vendredi 14 février 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rennes |
| Section | Tribunal Administratif de Rennes |
| N° Dossier | TA35-2500835 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Eloignement urgent |
| Avocat requérant | CIMADE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 10 et 13 février 2025, M. A B, alors placé en rétention administrative à Rennes-Saint-Jacques-de-la-Lande (Ille-et-Vilaine), représenté par Me Le Bourdais, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler l'arrêté du 8 février 2025 par lequel le préfet du Calvados l'oblige à quitter le territoire français sans délai, fixe le pays de destination et lui interdit de retourner sur le territoire français pendant trois ans ;
3°) d'enjoindre au préfet du Calvados de réexaminer sa situation dans un délai de trois jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 500 euros au titre des articles 37 et 75 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision l'obligeant à quitter le territoire français est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen complet de sa situation familiale et de la vérification de son droit au séjour prévu par l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la décision l'obligeant à quitter le territoire français méconnaît l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dès lors qu'il remplit les conditions de délivrance de plein droit du titre de séjour de l'article L. 423-7 de ce code ;
- les décisions l'obligeant à quitter le territoire français et lui interdisant de retourner sur le territoire français méconnaissent les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- les décisions l'obligeant à quitter le territoire français et lui interdisant de retourner sur le territoire français méconnaissent les stipulations de l'article 3, paragraphe 1er, de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- la décision lui interdisant de retourner sur le territoire français méconnaît l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- les décisions l'obligeant à quitter le territoire français et lui interdisant de retourner sur le territoire français sont entachées d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 13 février 2025, le préfet du Calvados conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.
Vu :
- l'ordonnance du 12 février 2025 par laquelle la vice-présidente en charge des rétentions administratives près le tribunal judiciaire de Rennes a ordonné la prolongation de la rétention administrative de M. B pour un délai de vingt-six jours ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant, signée à New York le 26 janvier 1990 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Pellerin, première conseillère, pour statuer sur les recours dont le jugement relève des articles L. 922-1 à L. 922-3 et R. 922-17 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Pellerin,
- les observations de Me Le Bourdais, représentant M. B, qui indique se désister des conclusions à fin d'annulation dirigées contre les décisions refusant de lui accorder un délai de départ volontaire et fixant le pays de destination ainsi que des moyens tirés de l'incompétence de l'auteur de l'acte et de la méconnaissance de l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'union européenne et soulève le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 3, paragraphe 1er de la convention internationale relative aux droits de l'enfant à l'appui des conclusions dirigées contre la décision lui interdisant de retourner sur le territoire français pendant trois ans. Au titre des autres moyens, il est précisé que M. B n'a pas de casier judiciaire, a été auditionné à deux reprises par les services de police sans l'assistance d'un avocat, conteste avoir été violent envers la mère de son enfant, est le " pilier " de la famille de sa compagne dont la situation est compliquée. Il justifie d'une démarche de régularisation de sa situation administrative,
- et les explications de M. B, qui confirme être le père de l'enfant né le 24 octobre 2024 et indique vivre avec la mère de ce dernier depuis décembre 2023.
Le préfet du Calvados n'était ni présent, ni représenté.
La clôture de l'instruction a été prononcée après que les parties ont formulé leurs observations orales, en application de l'article R. 922-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Considérant ce qui suit :
1. M. A B, ressortissant sierra-léonais né le 6 avril 2000, entré en France en 2019 selon ses déclarations, a sollicité son admission au séjour au titre de l'asile. Sa demande a été rejetée par une décision de l'Office Français de Protection des Réfugiés et des Apatrides du 7 juin 2021 puis confirmée par un arrêt de la Cour nationale du droit d'asile du 24 novembre 2021. Par un arrêté du 25 février 2022, le préfet des Côtes- d'Armor l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours. Le 8 février 2025, M. B a été interpelé et placé en garde à vue par les services de la police nationale de Caen. Par un arrêté du même jour, dont M. B, retenu au centre de rétention administrative de Saint-Jacques-de-la-Lande, demande l'annulation, le préfet du Calvados a obligé M. B à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination vers lequel il est susceptible d'être éloigné d'office et lui a interdit de retourner sur le territoire français pendant une durée de trois ans.
Sur l'aide juridictionnelle provisoire :
2. Il y a lieu d'admettre M. B au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
3. Aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : / 1° L'étranger, ne pouvant justifier être entré régulièrement sur le territoire français, s'y est maintenu sans être titulaire d'un titre de séjour en cours de validité ; () 5° Le comportement de l'étranger qui ne réside pas régulièrement en France depuis plus de trois mois constitue une menace pour l'ordre public ; () ".
4. En premier lieu, la décision par laquelle le préfet du Calvados oblige M. B à quitter le territoire français sans délai cite les textes applicables, notamment les 1° et 5° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et fait état d'éléments de fait propres à sa situation personnelle, énonce de manière suffisamment précise les considérations de fait et de droit qui en sont le fondement. Dès lors, le moyen tiré d'un défaut de motivation doit être écarté.
5. En deuxième lieu, M. B a soutenu à l'audience avoir effectué une démarche de régularisation de sa situation administrative. L'intéressé doit ainsi être regardé comme invoquant un moyen tiré d'une erreur de droit dans l'application du 1° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile qui constitue l'un des fondements de l'arrêté attaqué. Toutefois, en se bornant à produire une capture d'écran d'un téléphone portable faisant état de la création non finalisée d'un compte d'accès à un espace personnel d'un service relevant du ministère de l'intérieur et des outre-mer, le requérant ne peut être regardé comme établissant avoir effectué une démarche de régularisation de sa situation administrative. Par suite, le moyen tiré d'une erreur de droit doit être écarté.
6. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La décision portant obligation de quitter le territoire français est () édictée après vérification du droit au séjour, en tenant notamment compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France et des considérations humanitaires pouvant justifier un tel droit. () ". Lorsque la loi prescrit l'attribution de plein droit d'un titre de séjour à un étranger, cette circonstance fait obstacle à ce qu'il puisse légalement être l'objet d'une mesure d'obligation de quitter le territoire français.
7. Il ressort des pièces du dossier que le préfet, au regard des informations et des pièces justificatives dont il disposait à la date de l'arrêté attaqué, a pris en compte la durée de la présence en France de M. B, a examiné sa situation familiale en indiquant qu'il avait déclaré être parent d'un enfant alors âgé de trois mois, vivre en concubinage avec la mère de ce dernier et a noté sa mise en cause pour des faits de violence commis sur cette dernière ainsi que l'absence de démarche de sa part pour régulariser sa situation administrative suite à la naissance de son enfant. Le moyen tiré du défaut d'examen de sa situation au regard de l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit donc être écarté.
8. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 423-7 du même code : " L'étranger qui est père ou mère d'un enfant français mineur résidant en France et qui établit contribuer effectivement à l'entretien et à l'éducation de l'enfant dans les conditions prévues par l'article 371-2 du code civil, depuis la naissance de celui-ci ou depuis au moins deux ans, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. ". Selon l'article 371-2 du code civil : " Chacun des parents contribue à l'entretien et à l'éducation des enfants à proportion de ses ressources, de celles de l'autre parent, ainsi que des besoins de l'enfant. () ".
9. Pour soutenir qu'il remplit les conditions de délivrance de la carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an prévue par l'article L. 423-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, M. B fait état de ce qu'il a reconnu son enfant né le 24 octobre 2024, établit sa présence lors des consultations médicales de son enfant depuis sa naissance et verse à l'instance quelques tickets de caisse portant sur l'achat d'habits et de médicaments pour son enfant. Toutefois, ces seules pièces ainsi que les attestations rédigées pour les besoins de la cause sont insuffisantes pour établir que le requérant contribue de manière continue à l'entretien et à l'éducation de son enfant depuis sa naissance. Cette contribution ne peut pas davantage être déduite d'une communauté de vie avec la mère de l'enfant, la réalité et la stabilité de la relation de concubinage des intéressés, qui aurait débuté en décembre 2023 selon le requérant, ne pouvant résulter de la production d'un document daté du 30 janvier 2025 émis, sur déclaration, par un fournisseur d'énergie. Au regard de ces éléments, le requérant ne justifie donc pas remplir les conditions de délivrance de la carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an prévue par l'article L. 423-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
10. En cinquième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale () ". Pour l'application de ces stipulations, l'étranger qui invoque la protection due à son droit au respect de sa vie privée et familiale en France doit apporter toute justification permettant d'apprécier la réalité et la stabilité de ses liens personnels et familiaux en France au regard de ceux qu'il a conservés dans son pays d'origine.
11. M. B déclare sans l'établir être entré en France en 2019. Ainsi qu'il a été dit au point 9, l'intéressé ne justifie ni d'une communauté de vie avec la mère de son enfant français né le 24 octobre 2024, ni contribuer à l'entretien et à l'éducation de ce dernier. S'il ressort de l'attestation de l'association Acséa du 10 février 2025 que M. B a été régulièrement présent auprès de la mère de son enfant et des cinq autres enfants de cette dernière, sans lien de filiation avec le requérant, pendant la mesure d'action éducative en milieu ouvert du 8 février 2017 au 2 décembre 2024, il ne ressort pas des pièces du dossier que la présence de M. B soit pour autant indispensable auprès de ces enfants. Par ailleurs, il ressort de l'ordonnance du juge des libertés et de la détention du 12 février 2025 que l'intéressé " a reconnu avoir frappé sa compagne à la bouche dans un contexte de violence familiale sur fond de consommation excessive d'alcool ". Le procès-verbal d'audition du 8 février 2025, au cours de laquelle M. B a confirmé sa volonté de ne pas être assisté d'un avocat ne remet pas en cause ce contexte de violence. Le classement sans suite de la procédure initiée par la mère de son enfant, qui résulte " d'un volteface " de cette dernière selon l'ordonnance du juge des libertés et de la détention précitée, ainsi que les contestations de l'intéressé, dans ses écritures et à l'audience, sur la teneur exacte de ces faits de violence et la production à l'instance d'une attestation médicale du 13 février 2025 indiquant que la mère de l'enfant du requérant ne présente aucune lésion d'origine traumatique, ne sauraient suffire à écarter cet évènement et à regarder le requérant comme ayant développé, en France, des liens personnels et familiaux stables et apaisés. Par ailleurs, M. B ne justifie pas d'une intégration sociale ou professionnelle particulière par l'exercice d'une activité bénévole de mai à septembre 2023 ainsi que la détention d'une promesse d'embauche du 31 mars 2023 alors qu'il déclare résider en France depuis 2019. En outre, il ressort des pièces du dossier que M. B a fait l'objet d'une mesure d'éloignement le 25 février 2022 à laquelle il n'a pas déféré et qu'il s'est, depuis, maintenu irrégulièrement sur le territoire français sans entreprendre de démarche de régularisation de sa situation administrative ainsi qu'il a été dit au point 5. Enfin, M. B ne justifie être dépourvu d'attaches dans son pays d'origine où il a vécu la majeure partie de sa vie et dans lequel résident ses sœurs ainsi qu'il l'a déclaré lors de son audition du 8 février 2025 par les services de police. Dans ces conditions, M. B n'est pas fondé à soutenir que l'arrêté du préfet du Calvados a méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Il ne ressort pas davantage des pièces du dossier que le préfet du Calvados aurait commis une erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences de la décision sur la situation personnelle du requérant.
12. En sixième lieu, aux termes de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale. ".
13. Ainsi qu'il a été dit précédemment, et en l'état de l'instruction, M. B ne justifie pas de l'intensité de ses liens familiaux sur le territoire français, et notamment dans les relations nouées avec son fils, né le 24 octobre 2024. Dans ces conditions, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 3, paragraphe 1er, de la convention internationale relative aux droits de l'enfant doit être écarté.
En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :
14. Aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. / Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder cinq ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français, et dix ans en cas de menace grave pour l'ordre public. ". L'article L. 612-10 du même code prévoit que : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. () ".
15. Il ressort des pièces du dossier que M. B est le père d'un enfant français, né le 24 octobre 2024, résidant en France. Ainsi, dans les conditions très particulières de l'espèce, le préfet du Calvados, en prononçant une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de trois ans, a adopté une mesure disproportionnée.
16. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de statuer sur les autres moyens soulevés à l'encontre de cette décision, que cette dernière doit être annulée.
Sur les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte :
17. L'exécution du présent jugement n'implique pas le réexamen de la situation de M. B. Les conclusions d'injonction présentées en ce sens doivent, par suite, être écartées.
Sur les frais liés au litige :
18. Il n'y pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre une somme à la charge de l'État, qui n'a pas la qualité de partie perdante au principal, en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991. Les conclusions présentées à ce titre par M. B doivent dès lors être rejetées.
DÉCIDE :
Article 1er : M. B est admis, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Article 2 : L'arrêté du 8 février 2025 est annulé seulement en tant qu'il prononce une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de trois ans.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au préfet du Calvados.
Décision communiquée aux parties le 14 février 2025, en application de l'article R. 922-25 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
La magistrate désignée,
signé
C. PellerinLa greffière,
signé
P. Lecompte
La République mande et ordonne au préfet du Calvados, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice, à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026