Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 20 février et 26 mai 2025, Mme B... A..., représentée par Me Aveline Boquet, demande au tribunal :
1°) d’annuler la décision du 30 septembre 2024 par laquelle le jury du baccalauréat professionnel, spécialité « Métiers de l’accueil », l’a déclarée « éliminée » à l’issue de la session d’examens de l’année 2024, ainsi que la décision du recteur de l’académie de Rennes du 16 décembre 2024 portant rejet de son recours gracieux formé le 27 novembre 2024 et reçu le 2 décembre suivant ;
2°) d’enjoindre au recteur de l’académie de Rennes de réexaminer sa situation « pour l’obtention du baccalauréat professionnel, spécialité « Métiers de l’accueil » ;
3°) d’enjoindre au recteur de l’académie de Rennes de l’inscrire sur la liste des candidats admis au baccalauréat professionnel, spécialité « Métiers de l’accueil » ;
4°) d’enjoindre au recteur de l’académie de Rennes de lui délivrer le diplôme du baccalauréat professionnel, spécialité « Métiers de l’accueil » ;
5°) de mettre à la charge de l’État une somme de 3 000 euros au titre des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que son absence éliminatoire à l’épreuve « Arts appliqués et culture artistique » est illégale, dès lors que son état de santé ne lui a pas permis de se présenter à cette épreuve qui se tenait le 20 juin 2024, qu’elle a justifié de cette absence et qu’elle n’a pas été convoquée à l’épreuve de remplacement correspondante en méconnaissance des dispositions de l’article D. 337-92 du code de l’éducation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 25 avril 2025, la rectrice de l’académie de Rennes conclut au rejet de la requête ;
Elle fait valoir que :
- les conclusions à fin d’injonction tendant à ce qu’il procède à l’inscription de la requérante sur la liste des candidats admis au baccalauréat professionnel, spécialité « Métiers de l’accueil » sont irrecevables en ce qu’elles excèdent l’office du juge administratif ;
- le moyen de la requête n’est pas fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l’éducation ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Pellerin,
- les conclusions de M. Martin, rapporteur public,
- et les observations de Me Aveline, représentant Mme A....
Une note en délibéré présentée pour Mme A... a été enregistrée le 29 septembre 2025.
Considérant ce qui suit :
Mme A... a présenté les épreuves du baccalauréat professionnel spécialité « Métiers de l’accueil » au titre de la session 2024. Par délibération du 30 septembre 2024, le jury a constaté l’absence de l’intéressée à l’unité constitutive U6 « Arts appliqués et culture artistique » et l’a déclarée « éliminée ». Par un courrier du 27 novembre 2024, Mme A... a formé un recours gracieux contre cette décision qui a été rejeté, le 16 décembre suivant, par le recteur de l’académie de Rennes. Mme A... demande l’annulation des décisions des 30 septembre et 16 décembre 2024.
Aux termes de l’article D. 337-51 du code de l’éducation : « Le baccalauréat professionnel est un diplôme national délivré dans les conditions fixées par les articles D. 337-52 à D. 337-94. (…) ». L’article D. 337-52 du même code prévoit que : « Le diplôme du baccalauréat professionnel atteste d'une qualification professionnelle. / Le référentiel de certification de chaque baccalauréat professionnel énumère les capacités, savoir-faire, compétences professionnelles, technologiques et générales et savoirs que les titulaires du diplôme doivent posséder, précise les savoirs qui doivent être acquis et détermine les niveaux d'exigence requis pour l'obtention du diplôme. / Le référentiel de certification est organisé en unités constituées d'un ensemble, cohérent au regard de la finalité du diplôme, de capacités, savoir-faire, compétences et savoirs. Certaines unités peuvent être communes à plusieurs diplômes. Le référentiel de certification peut comporter des unités dans la limite de trois, dont l'obtention est facultative. (…) ». Selon l’article D. 337-80 du même code : « Le baccalauréat professionnel est délivré aux candidats qui ont présenté l'ensemble des unités constitutives du diplôme, (…)et qui ont obtenu une moyenne générale supérieure ou égale à 10 sur 20 à l'ensemble des évaluations affectées de leur coefficient ou à l'issue de l'épreuve de contrôle prévue au 2° de l'article D. 337-69. ». Selon l’article D. 337-81 du même code : « Lorsqu'un candidat est déclaré absent à une épreuve, le diplôme du baccalauréat professionnel ne peut lui être délivré. / Toutefois, l'absence justifiée à une ou plusieurs unités donne lieu à l'attribution de la note zéro à l'unité ou aux unités concernées et le diplôme peut être délivré si les conditions prévues aux articles D. 337-78 et D. 337-80 sont remplies. Dans le cas où le diplôme ne peut être délivré au candidat, celui-ci se présente à l'épreuve ou aux épreuves de remplacement dans les conditions fixées à l'article D. 337-92. ». Selon l’article D. 337-92 du même code : « Les candidats qui, pour une cause de force majeure dûment constatée, n'ont pu se présenter à tout ou partie des épreuves de la session organisée à la fin de l'année scolaire peuvent, sur l'autorisation du recteur d'académie, se présenter aux épreuves de remplacement correspondantes organisées dans des centres interacadémiques désignés par le ministre chargé de l'éducation, à l'exception de l'épreuve d'éducation physique et sportive et des épreuves facultatives. ».
Pour déclarer « éliminée » Mme A... à l’examen du baccalauréat professionnel spécialité « Métiers de l’accueil », le jury s’est fondé sur l’absence de l’intéressée à l’épreuve relative à l’unité constitutive U6 « Arts appliqués et culture artistique » qui s’est déroulée le 20 juin 2024 de 9 heures 30 à 11 heures 30. Ce motif constitue également le fondement de la décision de rejet du 16 décembre 2024 du recours gracieux formé par l’intéressée. Cette dernière, par un formulaire du 24 juin 2024, a sollicité le recteur de l’académie de Rennes afin qu’il fasse droit à sa demande de convocation aux épreuves de remplacement portant sur plusieurs épreuves obligatoires dont celle en litige. Mme A... avait joint à cette demande un bulletin de situation du centre hospitalier de Rennes Pontchaillou faisant état de son hospitalisation entre les 11 et 19 juin 2024 ainsi qu’une ordonnance médicale du 18 juin 2024 prescrivant une injection quotidienne d’un médicament par voie intravasculaire jusqu’au 27 juin suivant. S’il ressort du compte-rendu d’hospitalisation du 18 juin 2024 que cette injection devait être effectuée en hôpital de jour, cette précision ne figurait sur aucun des documents transmis au rectorat. Mme A... n’établit pas davantage avoir été hospitalisée le jour de l’épreuve en litige en dépit de son engagement, dans un courriel du 1er octobre 2024 adressé au rectorat, de lui transmettre une pièce justificative. Par ailleurs, si la requérante conteste, à l’appui de ses conclusions à fin d’annulation des décisions en litige, celle du 3 juillet 2024 par laquelle le recteur de l’académie de Rennes ne l’a pas convoquée à l’épreuve de remplacement pour l’unité constitutive en litige, cette décision n’est, en tout état de cause, pas illégale pour le même motif que celui exposé au titre des décisions attaquées des 30 septembre et 16 décembre 2024.
Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d’annulation présentées par Mme A... doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, les conclusions à fin d’injonction et celles présentées sur le fondement de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de Mme A... est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B... A... et au ministre en charge de l’éducation nationale.
Une copie du présent jugement sera adressée à la rectrice de l’académie de Rennes.
Délibéré après l'audience du 25 septembre 2025, à laquelle siégeaient :
M. Vennéguès, président,
Mme Pellerin, première conseillère,
Mme Villebesseix, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 9 octobre 2025.
La rapporteure,
signé
C. Pellerin
Le président,
signé
P. Vennéguès
La greffière,
signé
I. Le Vaillant
La République mande et ordonne au ministre en charge de l’éducation nationale en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.