Le Tribunal Administratif de Rennes a rejeté la requête de M. B... contestant son assignation à résidence par le préfet du Finistère. Le juge a écarté les moyens d’incompétence du signataire, d’insuffisance de motivation et d’illégalité par voie de conséquence de l’arrêté de transfert vers la Bulgarie. Il a estimé que l’assignation était légalement fondée sur l’article L. 751-2 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile, l’arrêté de transfert du 24 décembre 2025 étant toujours exécutable. La solution retenue est le rejet de la demande d’annulation et des frais de justice.
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 5 janvier 2026, M. F... B..., représenté par Me Béguin, demande au tribunal :
1°) de l’admettre au bénéfice de l’aide juridictionnelle à titre provisoire ;
2°) d’annuler l’arrêté du 31 décembre 2025 par lequel le préfet du Finistère l’a assigné à résidence ;
3°) de mettre à la charge de l’État une somme de 2 000 euros sur le fondement de l’article L. 761-1 du code de justice administrative et de l’article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- l’arrêté portant assignation à résidence a été signé par une autorité incompétente ;
- il est insuffisamment motivé ;
- l’arrêté d’assignation à résidence est illégal en raison de l’illégalité de l’arrêté portant transfert aux autorités bulgares ;
- il méconnaît l’article L. 731-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le code des relations entre le public et l’administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Gosselin, magistrat honoraire, pour exercer ses fonctions en application de l’article L. 222-2-1 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.
Ont été entendus au cours de l’audience publique :
- le rapport de M. Gosselin,
- les observations de Me Béguin, représentant M. B..., absent, qui reprend ses écritures et insiste sur le fait qu’il n’y a plus de perspective d’éloignement,
- les observations de M. A..., représentant le préfet du Finistère, qui conclut au rejet de la requête.
La clôture de l’instruction a été prononcée à l’issue de l’audience, en application de l’article R. 922-16 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile.
Considérant ce qui suit :
Sur l’aide juridictionnelle :
1. M. B... justifiant avoir introduit une demande devant le bureau d’aide juridictionnelle, il y a lieu de l’admettre au bénéfice de l’aide juridictionnelle à titre provisoire.
Sur la légalité de l’arrêté portant assignation à résidence :
2. Le préfet du Finistère a donné délégation, selon arrêté du 5 novembre 2025, dûment publié au recueil des actes administratifs de la préfecture, à Mme D... C..., cheffe du bureau asile et éloignement et signataire de l’arrêté attaqué, aux fins de signer, en cas d’absence ou d’empêchement de M. E..., chef du service de l’immigration et de l’intégration notamment, les décisions portant assignation à résidence. Par suite, le moyen tiré de l’incompétence de l’auteur de l’arrêté attaqué doit être écarté.
3. L’arrêté vise ou cite les articles L. 751-2, L. 733-1, L. 733-2, L. 733-3, L. 733-4 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile dont le préfet a fait application et mentionne la situation administrative et personnelle de l’intéressé, notamment l’arrêté de transfert aux autorités bulgares dont il fait l’objet et la perspective raisonnable de son départ. Le préfet indique également les modalités de l’assignation et du pointage. L’arrêté comporte ainsi les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Le moyen tiré de l’insuffisance de la motivation doit donc être écarté.
4. Il ressort des pièces du dossier que, par jugement du 6 janvier 2026, le magistrat désigné par le président du tribunal de Rennes a rejeté la requête de M. B... tendant à l’annulation de l’arrêté du 24 décembre 2025 portant transfert de l’intéressé aux autorités bulgares. L’intéressé n’est en conséquence pas fondé à soutenir que l’arrêté d’assignation à résidence serait illégal par voie de conséquence de l’illégalité de l’arrêté portant transfert aux autorités bulgares.
5. Aux termes de l’article L. 751-2 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile : « (…) / L’étranger faisant l’objet d’une décision de transfert peut également être assigné à résidence en application du présent article, même s’il n’était pas assigné à résidence lorsque la décision de transfert lui a été notifiée. (…) ».
6. Ainsi qu’il vient d’être dit, M. B... fait l’objet d’un arrêté du 24 décembre 2025 qui lui a été régulièrement notifié le même jour et qu’il a déféré en justice. Si M. B... soutient que le précédent arrêté du 5 juin 2025 n’était plus susceptible d’exécution, cette circonstance, à la supposer établie, est sans influence sur la légalité de l’arrêté attaqué qui est fondé non sur le premier arrêté mais sur l’arrêté du 24 décembre 2025. M. B... ne démontre pas que cet arrêté de transfert ne serait pas exécutable. Le moyen tiré de la méconnaissance de l’article L. 731-1 ou de l’article L. 751-2 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile doit être écarté.
7. Il résulte de tout ce qui précède que M. B... n’est pas fondé à demander l’annulation de l’arrêté du 31 décembre 2025 portant assignation à résidence.
Sur les frais liés au litige :
8. Les dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à l’octroi d’une somme au titre des frais exposés et non compris dans les dépens à la partie perdante. Par suite, il y a lieu de rejeter les conclusions de M. B... présentées sur ce fondement.
D É C I D E :
Article 1er : M. B... est admis, à titre provisoire, au bénéfice de l’aide juridictionnelle.
Article 2 : La requête de M. B... est rejetée.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. F... B... et au préfet du Finistère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 14 janvier 2026.
Le magistrat désigné,
signé
O. Gosselin
La greffière d’audience,
signé
A. Bruézière
La République mande et ordonne au préfet du Finistère en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.