Tribunal Administratif de Rennes — Décision N° TA35-2504831
jeudi 1 octobre 2026
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rennes |
| Section | Tribunal Administratif de Rennes |
| N° Dossier | TA35-2504831 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 6ème Chambre |
| Avocat requérant | SOCIETE D'AVOCATS MICHEL LEDOUX & ASSOCIES |
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 10 juillet 2025, M. A... B..., représenté par Me Quinquis, demande au tribunal :
1°) d’annuler la décision de la commission de recours des militaires (CRM) du 15 mai 2025 rejetant explicitement sa demande indemnitaire ;
2°) de condamner l’État à lui verser la somme de 15 000 euros, en réparation du préjudice moral qu’il estime avoir subi en raison de son exposition à l’amiante et la somme de 12 000 euros, en réparation des troubles dans ses conditions d’existence, et d’assortir l’indemnisation des préjudices des intérêts de droit à compter de la demande d’indemnisation formée devant la commission des recours militaires, avec capitalisation de ces intérêts. ;
3°) de mettre à la charge de l’État le versement d’une somme de 2 000 euros à son conseil en application de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l’État employeur a failli à ses obligations en ne mettant pas effectivement en œuvre les règles applicables en matière d’hygiène et de sécurité propre à soustraire les travailleurs placés sous sa responsabilité au risque d’exposition aux pourssières d’amiante ;
- il a été, dans le cadre de son activité professionnelle, exposé aux poussières d’amiante sur une longue durée et sans la moindre protection individuelle ;
- il se trouve dans une situation d’inquiétude permanente (anxiété), craignant d’apprendre qu’il est atteint d’une grave maladie ; il est fondé à solliciter une somme de 15 000 euros au titre de son préjudice moral ;
- il est fondé à solliciter la réparation de son préjudice résultant des troubles dans les conditions d’existence à hauteur de 12 000 euros.
Par un mémoire en défense, enregistré le 1er août 2025, la ministre des armées et des anciens combattants conclut à ce que l’indemnisation sollicitée soit ramenée à de plus justes proportions.
Elle fait valoir que :
- il y a lieu de retenir, dans le calcul de l’indemnité à accorder au requérant, la seule durée d’affectation effective sur les navires de la Marine nationale ; à ce titre, le requérant ne justifie pas avoir été effectivement exposé aux poussières d’amiante en dehors des périodes d’affectation sur ces navires ;
- aucune des pièces du dossier n’est de nature à établir l’exposition de 28 ans et 17 jours retenue par le requérant ;
- le préjudice tiré du trouble dans les conditions d’existence n’est pas établi.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la santé publique ;
- le décret n° 77-949 du 17 août 1977 modifié ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.
Ont été entendus au cours de l’audience publique :
- le rapport de M. Le Roux ;
- et les conclusions de M. Moulinier rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. M. A... B..., né le 13 octobre 1947, ancien militaire de la marine nationale, spécialité manœuvrier (MANEU), estime l’État employeur responsable d’une carence fautive, dès lors que ce dernier n’a pas mis en œuvre une protection efficace contre son exposition aux poussières d’amiante durant sa carrière à la marine nationale. Par une demande indemnitaire du 25 septembre 2024, réceptionnée le 27 septembre suivant, M. B... a sollicité la réparation du préjudice moral et des troubles dans les conditions d’existence résultant de son exposition aux poussières d’amiante au cours de sa carrière. Par un courrier du 10 décembre 2024, la ministre des armées et des anciens combattants a transmis à M. B... un protocole transactionnel, lui proposant une indemnisation de 8 000 euros. M. B... a refusé de souscrire au protocole transactionnel et a, par suite, saisi la commission de recours des militaires (CRM), le 16 janvier 2025, d’une demande d’indemnisation de ses préjudices. Cette demande a été implicitement rejetée par la CRM, par une décision du 15 mai 2025, notifiée le 23 mai suivant. Par la présente requête, M. B... demande au tribunal que soit annulée la décision de la CRM rejetant sa demande et que l’État soit condamnée à l’indemniser de ses préjudices.
Sur la responsabilité de l’État :
7. La responsabilité de l’administration, notamment en sa qualité d’employeur, peut être engagée à raison de la faute qu’elle a commise, pour autant qu’il en soit résulté un préjudice direct. A le caractère d’une faute, le manquement à l’obligation de sécurité à laquelle l’employeur est tenu envers son agent, lorsqu’il a ou aurait dû avoir conscience du danger auquel était exposé ce dernier, et qu’il n’a pas pris les mesures nécessaires pour l’en préserver. Il n’est pas contesté que la nocivité de l’amiante et la gravité des maladies dues à son exposition étaient pour partie déjà connues avant 1977 et que le décret susvisé du 17 août 1977 relatif aux mesures d’hygiène particulières applicables dans les établissements où le personnel est exposé à l’action des poussières d’amiante a imposé des mesures de protection de nature à réduire l’exposition des agents aux poussières d’amiante ainsi que des contrôles de la concentration en fibres d’amiante dans l’atmosphère des lieux de travail.
8. Il résulte de l’instruction que, sur les navires de la marine nationale construits jusqu’à la fin des années 1980, l’amiante était utilisée de façon courante comme isolant pour calorifuger tant les tuyauteries que certaines parois et certains équipements de bord, de même que les réacteurs et moteurs des avions de l’aéronavale. Il résulte de l’instruction que les matériaux à base d’amiante présents sur les bâtiments de la Marine nationale avaient tendance à se déliter en
raison des contraintes physiques imposées à ces matériels, de la chaleur, du vieillissement du calorifugeage, ou de travaux divers d’entretien en mer ou au bassin. Ces éléments n’étant d’ailleurs pas contestés par le ministre en défense.
9. Il résulte de ce qui précède que l’État employeur doit être regardé comme ayant fait preuve, dans ces conditions, d’une carence fautive dans la mise en œuvre effective, obligation
qui lui incombait, des mesures de protection contre les poussières d’amiante auxquelles
M. B... a pu être exposé ce qui est établi par l’attestation d’exposition en date du 3 mai 2023. Cette carence est de nature à engager sa responsabilité, que l’administration a d’ailleurs reconnue par la proposition, à M. B..., d’un protocole transactionnel par courrier du 10 décembre 2024.
Sur l’indemnisation des préjudices :
En ce qui concerne le préjudice moral :
10. M. B..., estimant que son espérance de vie a été diminuée notablement du fait de l’absorption par ses poumons de poussières d’amiante pendant ses années d’activité professionnelle, soutient vivre dans un état d’anxiété.
11. Si M. B... n’a pas développé de pathologie asbestosique, il résulte de l’instruction qu’il est désormais admis, sur le plan scientifique, que l’inhalation de poussières d’amiante, sur une durée longue, peut, à plus ou moins long terme, et parfois vingt à trente ans après l’exposition, être la cause de cancers bronchiques mortels, les poussières d’amiante inhalées étant définitivement absorbées par les poumons sans que l’organisme puisse les éliminer. Cependant, ces éléments ne suffisent pas, à eux seuls, à établir le préjudice moral invoqué par l’intéressé. Il lui appartient donc d’apporter devant le juge des éléments complémentaires probants relatifs à sa situation personnelle.
12. A cet égard, il résulte de l’instruction, et plus particulièrement, de son attestation
d’exposition, que M. B..., ancien marin militaire, a été exposé au cours de sa carrière aux poussières d’amiante sur une période de 15 ans et 1 mois et dans les conditions exposées plus haut, de nature à lui faire craindre d’être exposé à une maladie grave. Dès lors, il subit, à ce titre, un préjudice moral. Par suite, il sera fait une juste appréciation des circonstances particulières de l’espèce en évaluant la réparation de ce préjudice à la somme de 9 500 euros.
En ce qui concerne les troubles dans les conditions d’existence :
13. En l’espèce, si M. B... soutient que ses projets de vie sont affectés par la certitude de souffrir d’une espérance de vie amoindrie et par la nécessité de s’astreindre à vie à un suivi médical spécifique et régulier, le seul élément qu’il verse au dossier, à savoir un compte rendu de scanner datant du 21 février 2023, ne permet pas, à lui seul, de démontrer qu’il serait effectivement astreint à un suivi médical d’une fréquence et d’un inconfort tels qu’il caractériserait à lui seul un trouble dans ses conditions d’existence. Par suite, M. B... n’est pas fondé à solliciter la réparation de ce préjudice.
Sur les intérêts et la capitalisation des intérêts :
14. M. B... a droit aux intérêts au taux légal sur la somme de 9 500 euros à compter du 21 janvier 2025, date de réception de son recours par la CRM, ainsi qu’il le sollicite. Les intérêts seront capitalisés à compter du 21 janvier 2026, date à laquelle une année d’intérêt était due, puis à chaque échéance annuelle à compter de cette date.
Sur les frais liés au litige :
15. Dans les circonstances de l’espèce, il y a lieu de mettre à la charge de l’État le versement à M. B... d’une somme de 1 000 euros au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
DÉCIDE :
Article 1er : L’État est condamné à verser à M. B... la somme de 9 500 euros en réparation de son préjudice moral d’anxiété avec intérêt au taux légal à compter du 21 janvier 2025 et de leur capitalisation à compter du 21 janvier 2026 puis à échéance annuelle.
Article 2 : L’État versera à M. B... la somme de 1 000 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le surplus des conclusions de M. B... est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. A... B... et à la ministre des armées et des anciens combattants.
Délibéré après l'audience du 17 septembre 2026, à laquelle siégeaient :
M. Lemoine, président,
M. Le Roux, premier conseiller,
Mme Le Berre, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 1er octobre 2026.
Le rapporteur,
signé
P. Le Roux
Le président,
signé
F. Lemoine
La greffière,
signé
P. Guéguen
La République mande et ordonne à la ministre des armées et des anciens combattants en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
Par une requête, enregistrée le 10 juillet 2025, M. A... B..., représenté par Me Quinquis, demande au tribunal :
1°) d’annuler la décision de la commission de recours des militaires (CRM) du 15 mai 2025 rejetant explicitement sa demande indemnitaire ;
2°) de condamner l’État à lui verser la somme de 15 000 euros, en réparation du préjudice moral qu’il estime avoir subi en raison de son exposition à l’amiante et la somme de 12 000 euros, en réparation des troubles dans ses conditions d’existence, et d’assortir l’indemnisation des préjudices des intérêts de droit à compter de la demande d’indemnisation formée devant la commission des recours militaires, avec capitalisation de ces intérêts. ;
3°) de mettre à la charge de l’État le versement d’une somme de 2 000 euros à son conseil en application de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l’État employeur a failli à ses obligations en ne mettant pas effectivement en œuvre les règles applicables en matière d’hygiène et de sécurité propre à soustraire les travailleurs placés sous sa responsabilité au risque d’exposition aux pourssières d’amiante ;
- il a été, dans le cadre de son activité professionnelle, exposé aux poussières d’amiante sur une longue durée et sans la moindre protection individuelle ;
- il se trouve dans une situation d’inquiétude permanente (anxiété), craignant d’apprendre qu’il est atteint d’une grave maladie ; il est fondé à solliciter une somme de 15 000 euros au titre de son préjudice moral ;
- il est fondé à solliciter la réparation de son préjudice résultant des troubles dans les conditions d’existence à hauteur de 12 000 euros.
Par un mémoire en défense, enregistré le 1er août 2025, la ministre des armées et des anciens combattants conclut à ce que l’indemnisation sollicitée soit ramenée à de plus justes proportions.
Elle fait valoir que :
- il y a lieu de retenir, dans le calcul de l’indemnité à accorder au requérant, la seule durée d’affectation effective sur les navires de la Marine nationale ; à ce titre, le requérant ne justifie pas avoir été effectivement exposé aux poussières d’amiante en dehors des périodes d’affectation sur ces navires ;
- aucune des pièces du dossier n’est de nature à établir l’exposition de 28 ans et 17 jours retenue par le requérant ;
- le préjudice tiré du trouble dans les conditions d’existence n’est pas établi.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la santé publique ;
- le décret n° 77-949 du 17 août 1977 modifié ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.
Ont été entendus au cours de l’audience publique :
- le rapport de M. Le Roux ;
- et les conclusions de M. Moulinier rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. M. A... B..., né le 13 octobre 1947, ancien militaire de la marine nationale, spécialité manœuvrier (MANEU), estime l’État employeur responsable d’une carence fautive, dès lors que ce dernier n’a pas mis en œuvre une protection efficace contre son exposition aux poussières d’amiante durant sa carrière à la marine nationale. Par une demande indemnitaire du 25 septembre 2024, réceptionnée le 27 septembre suivant, M. B... a sollicité la réparation du préjudice moral et des troubles dans les conditions d’existence résultant de son exposition aux poussières d’amiante au cours de sa carrière. Par un courrier du 10 décembre 2024, la ministre des armées et des anciens combattants a transmis à M. B... un protocole transactionnel, lui proposant une indemnisation de 8 000 euros. M. B... a refusé de souscrire au protocole transactionnel et a, par suite, saisi la commission de recours des militaires (CRM), le 16 janvier 2025, d’une demande d’indemnisation de ses préjudices. Cette demande a été implicitement rejetée par la CRM, par une décision du 15 mai 2025, notifiée le 23 mai suivant. Par la présente requête, M. B... demande au tribunal que soit annulée la décision de la CRM rejetant sa demande et que l’État soit condamnée à l’indemniser de ses préjudices.
Sur la responsabilité de l’État :
7. La responsabilité de l’administration, notamment en sa qualité d’employeur, peut être engagée à raison de la faute qu’elle a commise, pour autant qu’il en soit résulté un préjudice direct. A le caractère d’une faute, le manquement à l’obligation de sécurité à laquelle l’employeur est tenu envers son agent, lorsqu’il a ou aurait dû avoir conscience du danger auquel était exposé ce dernier, et qu’il n’a pas pris les mesures nécessaires pour l’en préserver. Il n’est pas contesté que la nocivité de l’amiante et la gravité des maladies dues à son exposition étaient pour partie déjà connues avant 1977 et que le décret susvisé du 17 août 1977 relatif aux mesures d’hygiène particulières applicables dans les établissements où le personnel est exposé à l’action des poussières d’amiante a imposé des mesures de protection de nature à réduire l’exposition des agents aux poussières d’amiante ainsi que des contrôles de la concentration en fibres d’amiante dans l’atmosphère des lieux de travail.
8. Il résulte de l’instruction que, sur les navires de la marine nationale construits jusqu’à la fin des années 1980, l’amiante était utilisée de façon courante comme isolant pour calorifuger tant les tuyauteries que certaines parois et certains équipements de bord, de même que les réacteurs et moteurs des avions de l’aéronavale. Il résulte de l’instruction que les matériaux à base d’amiante présents sur les bâtiments de la Marine nationale avaient tendance à se déliter en
raison des contraintes physiques imposées à ces matériels, de la chaleur, du vieillissement du calorifugeage, ou de travaux divers d’entretien en mer ou au bassin. Ces éléments n’étant d’ailleurs pas contestés par le ministre en défense.
9. Il résulte de ce qui précède que l’État employeur doit être regardé comme ayant fait preuve, dans ces conditions, d’une carence fautive dans la mise en œuvre effective, obligation
qui lui incombait, des mesures de protection contre les poussières d’amiante auxquelles
M. B... a pu être exposé ce qui est établi par l’attestation d’exposition en date du 3 mai 2023. Cette carence est de nature à engager sa responsabilité, que l’administration a d’ailleurs reconnue par la proposition, à M. B..., d’un protocole transactionnel par courrier du 10 décembre 2024.
Sur l’indemnisation des préjudices :
En ce qui concerne le préjudice moral :
10. M. B..., estimant que son espérance de vie a été diminuée notablement du fait de l’absorption par ses poumons de poussières d’amiante pendant ses années d’activité professionnelle, soutient vivre dans un état d’anxiété.
11. Si M. B... n’a pas développé de pathologie asbestosique, il résulte de l’instruction qu’il est désormais admis, sur le plan scientifique, que l’inhalation de poussières d’amiante, sur une durée longue, peut, à plus ou moins long terme, et parfois vingt à trente ans après l’exposition, être la cause de cancers bronchiques mortels, les poussières d’amiante inhalées étant définitivement absorbées par les poumons sans que l’organisme puisse les éliminer. Cependant, ces éléments ne suffisent pas, à eux seuls, à établir le préjudice moral invoqué par l’intéressé. Il lui appartient donc d’apporter devant le juge des éléments complémentaires probants relatifs à sa situation personnelle.
12. A cet égard, il résulte de l’instruction, et plus particulièrement, de son attestation
d’exposition, que M. B..., ancien marin militaire, a été exposé au cours de sa carrière aux poussières d’amiante sur une période de 15 ans et 1 mois et dans les conditions exposées plus haut, de nature à lui faire craindre d’être exposé à une maladie grave. Dès lors, il subit, à ce titre, un préjudice moral. Par suite, il sera fait une juste appréciation des circonstances particulières de l’espèce en évaluant la réparation de ce préjudice à la somme de 9 500 euros.
En ce qui concerne les troubles dans les conditions d’existence :
13. En l’espèce, si M. B... soutient que ses projets de vie sont affectés par la certitude de souffrir d’une espérance de vie amoindrie et par la nécessité de s’astreindre à vie à un suivi médical spécifique et régulier, le seul élément qu’il verse au dossier, à savoir un compte rendu de scanner datant du 21 février 2023, ne permet pas, à lui seul, de démontrer qu’il serait effectivement astreint à un suivi médical d’une fréquence et d’un inconfort tels qu’il caractériserait à lui seul un trouble dans ses conditions d’existence. Par suite, M. B... n’est pas fondé à solliciter la réparation de ce préjudice.
Sur les intérêts et la capitalisation des intérêts :
14. M. B... a droit aux intérêts au taux légal sur la somme de 9 500 euros à compter du 21 janvier 2025, date de réception de son recours par la CRM, ainsi qu’il le sollicite. Les intérêts seront capitalisés à compter du 21 janvier 2026, date à laquelle une année d’intérêt était due, puis à chaque échéance annuelle à compter de cette date.
Sur les frais liés au litige :
15. Dans les circonstances de l’espèce, il y a lieu de mettre à la charge de l’État le versement à M. B... d’une somme de 1 000 euros au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
DÉCIDE :
Article 1er : L’État est condamné à verser à M. B... la somme de 9 500 euros en réparation de son préjudice moral d’anxiété avec intérêt au taux légal à compter du 21 janvier 2025 et de leur capitalisation à compter du 21 janvier 2026 puis à échéance annuelle.
Article 2 : L’État versera à M. B... la somme de 1 000 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le surplus des conclusions de M. B... est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. A... B... et à la ministre des armées et des anciens combattants.
Délibéré après l'audience du 17 septembre 2026, à laquelle siégeaient :
M. Lemoine, président,
M. Le Roux, premier conseiller,
Mme Le Berre, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 1er octobre 2026.
Le rapporteur,
signé
P. Le Roux
Le président,
signé
F. Lemoine
La greffière,
signé
P. Guéguen
La République mande et ordonne à la ministre des armées et des anciens combattants en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
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