mercredi 8 janvier 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rennes |
| Section | Tribunal Administratif de Rennes |
| N° Dossier | TA35-2407576 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Eloignement urgent |
| Avocat requérant | BERTHAUT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée 20 décembre 2024, M. C A, représenté par Me Berthaut, demande au tribunal :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;
2°) d'annuler l'arrêté du 16 décembre 2024 par lequel le préfet du Finistère l'a obligé à quitter le territoire français, sans lui accorder de délai de départ volontaire, a fixé le pays de renvoi et lui a interdit le retour sur ce territoire pendant une durée d'un an ;
3°) d'annuler l'arrêté du même jour par lequel le préfet du Finistère l'a assigné à résidence pour une durée de quarante-cinq jours ;
4°) d'enjoindre au préfet du Finistère de lui accorder un titre de séjour dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement ou, à titre subsidiaire, d'enjoindre au préfet du Finistère de procéder à un réexamen de sa situation et de lui délivrer dans l'attente une autorisation provisoire de séjour ;
5°) d'enjoindre au préfet du Finistère de procéder à l'effacement de son signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen ;
6°) de mettre à la charge de l'État le versement à Me Berthaut d'une somme de 1 600 euros sur le fondement de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 sur l'aide juridique et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision portant obligation de quitter le territoire français n'est pas suffisamment motivée et n'a pas été précédé d'un examen complet de sa situation ;
- le préfet a commis une erreur de droit en exigeant pour l'application des dispositions de l'article L. 423-23 une exclusivité des liens familiaux en France ;
- la décision portant obligation de quitter le territoire méconnaît l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ainsi que l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors qu'elle emporte pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité ;
- la décision lui refusant un délai de départ volontaire doit être annulée par voie de conséquence de l'annulation de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;
- la décision fixant le pays de renvoi doit être annulée par voie de conséquence de l'annulation de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;
- la décision lui interdisant le retour sur le territoire français doit être annulée par voie de conséquence de l'annulation de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;
- la décision lui interdisant le retour sur le territoire français pendant une durée d'un an n'est pas suffisamment motivée et n'a pas été précédée d'un examen préalable de sa situation ;
- cette décision méconnaît l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'aile, ainsi que l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- l'arrêté portant assignation à résidence n'est pas suffisamment motivé et n'a pas été précédé d'un examen complet de sa situation ;
- les modalités de la mesure d'assignation sont disproportionnées au regard de sa situation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 27 décembre 2024, le préfet du Finistère conclut au rejet de la requête.
Le préfet fait valoir qu'aucun des moyens soulevés par M. A n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Albouy, premier conseiller, pour statuer sur les recours dont le jugement relève des dispositions des articles L. 922-1 à L. 922-3 et R. 922-17 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Albouy, magistrat désigné,
- les observations de Me Berthaut, représentant M. A,
- les observations de M. B, représentant le préfet du Finistère,
- les explications de M. A.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience, en application de l'article R. 922-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant marocain, né en 1999, est entré régulièrement en France le 25 août 2017 muni d'un passeport revêtu d'un visa autorisant des entrées multiples en France entre le 24 août 2017 et le 22 octobre 2018. Un titre de séjour portant la mention " étudiant " lui a été délivré et a été renouvelé jusqu'en 2021. Par un arrêté, du 7 juillet 2021, le préfet du Finistère a refusé de renouveler ce titre de séjour, a obligé M. A à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi. Le requérant s'est toutefois maintenu sur le territoire français. Il a été interpelé le 16 décembre 2024 par les services de la police nationale de Brest et placé en garde à vue pour des faits d'usage de faux documents administratifs constatant un droit, une identité ou une qualité, ou accordant une autorisation. Par le premier arrêté attaqué, du 16 décembre 2024, le préfet du Finistère oblige M. A à quitter le territoire français sans lui accorder de délai de départ volontaire, fixe le pays de renvoi et lui interdit le retour sur le territoire français pendant une durée d'un an. Par le second arrêté attaqué, du même jour, l'autorité administrative a décidé, à titre principal, de l'assigner à résidence pour une durée de quarante-cinq jours.
2. Il y a lieu, en raison de l'urgence, d'admettre M. A au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.
Sur les conclusions en annulation de l'arrêté portant obligation de quitter le territoire :
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
3. Aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : / () / 3° L'étranger s'est vu refuser la délivrance d'un titre de séjour, le renouvellement du titre de séjour, du document provisoire délivré à l'occasion d'une demande de titre de séjour ou de l'autorisation provisoire de séjour qui lui avait été délivré ou s'est vu retirer un de ces documents ; / () ".
4. Aux termes de l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La décision portant obligation de quitter le territoire français est motivée. Elle est édictée après vérification du droit au séjour, en tenant notamment compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France et des considérations humanitaires pouvant justifier un tel droit. / Dans le cas prévu au 3° de l'article L. 611-1, la décision portant obligation de quitter le territoire français n'a pas à faire l'objet d'une motivation distincte de celle de la décision relative au séjour. Toutefois, les motifs des décisions relatives au délai de départ volontaire et à l'interdiction de retour édictées le cas échéant sont indiqués. ".
5. En premier lieu, l'arrêté attaqué portant obligation de quitter le territoire comporte les motifs de fait et de droit en raison desquels le préfet du Finistère a décidé d'obliger M. A à quitter le territoire français. Si l'autorité administrative doit, en application des dispositions de l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et préalablement à l'édiction de l'obligation de quitter le territoire français, vérifier le droit au séjour de l'étranger, elle n'est pas tenue d'écarter explicitement chacun des cas de délivrance de titre de séjour dont elle estime qu'il ne remplit pas les conditions. Par suite, la circonstance que l'arrêté ne vise pas des textes comportant des dispositions ou des stipulations relatives au droit au séjour des étrangers et notamment des ressortissants marocains, ne prive pas la décision portant obligation de quitter le territoire d'une motivation suffisante.
6. En deuxième lieu, il ressort de la motivation de l'arrêté attaqué que le préfet du Finistère a, pour apprécier l'éventualité d'une atteinte disproportionnée à la vie privée et familiale de M. A, porté une appréciation consistant à rapprocher les liens qu'il a en France de ceux qu'il a conservés dans son pays d'origine. Par suite, le moyen tiré de ce que le préfet du Finistère aurait estimé que la disposition de liens familiaux au Maroc faisait, par principe, obstacle à la constatation d'une telle atteinte et qu'il aurait ainsi commis une erreur de droit, manque en fait et ne peut qu'être écarté.
7. En troisième lieu, M. A, qui est âgé de 26 ans, célibataire et sans enfant, est entré régulièrement en France le 25 août 2017 afin de poursuivre des études et a, à ce titre, obtenu un titre de séjour qui a été renouvelé jusqu'en juillet 2021. Il n'est pas parvenu durant cette période à obtenir un diplôme et à justifier du caractère réel et sérieux de ses études et s'est ensuite maintenu sur le territoire français sans chercher à régulariser sa situation, malgré un arrêté du préfet du Finistère du 7 juillet 2021 qui l'obligeait à quitter le territoire français dans un délai de trente jours. S'il soutient qu'il a travaillé durant ses études dans le secteur de la restauration rapide et qu'il a occupé durant l'été 2024 un emploi de cuisinier, en qualité de saisonnier, au sein d'une entreprise du même secteur avec laquelle il a conclu le 28 septembre 2024 un contrat de travail à durée indéterminée, il ne peut se prévaloir d'une intégration réussie dans le monde du travail, dont la mesure d'éloignement le priverait, dès lors qu'il a obtenu cet emploi par la fraude, en déclarant être de nationalité belge et en remettant à son employeur une photocopie d'une fausse carte d'identité belge acquise deux ans auparavant. M. A fait valoir également qu'il entretient une relation sentimentale avec une ressortissante française Toutefois cette relation laquelle, selon ses déclarations, a débuté en mars 2024, est encore très récente, ne s'est pas concrétisée pour le moment par une cohabitation des intéressés et ne présente pas un caractère de stabilité et de continuité suffisant pour qu'une situation de concubinage puisse être constatée. M. A justifie avoir une cousine de nationalité marocaine résidant à Nanterre (Hauts-de-Seine) et une cousine de nationalité française résidant à Paris, toutefois ses parents ainsi que son frère cadet, avec lesquels il est resté en contact, vivent au Maroc. Compte tenu de l'ensemble de ces circonstances qui caractérisent la situation personnelle et familiale de M. A,et nonobstant le fait qu'il est arrivé en France quelques mois avant sa majorité, le préfet du Finistère n'a pas porté une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale en décidant de l'obliger à quitter le territoire français. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.
8. Les faits invoqués par M. A relatés au point précédent n'établissent pas que la décision portant obligation de quitter le territoire aurait pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité. Par suite, le moyen tiré de l'existence d'une erreur manifeste d'appréciation doit être écarté.
9. Il ressort des pièces du dossier et de tout ce qui précède que la décision portant obligation de quitter le territoire a été précédée d'un examen complet de la situation de M. A et notamment de la vérification du droit au séjour prévue à l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
10. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de la requête de M. A tendant à l'annulation de la décision portant obligation de quitter le territoire doivent être rejetées.
En ce qui concerne les décisions refusant à M. A un délai de départ volontaire et fixant le pays de renvoi :
11. Le présent jugement rejetant les conclusions de la requête de M. A tendant à l'annulation de la décision portant obligation de quitter le territoire, les moyens tirés de ce que les décisions refusant à M. A un délai de départ volontaire et fixant le pays de renvoi devraient être annulées par voie de conséquence de l'annulation de la décision portant obligation de quitter le territoire ne peuvent qu'être écartés.
En ce qui concerne la décision d'interdiction de retour sur le territoire français pendant une durée d'un an :
12. Aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. / Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder cinq ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français, et dix ans en cas de menace grave pour l'ordre public. ".
13. Aux termes de l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et droit d'asile : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. Il en est de même pour l'édiction et la durée de l'interdiction de retour mentionnée à l'article L. 612-8 ainsi que pour la prolongation de l'interdiction de retour prévue à l'article L. 612-11. ".
14. En premier lieu, l'arrêté attaqué comporte l'ensemble des motifs de fait et de droit au regard desquels le préfet du Finistère a décidé d'interdire à M. A le retour sur le territoire français pendant une durée d'un an. Il souligne notamment qu'aucun délai de départ volontaire ne lui a été accordé, qu'il ne justifie pas de circonstances humanitaires. L'arrête comporte également un examen de sa situation au regard des critères devant être pris en compte, en application de l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers, afin de fixer la durée d'une interdiction de retour. Par suite, le moyen tiré du caractère insuffisant de la motivation de la décision d'interdiction de retour doit être écarté.
15. En deuxième lieu, le présent jugement rejetant les conclusions de la requête de M. A tendant à l'annulation de la décision portant obligation de quitter le territoire, le moyen tiré de ce que la décision d'interdiction de retour sur le territoire français pendant une durée d'un an devrait être annulée par voie de conséquence de l'annulation de la décision portant obligation de quitter le territoire ne peut qu'être écarté.
16. En troisième lieu, contrairement à ce que soutient M. A les circonstances caractérisant sa vie privée et familiale relatées au point 7 ne révèlent pas l'existence de circonstances humanitaires au sens de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de cet article doit être écarté.
17. En quatrième lieu, M. A est entré en France en 2017 en qualité d'étudiant. Il a fait l'objet en juillet 2021 d'un arrêté lui refusant le renouvellement de son titre de séjour, en raison de l'absence de caractère réel et sérieux de ses études, et portant obligation de quitter le territoire. Il n'a toutefois pas respecté cette mesure d'éloignement. Si vivent en France, en région parisienne, certaines de ses cousines et peut-être certains de ses cousins, ses parents et son frère résident au Maroc, où est donc situé le centre de sa vie familiale. Sa relation sentimentale avec une ressortissante française est très récente et ne peut donc être regardée comme étant à l'origine d'une communauté de vie ou d'un concubinage. Il ne peut pas se prévaloir d'une insertion professionnelle dès lors qu'il a obtenu l'emploi qu'il occupe actuellement en utilisant une fausse carte d'identité belge et par suite de façon frauduleuse. Sa présence en France ne constitue pas une menace pour l'ordre public. Au regard de ces éléments, le préfet du Finistère a pu légalement fixer à un an la durée de l'interdiction de quitter le territoire. Cette interdiction ainsi que sa durée ne portent pas une atteinte disproportionnée au droit de M. A au respect de sa vie privée et familiale. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.
18. En cinquième lieu, le moyen tiré de l'existence d'une erreur manifeste d'appréciation qui n'est pas assorti d'une argumentation qui lui serait propre, doit être écarté, pour les mêmes motifs que ceux énoncés au point précédent.
19. En sixième lieu, il ressort des pièces du dossier et des points 14 à 18 que la décision d'interdiction de retour sur le territoire français a été précédée d'un examen complet de la situation de M. A.
Sur les conclusions en annulation de l'arrêté du 16 décembre 2024 portant assignation à résidence :
20. Aux termes de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut assigner à résidence l'étranger qui ne peut quitter immédiatement le territoire français mais dont l'éloignement demeure une perspective raisonnable, dans les cas suivants : / 1° L'étranger fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français, prise moins de trois ans auparavant, pour laquelle le délai de départ volontaire est expiré ou n'a pas été accordé ; / () ".
21. Aux termes de l'article L. 732-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Les décisions d'assignation à résidence, y compris de renouvellement, sont motivées. ".
22. Aux termes de l'article L. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger assigné à résidence en application du présent titre se présente périodiquement aux services de police ou aux unités de gendarmerie. / Il se présente également, lorsque l'autorité administrative le lui demande, aux autorités consulaires, en vue de la délivrance d'un document de voyage. ". Aux termes de l'article L. 733-2 du même code : " L'autorité administrative peut, aux fins de préparation du départ de l'étranger, lui désigner, en tenant compte des impératifs de la vie privée et familiale, une plage horaire pendant laquelle il demeure dans les locaux où il réside, dans la limite de trois heures consécutives par période de vingt-quatre heures. / ( ) ".
23. Aux termes de l'article R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative qui a ordonné l'assignation à résidence de l'étranger en application des articles L. 731-1, L. 731-3, L. 731-4 ou L. 731-5 définit les modalités d'application de la mesure : 1° Elle détermine le périmètre dans lequel il est autorisé à circuler muni des documents justifiant de son identité et de sa situation administrative et au sein duquel est fixée sa résidence ; 2° Elle lui désigne le service auquel il doit se présenter, selon une fréquence qu'elle fixe dans la limite d'une présentation par jour, en précisant si l'obligation de présentation s'applique les dimanches et les jours fériés ou chômés ; 3° Elle peut lui désigner une plage horaire pendant laquelle il doit demeurer dans les locaux où il réside. ".
24. En premier lieu, l'arrêté du 16 décembre 2024 portant assignation à résidence comporte l'ensemble des motifs de droit et de fait au regard desquels le préfet du Finistère a décidé d'assigner à résidence M. A à l'adresse de son domicile. Par suite, le moyen tiré du caractère insuffisant de cette motivation doit être écarté.
25. En deuxième lieu, il ressort des pièces du dossier que la mesure d'assignation à résidence a été précédée d'un examen complet de la situation de M. A.
26. En troisième lieu, les modalités de contrôle de l'assignation à résidence de M. A sont adaptées, nécessaires et proportionnées à leurs finalités et ont été prises à la suite d'un examen complet de sa situation, à l'exception de l'obligation qui lui est faite de se présenter tous les jours, sauf les samedis, dimanches et jours fériés, au commissariat de Police situé 15 rue Colbert à Brest entre 10 h et 12 h, qui présente un caractère disproportionné, en l'absence d'élément objectif justifiant une telle périodicité, alors qu'il est assigné à son domicile et qu'il réside de manière constante dans l'agglomération brestoise depuis son arrivée en France.
27. M. A est, par suite, uniquement fondé à obtenir l'annulation de l'arrêté du 16 décembre 2024 portant assignation à résidence en tant qu'il l'astreint à se présenter tous les jours, à l'exception des samedis, dimanches et jours fériés, au commissariat de Police situé 15 rue Colbert à Brest entre 10 h et 12 h.
Sur les conclusions présentées aux fins d'injonction :
28. Le présent jugement, qui annule uniquement l'arrêté du 16 décembre 2024 portant assignation à résidence en tant qu'il astreint M. A à se présenter tous les jours, à l'exception des samedis, dimanches et jours fériés, au commissariat de Police situé 15 rue Colbert à Brest entre 10 h et 12 h, n'implique aucune mesure d'exécution. Par suite, il y a lieu de rejeter les conclusions présentées par le requérant aux fins d'injonction.
Sur les frais d'instance :
29. Il n'y a pas lieu dans les circonstances de l'espèce et dès lors que l'État ne peut pas être regardé comme la partie perdante, de faire droit à la demande présentée par M. A sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
D É C I D E :
Article 1er : M. A est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.
Article 2 : L'arrêté du 16 décembre 2024 par lequel le préfet du Finistère a assigné à résidence M. A pour une durée de quarante-cinq jours est annulé uniquement en tant qu'il l'astreint à se présenter tous les jours, à l'exception des samedis, dimanches et jours fériés, au commissariat de Police situé 15 rue Colbert à Brest entre 10 h et 12 h.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête de M. A est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. C A et au préfet du Finistère.
Rendu publique par mise à disposition au greffe le 8 janvier 2025.
Le magistrat désigné,
signé
E. AlbouyLa greffière d'audience,
signé
E. Ramillet
La République mande et ordonne au préfet du Finistère en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026