vendredi 14 février 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rennes |
| Section | Tribunal Administratif de Rennes |
| N° Dossier | TA35-2500523 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | Eloignement urgent |
| Avocat requérant | MICHEL |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 27 janvier 2025, M. D C, représenté par Me Michel, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 10 janvier 2025 par laquelle la directrice territoriale de Rennes de l'office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) lui a refusé le bénéfice des conditions matérielles d'accueil ;
2°) d'enjoindre à la directrice territoriale de Rennes de l'OFII de lui accorder le bénéfice des conditions matérielles d'accueil, à compter du dépôt de sa demande d'asile, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;
4°) de mettre à la charge de l'OFII le versement à lui-même ou, en cas d'admission au bénéfice de l'aide juridictionnelle, au profit de son conseil, de la somme de 2 000 euros au titre des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- la décision contestée a été signée par la directrice territoriale de Rennes de l'OFII dont il n'est pas établi qu'elle disposait d'une délégation de signature ;
- elle est intervenue à l'issue d'une procédure irrégulière, faute d'avoir été informé des conséquences du dépôt d'une demande d'asile tardive en méconnaissance des dispositions de l'article L. 551-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation, faute de prise en compte du motif légitime qui l'a empêché de déposer sa demande d'asile dans les délais impartis.
Par un mémoire en défense, enregistré le 4 février 2025, le directeur général de l'office français de l'immigration et de l'intégration conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'aucun des moyens soulevés par M. C n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le décret n° 91-1266 du 19 décembre 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Thalabard, première conseillère, pour statuer sur les recours dont le jugement relève des dispositions des articles L. 922-1 à L. 922-3 et R. 922-17 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Thalabard a été entendu au cours de l'audience publique.
Les parties n'étaient ni présentes, ni représentées.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience, en application de l'article R. 922-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Considérant ce qui suit :
1. M. C, ressortissant mauritanien né le 3 juillet 1972 à Touhounine (Mauritanie), est entré en France le 15 mars 2024, sous couvert d'un visa de court séjour valable du 25 décembre 2023 au 23 mars 2024. Il a déposé le 15 novembre 2024 une demande d'asile et s'est vu opposé, le même jour, par l'OFII, une décision lui refusant le bénéfice des conditions matérielles d'accueil. Cette décision a néanmoins été annulée par un jugement du tribunal administratif de Rennes du 5 décembre 2024. Le 18 décembre 2024, il a été convoqué pour un entretien aux fins de réexamen de sa situation au regard des conditions matérielles d'accueil. Le 10 janvier 2025, la directrice territoriale de Rennes de l'office français de l'immigration et de l'intégration a, de nouveau, refusé de lui accorder le bénéfice des conditions matérielles d'accueil. Par la présente requête, il demande l'annulation de cette décision du 10 janvier 2025.
Sur l'aide juridictionnelle :
2. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'accorder à M. C, ainsi qu'il le demande, le bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
3. En premier lieu, Mme B A, directrice territoriale adjointe de Rennes de l'OFII, a reçu, par décision du 15 janvier 2019, régulièrement publiée, délégation de signature du directeur général de l'OFII aux fins de signer notamment les actes, décisions et correspondances se rapportant aux missions dévolues à la direction de Rennes par décision du 31 décembre 2013 portant organisation générale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration. Dans ces conditions, le moyen tiré de son incompétence peut être écarté.
4. En deuxième lieu, la décision, par laquelle la directrice territoriale de l'OFII a refusé à M. C le bénéfice des conditions matérielles d'accueil, cite les dispositions des articles L. 551-15 et D. 551-17 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dont il a été fait application et mentionne l'examen qui a été fait de ses besoins et de sa situation personnelle. Si elle précise que la demande d'asile du requérant a été enregistrée le 15 novembre 2024, elle fait état des conditions dans lesquelles il a été procédé au réexamen de sa situation, en exécution du jugement rendu par le tribunal administratif de Rennes du 5 décembre 2024. Elle énonce ainsi de manière suffisamment précise les considérations de droit et de fait qui en sont le fondement. Dès lors, le moyen tiré d'un défaut de motivation doit être écarté.
5. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 551-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Le demandeur est informé, dans une langue qu'il comprend ou dont il est raisonnable de penser qu'il la comprend, que le bénéfice des conditions matérielles d'accueil peut lui être refusé ou qu'il peut y être mis fin dans les conditions et selon les modalités prévues aux articles L. 551-15 et L. 551-16. ".
6. Il ressort des pièces du dossier que par jugement rendu le 5 décembre 2024, la décision du 15 novembre 2024 par laquelle la directrice territoriale de l'OFII à Rennes a refusé à M. C le bénéfice des conditions matérielles d'accueil après enregistrement de sa demande d'asile a été annulée au motif qu'il n'avait pas été établi que l'intéressé aurait été informé des conditions et modalités de refus de ces conditions matérielles d'accueil, et notamment de la circonstance que le dépôt d'une demande d'asile quatre-vingt-dix jours après son entrée en France pouvait entraîner une telle décision, et qu'il aurait été mis en mesure de faire valoir l'existence de circonstances particulières de nature à justifier sa situation. En exécution de ce jugement, l'OFII a convoqué M. C pour un nouvel entretien qui a été mené le 18 décembre 2024, avec l'aide d'un interprète en langue arabe, destiné à évaluer sa situation de vulnérabilité. À l'issue de ce second entretien, M. C a signé la fiche d'évaluation de vulnérabilité en certifiant avoir été informé dans une langue qu'il comprend des conditions et modalités de refus et de cessation des conditions matérielles d'accueil. M. C n'est dès lors pas fondé à soutenir qu'il n'a pas bénéficié, dans une langue qu'il comprend ou dont il est raisonnable de penser qu'il la comprend, de l'information selon laquelle le bénéfice des conditions matérielles d'accueil pouvait lui être refusé, y compris en raison de la tardiveté de sa demande. Il ne justifie pas davantage de circonstances qui auraient fait obstacle à ce qu'il communique, au cours de cet entretien, les éléments susceptibles d'être regardés comme un motif légitime justifiant du dépôt tardif de sa demande d'asile. Par suite, le moyen tiré de l'existence d'un vice de procédure doit être écarté.
7. En quatrième lieu, Aux termes de l'article L. 551-15 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Les conditions matérielles d'accueil sont refusées, totalement ou partiellement, au demandeur, dans le respect de l'article 20 de la directive 2013/33/ UE du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 établissant des normes pour l'accueil des personnes demandant la protection internationale, dans les cas suivants : () 4° Il n'a pas sollicité l'asile, sans motif légitime, dans le délai prévu au 3° de l'article L. 531-27 ; () La décision de refus des conditions matérielles d'accueil prise en application du présent article est écrite et motivée. Elle prend en compte la vulnérabilité du demandeur.".
8. M. C expose que la directrice territoriale de l'OFII n'a pas pris en considération le motif légitime, à caractère médical, qui l'a empêché de déposer sa demande d'asile dans les délais impartis. Toutefois, le certificat médical qu'il produit, établi le 21 novembre 2024 par un médecin généraliste, fait seulement état, sans précision de date, d'une fracture du pied droit en août, soit, en tout état de cause, après l'expiration du délai de quatre-vingt-dix jours suivant son entrée en France le 15 mars 2024, qui l'aurait immobilisé pendant deux mois, ce qui ne saurait suffire à caractériser un motif légitime. Si le requérant entend également faire valoir la situation de vulnérabilité dans laquelle il se trouve, souffrant notamment d'un syndrome anxiodépressif chronique et d'un asthme sévère, il n'a pourtant fait état d'aucun problème de santé lors de son premier entretien de vulnérabilité avec un agent de l'OFII et ne justifie pas avoir transmis à l'OFII le certificat médical renseigné le 3 janvier 2025, produit dans le cadre de l'instance. Dans ces conditions et au regard des éléments portés à la connaissance de l'OFII, M. C n'est pas fondé à soutenir que la décision litigieuse serait entachée d'une erreur d'appréciation.
9. Il résulte de ce qui précède que les conclusions présentées par M. C tendant à l'annulation de la décision du 10 janvier 2025 par laquelle la directrice territoriale de Rennes de l'OFII lui a refusé le bénéfice des conditions matérielles d'accueil doivent être rejetées.
Sur les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte :
10. Le présent jugement, qui rejette les conclusions tendant à l'annulation de la décision litigieuse, n'implique aucune mesure particulière d'exécution. Les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte présentées par M. C ne peuvent dès lors être accueillies.
Sur les frais liés au litige :
11. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'OFII, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, la somme que par M. C demande au titre des dépenses exposées et non comprises dans les dépens.
D É C I D E :
Article 1er : M. C est admis, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Article 2 : La requête de M. C est rejetée.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. D C et au directeur général de l'office français de l'immigration et de l'intégration.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 14 février 2025.
La magistrate désignée,
signé
M. Thalabard
La greffière d'audience,
signé
A. Gauthier
La magistrate désignée,
M. Thalabard
La greffière de l'audience,
A. Gauthier
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026