LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA35-2504733

Tribunal Administratif de Rennes — Décision N° TA35-2504733

mercredi 30 juillet 2025

JuridictionTribunal Administratif de Rennes
SectionTribunal Administratif de Rennes
N° DossierTA35-2504733
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Avocat requérantMATEL

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Rennes, statuant en référé suspension sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de Mme A visant à suspendre l'arrêté du 11 juin 2025 par lequel le préfet du Morbihan a ordonné la fermeture définitive de ses deux centres équestres. Le juge a estimé que la condition d'urgence n'était pas remplie, l'intéressée n'établissant pas que la fermeture compromettrait gravement et immédiatement sa situation économique, et qu'aucun des moyens soulevés (notamment le vice de procédure et le défaut de motivation) n'était de nature à créer un doute sérieux sur la légalité de la décision. La décision a été prise en application des articles L. 322-1 et L. 322-5 du code du sport, en raison d'une condamnation pénale de Mme A pour agression sexuelle sur mineure, justifiant la fermeture pour garantir la sécurité des pratiquants.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 9 juillet 2025, Mme B A, demande au juge des référés :

1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'arrêté du 11 juin 2025 par lequel le préfet du Morbihan a ordonné la fermeture définitive des deux établissements d'activités physiques et sportives suivants : " Les écuries des 5 chênes " situé à Ploeren et " le centre équestre de Belle-Ile : domaine des chevaliers " situé à Bangor ;

2°) de mettre à la charge de l'État une somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- sur l'urgence : la décision litigieuse met fin à l'activité économique qui constitue sa seule source de revenus, alors qu'elle vit seule ;

- sur le doute sérieux quant à la légalité de la décision :

* elle a été prise au terme d'une procédure irrégulière : alors qu'elle est constitutive d'une sanction, la décision n'a pas été précédée de la procédure contradictoire imposée par l'article L. 122-1 du code des relations entre le public et l'administration et par un principe général du droit ;

* elle n'est pas suffisamment motivée.

Le préfet du Morbihan, informé de la requête et de l'audience publique, n'a pas produit de mémoire en défense.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- la requête au fond enregistrée sous le n° 2504620 ;

Vu :

- le code du sport ;

- le code pénal ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Bouju, premier conseiller, pour statuer sur les demandes de référé.

Les parties ont été régulièrement averties du jour et de l'heure de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique du 24 juillet 2025 :

- le rapport de M. Bouju,

- les observations de Me Matel, représentant Mme A, qui conclut aux mêmes fins que précédemment par les mêmes moyens, en insistant notamment sur la condamnation pénale qui concerne des faits anciens, qui ne figure pas au casier judiciaire et qui n'a pas prononcé de peine d'interdiction d'exercice d'une activité, sur l'instance en cours devant le tribunal concernant le recours en annulation des décisions du 20 mars 2023, sur l'absence de communication des rapports auxquels ont nécessairement donné lieu les contrôles administratifs réalisés en avril et juin 2025, sur l'absence de toute urgence de nature à justifier le non-respect du principe du contradictoire ;

- les observations de Mme A.

Le préfet du Morbihan n'était ni présent ni représenté.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () "

2. Par arrêté du 11 juin 2025, le préfet du Morbihan a prononcé, sur le fondement de l'article L. 322-5 du code du sport, la fermeture définitive des deux établissements suivants " Les écuries des 5 chênes " situé à Ploeren et " le centre équestre de Belle-île : domaine des chevaliers " situé à Bangor, établissements exploités par Mme A. Celle-ci a saisi le tribunal d'un recours en annulation contre cet arrêté. Dans l'attente du jugement au fond, elle sollicite la suspension de son exécution sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative.

3. Aux termes de l'article L. 212-9 du code du sport : " I. - Nul ne peut exercer les fonctions mentionnées au premier alinéa de l'article L. 212-1 à titre rémunéré ou bénévole, ou aux articles L. 223-1 et L. 322-7, ni intervenir auprès de mineurs au sein des établissements d'activités physiques et sportives mentionnés à l'article L. 322-1 s'il a fait l'objet d'une condamnation pour crime ou pour l'un des délits prévus : 1° Au chapitre Ier du titre II du livre II du code pénal, à l'exception du premier alinéa de l'article 221-6 ; 2° Au chapitre II du même titre II, à l'exception du premier alinéa de l'article 222-19 () " Aux termes de l'article L. 322-1 du même code : " Nul ne peut exploiter soit directement, soit par l'intermédiaire d'un tiers, un établissement dans lequel sont pratiquées des activités physiques ou sportives s'il a fait l'objet d'une condamnation prévue à l'article L. 212-9. " Aux termes de l'article L. 322-5 du même code : " L'autorité administrative peut s'opposer à l'ouverture ou prononcer la fermeture temporaire ou définitive d'un établissement qui ne présenterait pas les garanties prévues aux articles L. 322-1 et L. 322-2 et ne remplirait pas les obligations d'assurance mentionnées à l'article L. 321-7. L'autorité administrative peut également prononcer la fermeture temporaire ou définitive d'un établissement employant une personne qui enseigne, anime ou encadre une ou plusieurs activités physiques ou sportives mentionnées à l'article L. 212-1 sans posséder les qualifications requises. L'autorité administrative peut prononcer également la fermeture temporaire ou définitive d'un établissement lorsque son maintien en activité présenterait des risques pour la santé et la sécurité physique ou morale des pratiquants ou exposerait ceux-ci à l'utilisation de substances ou de procédés interdits par l'article L. 232-9. "

4. Il résulte de l'instruction que Mme A a été définitivement condamnée par jugement du 10 février 2022 du tribunal correctionnel de Vannes pour des faits d'agression sexuelle imposée à une mineure de 15 ans, commis à Ploeren et Belle-Ile entre le 1er janvier 1994 et 28 avril 1997. Par quatre décisions du 20 mars 2023, le préfet du Morbihan, d'une part lui a demandé de cesser ses activités d'enseignement, d'animation et d'encadrement d'activités physiques et sportives au sein de chacun des établissements situés à Ploeren et Bangor, d'autre part l'a mise en demeure de mettre fin à son activité d'exploitation de chacun de ces établissements d'activité physiques et sportives dans le délai d'un mois. Ces mises en demeure précisaient qu'à l'issue de ce délai d'un mois, en l'absence de transmission des formalités légales de publicité de démission de ses fonctions de dirigeante, le préfet prononcerait la fermeture temporaire ou définitive des établissements concernés. Mme A a exercé, le 9 mai 2023, un recours gracieux contre ces quatre décisions. Ce recours ayant été implicitement rejeté, elle a saisi le tribunal d'un recours en annulation de ces décisions. L'instance est toujours en cours. À la suite d'un contrôle réalisé le 4 juin 2025 par le service départemental à la jeunesse, à l'engagement et aux sports, qui, selon les déclarations de Mme A à l'audience, a été précédé d'un premier contrôle réalisé en avril 2025, le préfet du Morbihan a pris l'arrêté contesté du 11 juin 2025 prononçant la fermeture définitive des deux établissements situés à Ploeren et Bangor.

5. Dans ces circonstances, Mme A, qui, malgré les décisions du 20 mars 2023, dont elle a reçu notification et qu'elle a contestées, a poursuivi l'exploitation de ses deux centres équestres, et a fait l'objet de deux contrôles administratifs en avril et juin 2025, n'ignorait pas qu'elle s'exposait à la mesure de fermeture administrative décidée par le préfet, ni l'interdiction d'exploiter un établissement d'activités physiques ou sportives dont elle faisait l'objet en raison de sa condamnation pénale. Dès lors, le moyen tiré de ce que l'arrêté du 11 juin 2025 n'aurait pas été pris au terme d'une procédure respectueuse du principe du contradictoire n'est pas, en l'état de l'instruction, propre à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée.

6. Le moyen tiré de ce que l'arrêté litigieux ne serait pas suffisamment motivé n'est pas davantage propre à créer un doute sérieux quant à sa légalité.

7. En conséquence, l'une des conditions posées par l'article L. 521-1 du code de justice administrative n'étant pas remplie, les conclusions de la requête de Mme A tendant à la suspension de l'exécution de l'arrêté du 11 juin 2025 ne peuvent, sans qu'il soit besoin de statuer sur la condition d'urgence, qu'être rejetées. Il en va de même, par voie de conséquence, des conclusions qu'elle a présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : Les conclusions de la requête de Mme A sont rejetées.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A et à la ministre des sports, de la jeunesse et de la vie associative.

Copie de la présente ordonnance sera adressée au préfet du Morbihan.

Fait à Rennes, le 30 juillet 2025.

Le juge des référés,

signé

D. BoujuLa greffière,

signé

P. Lecompte

La République mande et ordonne à la ministre des sports, de la jeunesse et de la vie associative en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions