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AccueilJurisprudence administrativeN° TA35-2507804

Tribunal Administratif de Rennes — Décision N° TA35-2507804

jeudi 11 décembre 2025

JuridictionTribunal Administratif de Rennes
SectionTribunal Administratif de Rennes
N° DossierTA35-2507804
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Avocat requérantBLEVIN

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Rennes, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la décision du préfet des Côtes-d’Armor invalidant l’épreuve théorique du permis de conduire de M. B... A... pour fraude. Le juge a estimé que l’urgence n’était pas suffisamment établie et qu’aucun des moyens soulevés ne créait de doute sérieux sur la légalité de la décision, notamment en raison de l’existence d’indices concordants de fraude et de la compétence du signataire. La requête a été rejetée sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 21 novembre et 9 décembre 2025, M. D... B... A..., représenté par Me Blevin, demande au juge des référés :

1°) de suspendre, en application de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, l’exécution de la décision du préfet des Côtes-d’Armor du 23 septembre 2025 portant invalidation de son épreuve théorique générale du permis de conduire obtenue le 19 avril 2022 ;

2°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 2 000 € en application de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- l’urgence est caractérisée, dès lors que la décision contestée a pour effet le retrait de son permis de conduire, nécessaire pour son activité professionnelle ;
- il existe un doute sérieux sur la légalité de la décision contestée :
* elle est entachée d’un vice d’incompétence,
* la fraude n’est pas établie.

Par un mémoire en défense, enregistré le 8 décembre 2025, le préfet des Côtes-d’Armor conclut au rejet de la requête.

Il soutient que l’urgence n’est pas établie et qu’aucun des moyens soulevés n’est fondé.


Vu :
la requête au fond n° 2507192 ;
les autres pièces du dossier.


Vu :
- le code de la route ;
- le code de justice administrative.


Le président du tribunal a désigné M. Tronel, président, pour statuer sur les demandes de référé.


Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.

Ont été entendus au cours de l’audience publique du 9 décembre 2025 :
- le rapport de M. Tronel ;
- les observations de Me Blevin, représentant M. B... A..., qui conclut aux mêmes fins que sa requête, par les mêmes moyens ;
- les explications de M. B... A..., qui rappelle les conditions de déroulement de l’examen ;
- les observations de M C..., représentant le préfet des Côtes-d’Armor, qui persiste dans ses conclusions écrites, par les mêmes arguments, et fait notamment valoir que :


La clôture de l’instruction a été prononcée à l’issue de l’audience.

Considérant ce qui suit :


Aucun des moyens invoqués par M. B... A... à l’appui de sa demande de suspension ne paraissent, en l’état de l’instruction, propres à créer un doute sérieux sur la légalité de la décision attaquée. En particulier :

- le directeur départemental des territoires de la mer, signataire de la décision attaquée, dispose d’une délégation de signature à cet effet par arrêté du 14 novembre 2024 du préfet des Côtes-d’Armor, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture ;

- compte tenu des indices concordants, tirés du retrait d’agrément accordé à France Code en qualité d’organisateur de l’épreuve théorique générale du permis de conduire, qui avait fait passer l’épreuve à M. B... A..., des faits de fraude au sein du centre de Saint-Brieuc où M. B... A... était inscrit et faisant l’objet d’une procédure pénale et enfin, du manque de maîtrise de la langue française de l’intéressé à la date de l’épreuve, le préfet justifie suffisamment de l’existence d’une fraude.

Il résulte de ce qui précède que l’une des conditions auxquelles les dispositions de l’article L. 521-1 du code de justice administrative subordonnent la suspension d’une décision administrative n’est pas remplie. La requête de M. B... A... doit, par suite, être rejetée, y compris les conclusions présentées au titre des frais liés au litige.


O R D O N N E :


Article 1er : La requête de M. B... A... est rejetée.


Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée M. D... B... A... et au ministre de l’intérieur.

Copie en sera transmise pour information au préfet des Côtes-d’Armor.


Fait à Rennes, le 11 décembre 2025.


Le juge des référés,


signé


N. TronelLa greffière d’audience,


signé


E. Ramillet

La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.

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