mercredi 5 février 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rennes |
| Section | Tribunal Administratif de Rennes |
| N° Dossier | TA35-2407337 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Avocat requérant | GUILBAUD |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 11 décembre 2024, Mme C, représentée par Me Guilbaud, demande au juge des référés :
1°) d'enjoindre au préfet du Morbihan, en application de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour assortie d'une autorisation de travail, dans un délai de cinq jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 300 euros par jour de retard ;
2°) de mettre à la charge l'État la somme de 1 200 euros hors taxe au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle soutient que :
- elle a sollicité, le 12 janvier 2024, un changement de statut et la délivrance d'un titre de séjour en qualité de salarié, avant l'expiration de sa carte de séjour pluriannuelle délivrée en qualité de conjointe de ressortissant français ;
- le refus de titre de séjour assorti d'une mesure d'éloignement que le préfet du Morbihan a édicté à son encontre le 24 juin 2024 a été annulé par le jugement n° 2404038 du 2 octobre 2024 ; sur injonction du tribunal, le préfet du Morbihan lui a délivré une autorisation de séjour, mais non assortie d'une autorisation de travail ;
- son employeur a déposé une demande d'autorisation de travail le 11 octobre 2024 ; son employeur l'a placée en position d'absence injustifiée pour lui permettre de conserver son emploi, mais il l'a informée que son contrat serait rompu le 31 décembre 2024, en l'absence de présentation d'un document l'autorisant à travailler ;
- la condition tenant à l'urgence est satisfaite, compte tenu de l'atteinte grave et immédiate que la carence du préfet à lui délivrer le document sollicité porte à sa situation personnelle et professionnelle ; elle réside en France depuis plus de trois ans, en situation régulière, et se voit privée du droit de travailler ; elle va perdre l'emploi qu'elle occupe depuis juillet 2023 ;
- la mesure sollicitée est utile, ne se heurte à aucune contestation sérieuse et ne fait obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ; une autorisation de travail doit être délivrée lorsque la demande de titre de séjour est visée par les dispositions de l'article R. 431-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ainsi que lorsqu'est demandé le renouvellement d'un titre de séjour ;
- la mesure sollicitée est bien provisoire, le temps de l'instruction de son dossier par la préfecture.
Le préfet du Morbihan, régulièrement informé de la requête, n'a pas produit d'observations écrites en défense.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code du travail ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Thielen, première conseillère, pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
Sur l'aide juridictionnelle :
1. Mme B a déposé une demande d'aide juridictionnelle et présente des conclusions au titre de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991. Il y a par suite lieu de l'admettre provisoirement à son bénéfice.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :
2. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision ".
3. Saisi sur le fondement de ces dispositions d'une demande qui n'est pas manifestement insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence du juge administratif, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l'urgence justifie, notamment sous forme d'injonctions adressées à l'administration, à la condition que ces mesures soient utiles et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse.
4. Mme B, ressortissante togolaise née le 24 décembre 1990, est entrée en France en avril 2021 sous couvert d'un visa de long séjour valide jusqu'au 24 mars 2022. Une carte de séjour pluriannuelle lui a ensuite été délivrée en qualité de conjointe d'un ressortissant français, valable du 25 mars 2022 au 24 mars 2024. Le 12 janvier 2024, Mme B a sollicité le renouvellement de son titre de séjour, tout en se prévalant de son contrat de travail à durée indéterminée conclu le 17 juillet 2023 avec la société Capitaine A en qualité d'opératrice de production à temps plein. Par arrêté du 24 juin 2024, le préfet du Morbihan a refusé de lui délivrer le titre de séjour sollicité et lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours. Par jugement n° 2404038 du 2 octobre 2024, le tribunal a annulé cet arrêté et a enjoint au préfet du Morbihan de réexaminer la demande de titre de séjour de Mme B dans un délai d'un mois à compter de sa notification et de lui délivrer, dans cette attente, une autorisation provisoire de séjour. En exécution de ce jugement, le préfet du Morbihan a délivré à Mme B, le 14 octobre 2024, une autorisation provisoire de séjour ne l'autorisant pas à travailler, valable jusqu'au 15 janvier 2025.
5. Aux termes de l'article R. 431-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger admis à souscrire une demande de délivrance ou de renouvellement de titre de séjour se voit remettre un récépissé qui autorise sa présence sur le territoire pour la durée qu'il précise. Ce document est revêtu de la signature de l'agent compétent ainsi que du timbre du service chargé, en vertu de l'article R. 431-20, de l'instruction de la demande. / () ". Aux termes de son article R. 431-14 : " Est autorisé à exercer une activité professionnelle le titulaire du récépissé de demande de première délivrance des titres de séjour suivants : / 1° La carte de séjour temporaire portant la mention "salarié" prévue à l'article L. 421-1 et la carte de séjour temporaire portant la mention "travailleur temporaire" prévue à l'article L. 421-3, dès lors que son titulaire satisfait aux conditions mentionnées à l'article L. 5221-1 du code du travail ; / () ". Aux termes de son article R. 431-15 : " Le récépissé de demande de renouvellement d'une carte de séjour permettant l'exercice d'une activité professionnelle autorise son titulaire à exercer une activité professionnelle ". Aux termes par ailleurs de l'article R. 5221-1 du code du travail : " I. - Pour exercer une activité professionnelle salariée en France, les personnes suivantes doivent détenir une autorisation de travail lorsqu'elles sont employées conformément aux dispositions du présent code : / 1° Étranger non ressortissant d'un État membre de l'Union européenne, d'un autre État partie à l'Espace économique européen ou de la Confédération suisse ; / () ".
6. S'il ressort des pièces du dossier que Mme B a sollicité la délivrance d'un titre de séjour le 12 janvier 2024, durant la période de validité de sa carte pluriannuelle en qualité de conjointe de ressortissant français, elle a en réalité demandé un changement de statut en se prévalant de sa situation professionnelle, de sorte que sa demande ne peut être qualifiée de demande de renouvellement de son titre de séjour, mais doit être analysée comme une demande de titre de séjour présentée sur le fondement des dispositions de l'article L. 421-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Il est par ailleurs constant qu'il n'a pas encore été statué, par le service instructeur compétent, sur la demande d'autorisation de travail présentée par son employeur le 11 octobre 2024, de sorte que Mme B ne peut être regardée comme satisfaisant aux conditions mentionnées à l'article R. 5221-1 du code du travail. Dans ces circonstances, la mesure sollicitée, tendant à ce qu'il soit enjoint au préfet du Morbihan de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour assortie d'une autorisation de travail le temps du réexamen de sa situation se heurte à une contestation sérieuse.
7. Les conclusions de la requête présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative ne peuvent, par suite, qu'être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
8. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'État qui n'est pas, dans la présente instance, partie perdante, la somme que Mme B demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
O R D O N N E :
Article 1er : Mme B est admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme C et au ministre de l'intérieur.
Copie en sera transmise, pour information, au préfet du Morbihan.
Fait à Rennes, le 5 février 2025.
Le juge des référés,
signé
O. Thielen
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026