lundi 26 septembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-1808305 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | D |
| Formation | Juge unique 4 |
| Avocat requérant | SCP ARBOR TOURNOUD & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires enregistrés les 28 décembre 2018, 27 avril 2021 et 26 mai 2021, Mme A B, représentée par la SELARL Arbor, Tournoud et associés, demande au tribunal :
1°) de prononcer la réduction de la cotisation de taxe foncière à laquelle elle a été assujettie au titre des années 2016 et 2017 dans les rôles de la commune de Grenoble à raison de deux appartements situés 21 Grande rue ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- cet appartement est imposé comme constituant deux locaux séparés alors qu'il n'est constitutif que d'une seule unité foncière ; le statut juridique sous lequel se place l'occupation est sans incidence sur la définition de l'unité d'évaluation selon le BOI-IFTFB-20-10-10-30 n°110 ;
- en acceptant de dégrever l'impôt sur les revenus au titre de ses revenus tirés de la sous-location de pièces de son habitation principale, l'administration fiscale a expressément admis que l'appartement est constitutif d'une seule unité foncière ;
- compte tenu de l'état d'entretien de l'immeuble et du lieu de situation tant général que particulier, il doit être substitué au correctif d'ensemble appliqué de 0,90 celui de 0,60 ;
- la surface pondérée imposable doit ainsi être fixée à 110 m² au lieu de 164 m² et la valeur locative 1970 à 636 euros.
Par des mémoires enregistrés les 3 avril 2019, 18 mai 2021 et 14 juin 2021, le directeur départemental des finances publiques de l'Isère conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens invoqués ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
M. Pfauwadel, vice-président, a lu son rapport à l'audience publique du 2 septembre 2022, les parties n'étant ni présentes ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B conteste la taxe foncière à laquelle elle a été assujettie au titre des années 2016 et 2017 dans les rôles de la commune de Grenoble (Isère) pour deux appartements situés 21 Grande rue, en soutenant d'une part que ceux-ci sont constitutifs d'une seule unité foncière et que les équivalences superficielles doivent être recalculées en conséquence, d'autre part que le correctif d'ensemble de 0,60 doit être substitué à celui de 0,90 qui a été appliqué, de sorte que la surface pondérée totale retenue de 164 m² soit réduite à 110 m².
Sur le nombre d'unités foncières :
2. Aux termes de l'article 1494 du code général des impôts : " La valeur locative des biens passibles de la taxe foncière sur les propriétés bâties, de la taxe d'habitation ou d'une taxe annexe établie sur les mêmes bases est déterminée, conformément aux règles définies par les articles 1495 à 1508, pour chaque propriété ou fraction de propriété normalement destinée à une utilisation distincte ". Aux termes de l'article 324 A de l'annexe III au même code : " Pour l'application de l'article 1494 du code général des impôts on entend : 1° Par propriété normalement destinée à une utilisation distincte : a. En ce qui concerne les biens autres que les établissements industriels l'ensemble des sols terrains et bâtiments qui font partie du même groupement topographique et sont normalement destinés à être utilisés par un même occupant en raison de leur agencement ; () 2° Par fraction de propriété normalement destinée à une utilisation distincte lorsqu'ils sont situés dans un immeuble collectif ou un ensemble immobilier : a. Le local normalement destiné à raison de son agencement à être utilisé par un même occupant ; () Est également considéré comme une fraction de propriété l'ensemble des sols terrains bâtiments et parties de bâtiment réservés à l'usage commun des occupants. L'immeuble collectif s'entend de toute propriété bâtie normalement aménagée pour recevoir au moins deux occupants. ". Il résulte de ces dispositions que la valeur locative des biens passibles de la taxe foncière sur les propriétés bâties et la taxe d'habitation est déterminée pour chaque propriété ou fraction de propriété normalement destinée à une utilisation distincte.
3. Aux termes de l'article 324 T III au du code général des impôts : " I. - La surface pondérée totale de la partie principale est obtenue en ajoutant à sa surface pondérée nette les surfaces représentatives des éléments d'équipement en état de fonctionnement. Ces équivalences superficielles sont déterminées conformément au barème suivant : Eau courante : 4 mètres carrés ; Gaz (en cas d'installation fixe) : 2 mètres carrés ; Electricité (par installation quelle que soit l'utilisation du courant) : 2 mètres carrés ; Installation sanitaire (éviers et w.-c. exclus) : Par baignoire : 5 mètres carrés ; Par receveur de douches ou bac à laver : 4 mètres carrés ; Par lavabo et autre appareil sanitaire : 3 mètres carrés ; W.-C. particulier (par unité) : 3 mètres carrés ; Egout (raccordement au réseau d') par local : 3 mètres carrés ; Vide-ordures (que celui-ci soit particulier au local ou commun à l'étage) : 3 mètres carrés ; Chauffage central, par pièce et annexe d'hygiène (que l'installation soit particulière au local ou commune aux différents locaux de l'immeuble) : 2 mètres carrés. () ".
4. Mme B a souscrit le 9 juillet 2008 des déclarations H2 selon lesquelles son bien est composé d'un appartement de 77 m² comprenant une cuisine, une salle à manger, deux chambres et une salle d'eau et d'un appartement de 38 m² comprenant une cuisine, une salle à manger, une chambre et une salle d'eau, ce dernier logement étant loué à un tiers assujetti à la taxe d'habitation. Si Mme B fait valoir que les deux logements ont un seul accès à partir des parties communes, il ressort du plan des lieux qu'elle a établi que la porte palière donne accès à un espace fermé de faibles dimensions qualifié d'entrée commune sur ce plan, dans lequel s'ouvrent les deux portes d'entrées des appartements. Il résulte de cet agencement que les appartements constituent des unités d'habitation distinctes, alors même que la boîte aux lettres et les compteurs d'eau et d'électricité seraient communs.
5. La requérante ne peut utilement se prévaloir de ce qu'elle a bénéficié le 27 février 2017 d'un dégrèvement d'impôt sur le revenu au titre de l'année 2015 après avoir fait valoir que l'appartement loué était inclus dans son habitation principale, dès lors que ce dégrèvement non motivé porte sur un autre impôt.
Sur le correctif d'ensemble :
6. Aux termes de l'article 1388 du code général des impôts : " La taxe foncière sur les propriétés bâties est établie d'après la valeur locative cadastrale de ces propriétés déterminée conformément aux principes définis par les articles 1494 à 1508 et 1516 à 1518 B () ". Aux termes de l'article 1495 du même code, dans sa rédaction alors applicable : " Chaque propriété ou fraction de propriété est appréciée d'après sa consistance, son affectation, sa situation et son état, à la date de l'évaluation ". Aux termes de l'article 324 P de l'annexe III au même code : " La surface pondérée comparative de la partie principale augmentée, le cas échéant, en ce qui concerne la maison, de la surface pondérée brute des éléments visés au b du I de l'article 324 L, est affectée d'un correctif d'ensemble destiné à tenir compte, d'une part, de l'état d'entretien de la partie principale en cause, d'autre part, de sa situation. Ce correctif est égal à la somme algébrique des coefficients définis aux articles 324 Q et 324 R. La surface pondérée nette ainsi obtenue est arrondie au mètre carré inférieur. ".
7. En premier lieu, en vertu du barème figurant à l'article 324 Q, le coefficient de 1,10 correspond à un état d'entretien " assez bon - construction n'ayant besoin que de petites réparations ", celui de 1 à un état d'entretien " passable - construction présentant, malgré un entretien régulier, des défauts permanents dus à la vétusté, sans que ceux-ci compromettent les conditions élémentaires d'habitabilité ", celui de 0,90 à un état d'entretien " médiocre - construction ayant besoin de réparations d'une certaine importance, encore que localisées " et coefficient de 0,80 à un état d'entretien " mauvais - construction ayant besoin de grosses réparations dans toutes ses parties ".
8. Pour l'appréciation du coefficient d'entretien d'un immeuble à la date de l'imposition, doivent notamment être pris en compte les travaux envisagés dont la nécessité est attestée, dès lors que leur nature et leur montant révèlent le besoin de réparation de la construction.
9. En se bornant à soutenir que l'immeuble date de 1763 et à produire des photographies extérieures qui ne font pas apparaître de dégradations de l'immeuble, la requérante n'établit pas que l'état d'entretien de l'immeuble est mauvais et nécessite de grosses réparations, justifiant la substitution du coefficient de 0,80 à celui retenu de 0,90.
10. En second lieu, aux termes de l'article 324 R de l'annexe III au code général des impôts : " Le coefficient de situation est égal à la somme algébrique de deux coefficients destinés à traduire, le premier, la situation générale dans la commune, le second, l'emplacement particulier ". En vertu du barème prévu par cet article, un coefficient de situation de 0 correspond à une " situation ordinaire, n'offrant ni avantages ni inconvénients ou dont les uns et les autres se compensent ", un coefficient de -0,05 correspond à une " situation médiocre, présentant des inconvénients notoires en partie compensés par certains avantages " et un coefficient de -0,10 correspond à une " situation mauvaise, présentant des inconvénients notoires sans avantages particuliers ".
11. Les avantages de la situation en centre ville du bien de Mme B compensant les inconvénients liés à celle-ci, c'est à juste titre que le coefficient de situation générale a été fixé à 0. De même, les nuisances liées au caractère commerçant et piétonnier du quartier commerçant où le bien est situé sont compensées par la réduction des nuisances de tous ordres causées par la circulation automobile. Si la requérante soutient que l'éclairement de son bien est insuffisant dans la mesure où il est au premier étage, il ne résulte pas de l'instruction que la luminosité soit particulièrement faible en raison d'une étroitesse de la rue ou d'une grande hauteur des immeubles l'entourant. En revanche, les nuisances sonores nocturnes résultant de la localisation de ce bien face à une discothèque justifient que le coefficient de situation particulière de -0,05 soit substitué à celui de 0, alors même qu'une partie des fenêtres ouvrent sur une cour intérieure.
12. Il résulte de tout ce qui précède que la requérante est seulement fondée à demander que le correctif d'ensemble affectant la surface pondérée de son bien soit fixé à 0,85 et à obtenir la réduction correspondante des cotisations de taxe foncière mises à sa charge au titre des années 2016 et 2017.
Sur les frais liés au litige :
13. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat une somme de 750 euros au titre des frais exposés par Mme B et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : Le correctif d'ensemble appliqué à la surface pondérée des appartements appartenant à Mme B situés 21 grande rue à Grenoble est fixé à 0,85.
Article 2 : Mme B est déchargée de la différence entre les cotisations de taxe foncière mises à sa charge au titre des années 2016 et 2017 et celles résultant de l'application de l'article 1er.
Article 3 : L'Etat versera à Mme B une somme de 750 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et au directeur départemental des finances publiques de l'Isère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 septembre 2022.
Le magistrat désigné,
T. PfauwadelLa greffière,
C. Billon
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaire de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
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Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026