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AccueilJurisprudence administrativeN° TA35-2506874

Tribunal Administratif de Rennes — Décision N° TA35-2506874

mardi 14 octobre 2025

JuridictionTribunal Administratif de Rennes
SectionTribunal Administratif de Rennes
N° DossierTA35-2506874
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Rennes, statuant en référé, a rejeté la requête de Mme A... qui demandait un délai de grâce de 12 mois pour son expulsion d'un centre d'accueil pour demandeurs d’asile. La requérante fondait sa demande sur l'article L. 412-3 du code des procédures civiles d'exécution, qui relève du juge judiciaire et non du juge administratif. De plus, Mme A... n'a pas saisi le juge des référés sur le fondement des procédures d'urgence prévues aux articles L. 521-1, L. 521-2 ou L. 521-3 du code de justice administrative. La requête a donc été jugée manifestement irrecevable et rejetée en application de l'article L. 522-3 du même code.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 14 octobre 2025, Mme B... A... demande au « juge de l’exécution » de lui accorder un délai de grâce dans le cadre de l’exécution de la procédure d’expulsion concernant un logement qui relève du centre d’accueil pour demandeurs d’asile situé 30 résidence Roz Glaz – 13 rue de Pont-Aven à Mellac (29300).


Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.


Le président du tribunal a désigné M. Bouju, premier conseiller, pour statuer sur les demandes de référé.


Considérant ce qui suit :

D’une part, aux termes de l’article L. 521-1 du code de justice administrative : « Quand une décision administrative, même de rejet, fait l’objet d’une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d’une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l’exécution de cette décision ou de certains de ces effets, lorsque l’urgence le justifie et qu’il est fait état d’un moyen propre à créer, en l’état de l’instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision (…) ». Aux termes de son article L. 521-2 : « Saisi d’une demande en ce sens justifiée par l’urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d’une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d’un service public aurait porté, dans l’exercice d’un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures ». Aux termes de son article L. 521-3 : « En cas d’urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l’absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l’exécution d’aucune décision ».
D’autre part, aux termes de l’article R. 522-1 du code de justice administrative : « La requête visant au prononcé de mesures d’urgence doit contenir l’exposé au moins sommaire des faits et moyens et justifier de l’urgence de l’affaire. / A peine d’irrecevabilité, les conclusions tendant à la suspension d’une décision administrative ou de certains de ses effets doivent être présentées par requête distincte de la requête à fin d’annulation ou de réformation et accompagnées d’une copie de cette dernière ».

En vertu de l’article L. 522-3 du code de justice administrative, le juge des référés peut rejeter une requête par une ordonnance motivée, sans instruction contradictoire ni audience publique, lorsque la demande ne présente pas un caractère d’urgence ou lorsqu’il est manifeste qu’elle ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu’elle est irrecevable ou qu’elle est mal fondée.

Mme A..., qui a déposé sa requête par l’intermédiaire de l’application « Télérecours citoyen » en cochant le carré vert correspondant aux procédures de référé, demande que lui soit accordé un délai de grâce de 12 mois dans la cadre de la procédure d’expulsion concernant un logement du centre d’accueil pour demandeur d’asile situé 30 résidence Roz Glas à Mellac dans le Finistère. Elle fonde cette demande sur l’article L. 412-3 du code des procédures civiles d’exécution qui concerne exclusivement les expulsions ordonnées par le juge judiciaire et qui ne relève manifestement pas des pouvoirs du juge des référés du tribunal administratif.

En outre, alors qu’il existe, devant le tribunal administratif, différents types de référés ayant des finalités distinctes, même motivés par l’urgence, et régis par des procédures distinctes, conformément aux dispositions du titre II du livre V du code de justice administrative, et notamment de ses articles L. 521-1, L. 521-2 et L. 521-3, Mme A... n’a pas saisi le juge des référés du tribunal administratif sur le fondement d’un de ces procédures.

Par suite, la présente requête en référé de Mme A... est manifestement irrecevable et doit être rejetée par application de la procédure prévue à l’article L. 522-3 du code de justice administrative.


O R D O N N E :

Article 1er : La requête de Mme A... est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A....


Fait à Rennes, le 14 octobre 2025.

Le juge des référés,


Signé


D. Bouju

La République mande et ordonne au préfet du Finistère en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.

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