jeudi 29 septembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2005857 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 4ème Chambre |
| Avocat requérant | SCP ARBOR TOURNOUD & ASSOCIES |
Vu les procédures suivantes :
I. Par une requête enregistrée le 2 octobre 2020 sous le n°2005857 et un mémoire enregistré le 17 mai 2021, M. A B, représenté par la SELARL Arbor, Tournoud et associés, demande au tribunal :
1°) de le décharger des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et prélèvement sociaux, majorés et augmentés d'intérêts de retard, auxquels il a été assujetti au titre des années 2012 et 2013 ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- les créances mises en recouvrement par l'administration fiscale sont prescrites dans la mesure où le service, qui avait en sa possession des éléments suffisants pour lui permettre d'établir, dans le délai de reprise de droit commun, ses prétendues insuffisances et omissions déclaratives, ne peut se prévaloir du délai de prescription de 10 ans institué par l'article L. 170 du livre des procédures fiscales ;
- la société Net Sécurité n'ayant pas opté pour un assujettissement à l'impôt sur les sociétés, les revenus qu'il en a perçus ne peuvent être regardés comme des revenus distribués au sens du c) de l'article 111 du code général des impôts imposables dans la catégorie des revenus de capitaux mobiliers.
Par deux mémoires, enregistrés le 25 février 2021 et le 25 mai 2021, le directeur départemental des finances publiques de l'Isère conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- la requête de M. B est irrecevable car tardive ;
- subsidiairement, l'exception de prescription invoquée par le requérant n'est pas fondée ;
- la société Net Sécurité n'ayant effectivement pas opté pour un assujettissement à l'impôt sur les sociétés, la somme perçue par le requérant au titre d'un prétendu prêt n'est pas imposable dans la catégorie des revenus de capitaux mobiliers mais peut l'être, par substitution de base légale, dans celle des bénéfices non commerciaux.
Le mémoire présenté par M. B, enregistré le 22 juillet 2021 après clôture de l'instruction intervenue le 5 juillet 2021 en application d'une ordonnance du 3 mai 2021, n'a pas été communiqué.
II. Par une réclamation du 12 décembre 2020 notifiée au directeur départemental des finances publiques de l'Isère, transmise par ce dernier au tribunal par application de l'article R. 199-1 du livre des procédures fiscales, et par un mémoire enregistré le 17 mai 2021, M. A B, représenté par la SELARL Arbor, Tournoud et associés, demande au tribunal :
1°) de le décharger des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et prélèvement sociaux, majorés et augmentés d'intérêts de retard, auxquels il a été assujetti au titre des années 2012 et 2013 ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- les créances mises en recouvrement par l'administration fiscale sont prescrites dans la mesure où le service, qui avait en sa possession des éléments suffisants pour lui permettre d'établir, dans le délai de reprise de droit commun, ses prétendues insuffisances et omissions déclaratives, ne peut se prévaloir du délai de prescription de 10 ans institué par l'article L. 170 du livre des procédures fiscales ;
- la société Net Sécurité n'ayant pas opté pour un assujettissement à l'impôt sur les sociétés, les revenus qu'il en a perçus ne peuvent être regardés comme des revenus distribués au sens du c) de l'article 111 du code général des impôts imposables dans la catégorie des revenus de capitaux mobiliers.
Par deux mémoires, enregistrés le 25 février 2021 et le 25 mai 2021, le directeur départemental des finances publiques de l'Isère conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- l'exception de prescription invoquée par le requérant n'est pas fondée ;
- la société Net Sécurité n'ayant effectivement pas opté pour un assujettissement à l'impôt sur les sociétés, la somme perçue par le requérant au titre d'un prétendu prêt n'est pas imposable dans la catégorie des revenus de capitaux mobiliers mais peut l'être, par substitution de base légale, dans celle des bénéfices non commerciaux.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Permingeat, premier conseiller ;
- et les conclusions de M. Journé, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. A l'occasion d'un contrôle sur pièces ayant porté sur les revenus perçus par M. B en 2012 et 2013, l'administration fiscale, sur la base d'informations reçues du Procureur général près la Cour d'appel de Grenoble dans le cadre d'une instance pénale ouverte contre le frère de l'intéressé, a mis à jour des traitements et salaires non déclarés, pour un montant de 23 870 euros en 2012 et 23 800 euros en 2013, ainsi qu'un prêt de 14 000 euros non remboursé consenti à l'intéressé par son employeur, la société Net Sécurité. M. B a été assujetti, en conséquence, à des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et prélèvements sociaux, majorés et augmentés d'intérêts de retard. Dans les présentes instances, il en demande la décharge.
2. Les requêtes n°2005857 et 2101304 sont relatives à la même imposition. Il y a lieu de les joindre pour statuer par un même jugement.
Sur les conclusions présentées dans l'instance n°2005857 :
3. Aux termes de l'article R. 199-1 du livre des procédures fiscales : " L'action doit être introduite devant le tribunal compétent dans le délai de deux mois à partir du jour de la réception de l'avis par lequel l'administration notifie au contribuable la décision prise sur la réclamation () ".
4. Il résulte de l'instruction que l'administration fiscale a, par courrier du 31 juillet 2018, rejeté la réclamation préalable de M. B portant demande de dégrèvement des impositions en litige. Ce refus a été notifié au requérant en recommandé avec accusé de réception le 3 août 2018. Pourtant dument avisé, l'intéressé n'a pas retiré le pli correspondant qui a finalement été retourné au service. Par suite, le délai de recours contentieux de deux mois dont M. B disposait par application des dispositions précitées pour contester ces impositions a commencé à courir le 3 août 2018 pour expirer le 4 octobre suivant. Il s'ensuit que la requête n°2005857, enregistrée le 2 octobre 2020, est tardive et, par suite, irrecevable. Elle doit donc être rejetée.
Sur les conclusions présentées dans l'instance n°2101304 :
En ce qui concerne le bien-fondé des impositions en litige :
5. Aux termes de l'article L. 169 du livre des procédures fiscales, dans sa version applicable à la date de mise en recouvrement des impositions en litige : " Pour l'impôt sur le revenu (), le droit de reprise de l'administration des impôts s'exerce jusqu'à la fin de la troisième année qui suit celle au titre de laquelle l'imposition est due ". Aux termes de l'article L. 188C du même code : " Même si les délais de reprise sont écoulés, les omissions ou insuffisances d'imposition révélées par une procédure judiciaire, par une procédure devant les juridictions administratives ou par une réclamation contentieuse peuvent être réparées par l'administration des impôts jusqu'à la fin de l'année suivant celle de la décision qui a clos la procédure et, au plus tard, jusqu'à la fin de la dixième année qui suit celle au titre de laquelle l'imposition est due ".
6. Pour l'application des dispositions citées au point précédent, l'appréciation de l'existence d'omissions ou d'insuffisances révélées par une instance doit tenir compte non seulement des renseignements recueillis par l'administration fiscale avant la saisine des autorités judiciaires, mais aussi de la possibilité pour elle, à partir de ces seuls renseignements, de mettre en œuvre les procédures d'investigation dont elle dispose pour établir, dans le délai normal de reprise, les insuffisances ou omissions d'imposition.
7. Il résulte de l'instruction que les seules informations en possession de l'administration fiscale, avant exercice de son droit de communication auprès de l'autorité judiciaire dans le cadre de l'instance pénale ouverte contre le frère du requérant, consistaient dans le montant total des salaires versés par la société Net Sécurité à ses employés sans détail de l'identité des bénéficiaires alors que cette entreprise comptait plusieurs salariés. Les déclarations complémentaires effectuées par la société Net Sécurité dont M. B se prévaut ont en effet été effectuées non auprès de l'administration fiscale, mais de l'URSSAF. De tels éléments ne permettant aucune comparaison entre les déclarations du requérant et celles de son employeur, toute identification, dans le délai de reprise de droit commun, des insuffisances et omissions entachant les déclarations de l'intéressé concernant les salaires que lui avait versés la société Net Sécurité en 2012 et 2013 était impossible. M. B n'est dès lors pas fondé à soutenir que, faute d'applicabilité du délai spécial institué par les dispositions précitées, les créances détenues par l'administration fiscales à son encontre étaient, à la date de leur mise en recouvrement, prescrites.
8. Aux termes de l'article 108 du code général des impôts : " Les dispositions des articles 109 à 117 fixent les règles suivant lesquelles sont déterminés les revenus distribués par : 1° Les personnes morales passibles de l'impôt prévu au chapitre II du présent titre ; / 2° Les personnes morales () qui se sont volontairement placées sous le même régime fiscal en exerçant l'option prévue au 3 de l'article 206 ".
9. En l'espèce, il est constant que la société unipersonnelle à responsabilité limitée Net Sécurité n'a pas exercée l'option prévue par les dispositions citées au point précédent. Par suite, le prétendu prêt de 14 000 euros consenti à M. B ne peut être réputé lui avoir été distribué en application du c) de l'article 111 du code général des impôts et imposé, à ce titre, dans la catégorie des revenus de capitaux mobiliers.
10. L'administration fiscale fait valoir que la somme en cause peut être imposée dans la catégorie des bénéfices non commerciaux sur le fondement de l'article 92 du code général des impôts dont elle demande la substitution dans la présente instance.
11. S'agissant toutefois des cotisations supplémentaires d'impôt assises sur cette somme, une telle substitution de base légale ne peut être admise dans la mesure où la commission départementale des impôts instituée par l'article L. 59 A du livre des procédures fiscales, qui n'est pas compétente pour connaître des litiges relatifs à des revenus imposés dans la catégorie des capitaux mobiliers, l'est en revanche à l'égard de ceux qui concernent des revenus imposés dans la catégorie des bénéfices non commerciaux. Par suite, la substitution de base légale sollicitée, qui aurait pour effet de priver M. B de la garantie que constitue la possibilité de saisir cette commission, doit être écartée.
12. Dans la mesure, en revanche, où elle ne prive M. B d'aucune garantie, elle peut être admise s'agissant des prélèvements sociaux assis sur cette même somme.
13. Il résulte de ce qui précède que M. B est seulement fondé à demander la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu mises à sa charge au titre de l'année 2013 et assises sur le prétendu prêt de 14 000 euros consenti par son employeur outre majoration et intérêts de retard.
En ce qui concerne les frais d'instance :
14. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : M. B est déchargé des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu auxquelles il a été assujetti en 2013 au titre du prétendu prêt de 14 000 euros consenti par son employeur ainsi que de la majoration et des intérêts de retard correspondants.
Article 2 : L'Etat versera à M. B la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le surplus des conclusions des requêtes de M. B est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au directeur départemental des finances publiques de l'Isère.
Délibéré après l'audience du 15 septembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Pfauwadel, président,
Mme Permingeat, premier conseiller,
Mme Coutarel, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 29 septembre 2022.
Le rapporteur,
F. PERMINGEAT
Le président,
T. PFAUWADEL
La greffière,
C. BILLON
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2005857 2101304
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026