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AccueilJurisprudence administrativeN° TA35-2502751

Tribunal Administratif de Rennes — Décision N° TA35-2502751

lundi 5 mai 2025

JuridictionTribunal Administratif de Rennes
SectionTribunal Administratif de Rennes
N° DossierTA35-2502751
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
FormationEloignement urgent
Avocat requérantTHEBAULT

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Rennes a rejeté la requête de M. C B, ressortissant congolais, qui contestait le refus de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) de lui accorder les conditions matérielles d'accueil. Le tribunal a écarté l'ensemble des moyens soulevés, estimant que la décision était signée par une autorité compétente, suffisamment motivée, et fondée sur un examen sérieux de la situation. Il a jugé que le refus était légalement justifié par le fait que le requérant avait présenté une demande de réexamen de sa demande d'asile, conformément aux articles L. 551-15 et D. 551-17 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 23 avril 2025, M. A F C B, représenté par Me Thébault, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 17 avril 2025 par laquelle la directrice territoriale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration a refusé de lui accorder les conditions matérielles d'accueil ;

2°) d'enjoindre au directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration de lui accorder avec effet rétroactif les conditions matérielles d'accueil dans un délai de trois jours à compter de la notification du jugement à intervenir sous astreinte de 100 euros par jour de retard ou, à titre subsidiaire, de procéder à un nouvel examen de sa situation dans un délai de huit jours ;

3°) de mettre à la charge de l'Office français de l'immigration et de l'intégration la somme de 1 500 euros au titre des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, à verser à son conseil sous réserve qu'il renonce à percevoir la part contributive de l'État ou, dans l'hypothèse où l'aide juridictionnelle provisoire ne lui serait pas accordée, de lui allouer cette somme.

Il soutient que :

- la décision attaquée est entachée d'incompétence ;

- elle est entachée d'une insuffisance de motivation ;

- elle est entachée d'un défaut d'examen sérieux ;

- elle méconnaît l'article D. 551-20 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle est entachée d'erreur d'appréciation quant à son état de vulnérabilité.

Par un mémoire en défense, enregistré le 30 avril 2025, le directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la directive 2013/33/UE du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 établissant des normes pour l'accueil des personnes demandant la protection internationale ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Blanchard, premier conseiller, pour statuer sur les recours dont le jugement relève des dispositions des articles L. 922-1 à L. 922-3 et R. 922-17 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Blanchard,

- les observations de Me Thébault, représentant M. C B, qui a repris et développé les moyens de la requête, ainsi que celles de M. C B.

L'OFII n'était ni présent ni représenté.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. M. C B, ressortissant de République démocratique du Congo, est entré en France le 9 mars 2024 selon ses déclarations et a déposé, le 24 avril 2024, une demande d'asile. Après le rejet de sa demande d'asile, il a présenté une demande de réexamen le 17 avril 2025. Le même jour, après une évaluation de sa vulnérabilité, la directrice territoriale de Rennes de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) lui a refusé, par la décision attaquée, le bénéfice des conditions matérielles d'accueil prévues aux articles L. 551-8 et suivants du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

2. En premier lieu, la décision attaquée a été signée par Mme E D, directrice territoriale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, laquelle a reçu délégation à l'effet de signer tous les actes et décisions se rapportant aux missions dévolues à la direction territoriale de Rennes en vertu d'une décision du 3 février 2025 régulièrement publiée au bulletin officiel du ministère de l'intérieur. Par ailleurs, en vertu d'une décision du 15 mars 2023 du directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration portant organisation générale de cet office, accessible sur le site internet de cet office, " les directions territoriales sont responsables, sur leur territoire de compétence, de la mise en œuvre des missions de l'OFII ". Le moyen tiré de l'incompétence de la signataire de l'acte doit ainsi être écarté.

3. En deuxième lieu, la décision attaquée, qui vise les articles L. 551-15 et D. 551-17 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et indique qu'après examen des besoins et de la situation personnelle et familiale de l'intéressé, les conditions matérielles d'accueil lui sont refusées au motif qu'il a présenté une demande de réexamen, comporte les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Le moyen tiré de l'insuffisance de motivation doit ainsi être écarté.

4. En troisième lieu, il ne ressort ni des termes de la décision litigieuse ni des autres pièces du dossier que l'autorité administrative n'aurait pas procédé à un examen approfondi de la situation de M. C B et à une évaluation de sa vulnérabilité conformément aux articles L. 551-15 et L. 522-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Le moyen tiré du défaut d'examen particulier de sa situation doit ainsi être écarté.

5. En quatrième lieu, si le requérant soutient que la décision est entachée d'erreur de droit, dès lors qu'aucune disposition ne permet de refuser totalement le bénéfice des conditions matérielles d'accueil en cas de fraude, il ressort des termes de l'arrêté attaqué que celui-ci est fondé sur le motif que M. C B a présenté une demande de réexamen de sa demande de protection internationale. Le moyen soulevé à cet égard doit par suite être écarté comme inopérant.

6. En dernier lieu, aux termes de l'article L. 551-15 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Les conditions matérielles d'accueil sont refusées, totalement ou partiellement, au demandeur, dans le respect de l'article 20 de la directive 2013/33/ UE du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 établissant des normes pour l'accueil des personnes demandant la protection internationale, dans les cas suivants : () 3° Il présente une demande de réexamen de sa demande d'asile () Elle prend en compte la vulnérabilité du demandeur ".

7. Il ressort des pièces du dossier, ainsi qu'il a été dit, que M. C B a fait l'objet d'un entretien de vulnérabilité le 17 avril 2025, à l'occasion duquel il a été mis en mesure de faire valoir les éléments relatifs à son état de santé. Il n'a pas sollicité la remise d'un certificat médical vierge pour avis du médecin coordinateur de l'OFII afin qu'il le fasse remplir par un médecin de son choix et qu'un rendez-vous soit pris avec ce médecin coordinateur. Si le requérant indique souffrir d'un état de stress post-traumatique et verse au dossier deux certificats médicaux à cet égard, il ne ressort toutefois pas de ces pièces que l'intéressé présenterait une situation de particulière vulnérabilité justifiant l'octroi des conditions matérielles d'accueil. Dans ces conditions et alors même que le requérant déclare ne bénéficier d'aucun hébergement et être dans une situation de précarité, c'est sans erreur d'appréciation quant à son état de vulnérabilité que le directeur de l'OFII a pris la décision attaquée.

8. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la requête sont rejetées. Par voie de conséquence, il en va de même des conclusions de la requête aux fins d'injonction et de celles présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

D É C I D E :

Article 1er : La requête de M. C B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A F C B et au directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 mai 2025.

Le magistrat désigné,

signé

A. BlanchardLa greffière,

signé

P. Lecompte

La République mande et ordonne au ministre d'Etat, ministre de l'intérieur en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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