Le Tribunal Administratif de Rennes a rejeté la requête de M. B... comme manifestement irrecevable. Le requérant contestait un arrêté préfectoral lui faisant obligation de quitter le territoire français, mais n'a pas produit l'intégralité de la décision attaquée malgré une demande de régularisation du tribunal. Cette absence de production, en méconnaissance de l'article R. 412-1 du code de justice administrative, a conduit au rejet de l'ensemble de ses conclusions, y compris celles relatives à l'aide juridictionnelle.
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 16 juillet 2025, M. A... B... demande au tribunal :
1°) d’annuler l’arrêté, qui lui a été notifié le 24 juin 2025, du préfet des Côtes-d’Armor en tant qu’il lui fait obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours ;
2°) d’enjoindre au préfet des Côtes-d’Armor de réexaminer sa situation administrative ou de lui délivrer un titre de séjour adapté ;
3°) de l’admettre au bénéfice de l’aide juridictionnelle en application des dispositions de l’article 39 de la loi du 10 juillet 1991.
Par un courrier du 6 août 2025, le tribunal a invité M. B... à régulariser sa requête dans un délai d’un mois, en produisant l’intégralité de la décision dont il demande l’annulation.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
Aux termes de l’article R. 222-1 du code de justice administrative : « (…) les présidents de formation de jugement des tribunaux (…) peuvent, par ordonnance : / (…)
4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n’est pas tenue d’inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens (…). ».
Aux termes de l’article R. 412-1 du code de justice administrative : « La requête doit, à peine d’irrecevabilité, être accompagnée, sauf impossibilité justifiée, de l’acte attaqué ou, dans le cas mentionné à l’article R. 421-2, de la pièce justifiant de la date de dépôt de la réclamation. / Cet acte ou cette pièce doit, à peine d’irrecevabilité, être accompagné d’une copie. ».
Par un courrier du 6 août 2025, le tribunal a invité M. B... à régulariser sa requête dans un délai d’un mois, en produisant l’intégralité de la décision dont il demande l’annulation. M. B... a accusé réception de cette demande le 8 août 2025. La requête n’a toutefois pas été régularisée dans le délai qui lui était imparti à cette fin.
Il suit de là que les conclusions à fin d’annulation de la requête sont manifestement irrecevables et doivent ainsi être rejetées sur le fondement des dispositions précitées du 4° de l’article R. 222-1 du code de justice administrative. Il en va de même, par voie de conséquence, des conclusions à fin d’injonction et même, en tout état de cause, de celles tendant à son admission au bénéfice de l’aide juridictionnelle sur le fondement de l’article 39 de la loi susvisée du 10 juillet 1991 relative à l’aide juridique.
O R D O N N E :
Article 1 : La requête de M. B... est rejetée.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A... B... et au préfet des Côtes-d’Armor.
Fait à Rennes, le 5 novembre 2025.
Le président de la 3ème chambre,
signé
P. Vennéguès
La République mande et ordonne au préfet des Côtes-d’Armor en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.