préfet du Finistère et à Me Solenn Louis.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 décembre 2024.

Le magistrat désigné,

signé

A. AmbertLa greffière d'audience,

signé

A. Gauthier

La République mande et ordonne au préfet du Finistère en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

aa/nj

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