mardi 23 septembre 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rennes |
| Section | Tribunal Administratif de Rennes |
| N° Dossier | TA35-2506396 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
Vu la procédure suivante :
Par un déféré présenté sur le fondement des dispositions de l'article L. 554-3 du code de justice administrative, enregistré le 22 septembre 2025 à 16h41, le préfet d'Ille-et-Vilaine demande au juge des référés :
1°) de suspendre la décision de la commune de Rennes de pavoiser le parvis de l'hôtel de ville d'un drapeau palestinien ;
2°) d'enjoindre à la maire de la commune de Rennes de retirer le drapeau palestinien du parvis de l'hôtel de ville sans délai à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir et à défaut pour la commune de déférer à cette injonction, de l'autoriser à faire procéder d'office à son exécution et, en cas de besoin, de requérir le concours de la force publique à expiration du délai.
Il soutient que :
- le pavoisement de la façade de l'hôtel de ville avec le drapeau palestinien révèle une décision administrative susceptible d'être déféré au juge administratif ;
- il n'est pas établi que la maire de Rennes a reçu délégation du conseil municipal pour pavoiser l'hôtel de ville avec le drapeau palestinien, alors qu'une telle décision n'est pas un acte d'administration et relève de la compétence du conseil municipal ;
- la commune de Rennes a méconnu le principe de neutralité des services publics en apposant le drapeau palestinien sur la façade de l'hôtel de ville, un tel pavoisement constituant une prise de partie dans un conflit international alors qu'il s'agit d'une compétence exclusive de l'État ;
- le pavoisement des édifices publics aux couleurs de ce drapeau constitue une ingérence contraire à la loi, alors même que l'État palestinien aurait été reconnu.
Par un mémoire en défense, enregistré le 23 septembre 2025, la commune de Rennes conclut à ce que le tribunal constate qu'il n'y a plus lieu de statuer sur la requête.
Elle soutient que :
- les conclusions de la requête n'ont plus d'objet dès lors que le drapeau palestinien ne figure plus sur le fronton de l'hôtel de ville de Rennes ce mardi 23 septembre 2025 ;
- le drapeau palestinien a été apposé sur le fronton de l'hôtel de ville, le 22 septembre 2025, en écho à la déclaration du président de la République annonçant la reconnaissance par la France de l'État de Palestine, et a été retiré de ce même fronton, dès le lundi 22 septembre 2025 dans la soirée, à l'issue du discours du Président de la République devant l'Assemblée générale des Nations-Unies ;
- seuls subsistent ce jour sur le fronton de l'hôtel de ville les drapeaux français, européen, breton et le drapeau des sourds, à l'occasion de la journée mondiale des sourds qui fait l'objet d'actions de sensibilisation du 20 au 26 septembre 2025.
Vu :
- la requête n° 2506399 enregistrée le 22 septembre 2025 par laquelle le préfet d'Ille-et-Vilaine demande l'annulation de la décision de la commune de Rennes de pavoiser le parvis de l'hôtel de ville avec un drapeau palestinien ;
-les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a décidé que la nature de l'affaire justifiait qu'elle soit jugée, en application du troisième alinéa de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, par une formation composée de trois juges de référés et a désigné M. Tronel, vice-président, Mme Thalabard, première conseillère et M. Bouju, premier conseiller, pour statuer sur ce déféré.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 23 septembre 2025 à 11h00, tenue en présence de Mme Bruézière, greffière de l'audience :
- le rapport de Mme Thalabard,
- les observations de M. C, représentant le préfet d'Ille-et-Vilaine, qui maintient les conclusions de la requête, en soutenant que la décision litigieuse révèle une volonté de la maire de la commune de Rennes de pouvoir pavoiser librement le fronton de l'hôtel de ville du drapeau palestinien, à tout moment.
La commune de Rennes n'était ni présente, ni représentée.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. En application du premier alinéa de l'article L. 2131-6 du code général des collectivités territoriales, le représentant de l'État dans le département défère au tribunal administratif les actes mentionnés à l'article L. 2131-2 qu'il estime contraires à la légalité dans les deux mois suivant leur transmission. Aux termes du troisième alinéa de cet article, reproduit à l'article L. 554-1 du code de justice administrative : " Le représentant de l'Etat peut assortir son recours d'une demande de suspension. Il est fait droit à cette demande si l'un des moyens invoqués paraît, en l'état de l'instruction, propre à créer un doute sérieux quant à la légalité de l'acte attaqué. Il est statué dans un délai d'un mois ". Son cinquième alinéa, repris à l'article L. 554-3 du code de justice administrative, ajoute que : " Lorsque l'acte attaqué est de nature à compromettre l'exercice d'une liberté publique ou individuelle, ou à porter gravement atteinte aux principes de laïcité et de neutralité des services publics, le président du tribunal administratif ou le magistrat délégué à cet effet en prononce la suspension dans les quarante-huit heures. () ".
2. Le préfet d'Ille-et-Vilaine, qui a constaté par la lecture de la presse régionale que le drapeau palestinien a été hissé sur le fronton de l'hôtel de ville de Rennes, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 554-3 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution de la décision de la commune, révélée par ce pavoisement, et d'enjoindre au maire de procéder au retrait de ce drapeau sans délai.
3. D'une part, l'usage par le juge des référés des pouvoirs qu'il tient des dispositions de l'avant-dernier alinéa de l'article L. 2131-6 du code général des collectivités territoriales est seulement subordonné à la condition que l'acte dont la suspension est demandée par le préfet soit de nature à compromettre l'exercice d'une liberté publique ou individuelle ou à porter gravement atteinte aux principes de laïcité et de neutralité des services publics, cette condition constituant une condition de fond.
4. D'autre part, le pavoisement des bâtiments communaux n'est régi par aucune disposition législative ou réglementaire et relève des seuls usages républicains. Toutefois, le principe de neutralité des services publics s'oppose à ce que soient apposés sur les édifices publics des signes symbolisant la revendication d'opinions politiques, religieuses ou philosophiques.
5. La commune de Rennes fait valoir que le drapeau palestinien n'a été apposé sur le fronton de l'hôtel de Ville que pour la journée du lundi 22 septembre 2025, dans le contexte de la reconnaissance par la France de l'État de Palestine. A l'issue du discours du président de la République française devant l'Assemblée générale des Nations unies et postérieurement à l'introduction du déféré préfectoral, le drapeau en cause a donc été retiré du fronton de l'hôtel de ville. La décision litigieuse ayant ainsi épuisé ses effets, les conclusions présentées par le préfet d'Ille-et-Vilaine aux fins de suspension et d'injonction sont devenues sans objet. Il n'y a, dès lors, pas lieu d'y statuer.
ORDONNE :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions présentées par le préfet d'Ille-et-Vilaine sur le fondement de l'article L. 554-3 du code de justice administrative.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à la commune de Rennes et au ministre de l'intérieur.
Une copie de la présente ordonnance sera transmise, pour information, au préfet d'Ille-et-Vilaine.
Délibéré à l'issue de l'audience du 23 septembre 2025, à laquelle siégeaient :
M. Nicolas Tronel, vice-président du tribunal, présidant,
Mme Marie Thalabard, première conseillère, juge des référés,
M. David Bouju, premier conseiller, juge des référés.
Fait à Rennes, le 23 septembre 2025 à 13h00.
Le juge des référés, présidant,
Signé
N. Tronel
La République mande et ordonne au premier ministre en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026