Le Tribunal Administratif de Rennes a rejeté comme manifestement irrecevable la requête de Mme B... dirigée contre un permis de construire modificatif délivré par le maire de l'Île-aux-Moines. La requérante n'a pas justifié avoir notifié son recours contentieux à la bénéficiaire du permis et à la commune dans le délai de quinze jours, comme l'exige l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme. Malgré une demande de régularisation notifiée via Télérecours et consultée par l'intéressée, celle-ci n'a pas produit la preuve requise. L'ordonnance se fonde sur le 4° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative pour rejeter la requête.
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 1er septembre 2025, Mme A... B... doit être regardée comme demandant au tribunal d'annuler l'arrêté du 21 mai 2025 par lequel le maire de la commune de l'Île-aux-Moines a accordé à Mme C... un permis de construire modificatif, ainsi que la décision du 5 juillet 2025 portant rejet de son recours gracieux.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : « (…) les présidents de formation de jugement des tribunaux (...) peuvent, par ordonnance : / (…) 4º Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu’elles n’ont pas été régularisées à l’expiration du délai imparti par une demande en ce sens ; (…) ». Aux termes de l’article R. 612-1 du même code : « Lorsque des conclusions sont entachées d’une irrecevabilité susceptible d’être couverte après l’expiration du délai de recours, la juridiction ne peut les rejeter en relevant d’office cette irrecevabilité qu’après avoir invité leur auteur à les régulariser. ». Aux termes de l’article R. 611-8-6 dudit code : « Les parties sont réputées avoir reçu la communication ou la notification à la date de première consultation du document qui leur a été adressé par voie électronique, certifiée par l'accusé de réception délivré par l'application informatique, ou, à défaut de consultation dans un délai de deux jours ouvrés à compter de la date de mise à disposition du document dans l'application, à l'issue de ce délai. (…). »
2. Aux termes de l’article R. 600-1 du code de l’urbanisme : « En cas de déféré du préfet ou de recours contentieux à l'encontre d'un certificat d'urbanisme, d'une décision de non-opposition à une déclaration préalable ou d'un permis de construire, d'aménager ou de démolir, le préfet ou l'auteur du recours est tenu, à peine d'irrecevabilité, de notifier son recours à l'auteur de la décision et au titulaire de l'autorisation. Cette notification doit également être effectuée dans les mêmes conditions en cas de demande tendant à l'annulation ou à la réformation d'une décision juridictionnelle concernant un certificat d'urbanisme, une décision de non-opposition à une déclaration préalable ou un permis de construire, d'aménager ou de démolir. L'auteur d'un recours administratif est également tenu de le notifier à peine d'irrecevabilité du recours contentieux qu'il pourrait intenter ultérieurement en cas de rejet du recours administratif. / La notification prévue au précédent alinéa doit intervenir par lettre recommandée avec accusé de réception, dans un délai de quinze jours francs à compter du dépôt du déféré ou du recours. (…) ».
3. En l’espèce, la requête de Mme B... n’était pas accompagnée de la preuve de ce que l’intéressée a réalisé la notification du recours contentieux à la bénéficiaire du permis de construire et à la commune de l'Île-aux-Moines conformément aux dispositions de l’article R. 600-1 du code de l’urbanisme citées ci-dessus. En dépit de la demande de régularisation qui lui a été adressée le 15 septembre 2025 par l’intermédiaire du téléservice Télérecours et qui a été lue le 26 octobre 2025 à 9 h 04 ainsi qu’en atteste l’accusé de réception délivré par l’application informatique, Mme B... n’a pas produit la preuve de notification dudit recours à l’expiration du délai de quinze jours qui lui était imparti.
4. Il résulte de ce qui précède que la requête de Mme B... est manifestement irrecevable et doit être rejetée en application des dispositions précitées du 4° de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme B... est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A... B....
Fait à Rennes, le 27 novembre 2025
Le président,
signé
L. Bouchardon
La République mande et ordonne au préfet du Morbihan en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.