LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA38-2501825

Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-2501825

mardi 4 mars 2025

JuridictionTribunal Administratif de Grenoble
SectionTribunal Administratif de Grenoble
N° DossierTA38-2501825
TypeDécision
FormationReconduite à la frontière
Avocat requérantDJINDEREDJIAN

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 19 février 2025, Mme A C, représentée par Me Djinderedjan, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 22 janvier 2025 par lequel le préfet de la Haute-Savoie l'a assignée à résidence sur la commune d'Annecy Cran-Gevrier pour une durée de 45 jours ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et des articles 37 et 75 de la loi du 10 juillet 1991.

Elle soutient que :

- l'arrêté attaqué est entaché d'incompétence ;

- il méconnait l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant ;

- cette assignation est incompatible avec l'accompagnement de son enfant atteint d'une pathologie qui nécessite des soins quotidiens.

Le préfet de la Haute-Savoie a présenté un mémoire en défense, enregistré le 26 février 2026, par lequel il conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens invoqués par la requérante ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la convention internationale relative aux droits de l'enfant signée à New York le 26 janvier 1990 ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Ban, premier conseiller, pour statuer sur les recours dont le jugement relève des dispositions des articles L. 615-2, L. 614-1, L. 911-1 et L. 921-1 et suivants du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Au cours de l'audience publique du 4 mars 2025, a été entendu le rapport de M. Ban, magistrat désigné, en l'absence des parties.

L'instruction a, en application de l'article R. 922-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, été close à l'issue de ce rapport.

Considérant ce qui suit :

1. Mme A C, ressortissante nigériane née le 10 mars 1991, est entrée irrégulièrement sur le territoire français le 9 juin 2018. Le 22 juin 2018, elle a demandé le statut de réfugié auprès des services de la préfecture de 1'Isère. Saisies le 7 août 2018 d'une demande de prise en charge de la demande de l'intéressée, les autorités italiennes ont accepté leur responsabilité par un accord implicite intervenu le 21 août 2018. Par un arrêté du 16 octobre 2018, le préfet de la Haute-Savoie a ordonné sa remise aux autorités italiennes. Le recours formé contre cette décision a été rejeté par un jugement du tribunal administratif de Grenoble le 29 novembre 2018. Le 21 juin 2019, la France est devenue responsable de la demande d'asile de Mme C. Le 15 mai 2020, l'office français de protection des réfugiés et des apatrides (OFPRA) a rejeté se demande d'asile tout comme la Cour nationale du droit d'asile (CNDA) le 6 décembre 2022. Le 22 juillet 2022, Mme C a déposé une demande de titre de séjour au regard de l'état de santé de son fils. Elle a obtenu deux autorisations provisoires de séjour sur la période du 14 décembre 2022 au 1er décembre 2023. Le 13 octobre 2023, l'intéressée a demandé le renouvellement de son titre de séjour. Par l'arrêté du 2 août 2024, le préfet de la Haute-Savoie a rejeté sa demande, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination. Par jugement du 5 décembre 2024, le tribunal administratif de Grenoble a rejeté les conclusions d'annulation dirigées contre cet arrêté. Par l'arrêté attaqué du 22 janvier 2025, le préfet de la Haute-Savoie l'a assignée à résidence sur la commune d'Annecy pour une durée de 45 jours sur le fondement du 1°) de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

2. Il y a lieu, eu égard à l'urgence qui s'attache à ce qu'il soit statué sur la requête de Mme C, de prononcer son admission provisoire à l'aide juridictionnelle.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

3. La décision attaquée a été signée par M. D B, directeur de la citoyenneté et de l'immigration, qui dispose d'une délégation de signature à cette fin, consentie par arrêté du 3 janvier 2025, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture le même jour. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de la décision doit être écarté.

4. Aux termes de l'article R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative qui a ordonné l'assignation à résidence de l'étranger en application des articles L. 731-1, L. 731-3, L. 731-4 ou L. 731-5 définit les modalités d'application de la mesure : 1° Elle détermine le périmètre dans lequel il est autorisé à circuler muni des documents justifiant de son identité et de sa situation administrative et au sein duquel est fixée sa résidence ;2° Elle lui désigne le service auquel il doit se présenter, selon une fréquence qu'elle fixe dans la limite d'une présentation par jour, en précisant si l'obligation de présentation s'applique les dimanches et les jours fériés ou chômés()3.

5. Aux termes du 1 de l'article 3 de la convention relative aux droits de l'enfant : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait d'institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale. () ".

6. L'arrêté attaqué dispose, dans son article 2, que Mme C devra se présenter tous les jours, hors dimanche et jours fériés, entre 10 h et 12 h à l'Hôtel de police d'Annecy afin de faire constater qu'elle respecte la mesure d'assignation à résidence prise à son encontre.

7. La mesure d'assignation à résidence contestée n'a ni pour objet ni pour effet de séparer Mme C de son enfant âgé de 7 ans et atteint d'un trouble autistique. Aussi, compte tenu de sa portée, l'arrêté attaqué ne méconnait pas, par lui-même, l'article 3-1 de la convention de New York du 26 janvier 1990.

8. En revanche, il ressort des certificats médicaux produits et notamment de celui établi par l'infirmière puéricultrice de la protection maternelle et infantile, que l'enfant de Mme C est scolarisé en milieu ordinaire tous les matins en grande section de maternelle à Cran-Gevrier et qu'il bénéficie, les après-midis, de soins multidisciplinaires intensifs (orthophonie, psychomotricité, ergothérapie, éducatrice spécialisée, psychologue) effectués sur les communes de Meythet et d'Annecy où la requérante habite. Dans ces circonstances et compte tenu des contraintes liées à l'état de santé de cet enfant, le préfet de la Haute-Savoie ne justifie pas de la nécessité d'imposer à Mme C, célibataire, de se présenter cinq fois par semaine à l'Hôtel de police d'Annecy. Par suite, il a adopté une mesure disproportionnée dans sa fréquence de pointage par rapport aux objectifs poursuivis par cette décision qui est de s'assurer qu'elle n'a pas quitté le périmètre dans lequel elle est assignée. Dès lors que ces modalités de présentation sont divisibles de l'assignation à résidence, cette illégalité entraîne seulement l'annulation de l'article 2 de l'arrêté du 22 janvier 2025 en tant qu'il fixe la fréquence de ses obligations de présentation au commissariat.

9. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions de Mme C présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : Mme C est admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.

Article 2 : L'article 2 de l'arrêté du 22 janvier 2025 du préfet de la Haute-Savoie est annulé en tant qu'il fixe la fréquence des obligations de présentation de Mme C au commissariat.

Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme A C, à Me Djinderedjian et au préfet de la Haute-Savoie.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 mars 2025.

Le magistrat désigné,

JL. Ban La greffière,

C. Jasserand

La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Savoie en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA67Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Strasbourg — N° TA67-2604050

Le Tribunal Administratif de Strasbourg a été saisi par Mme C..., ressortissante afghane, d’un recours en excès de pouvoir contre une décision de l’Office français de l’immigration et de l’intégration (OFII) du 22 avril 2026 lui refusant le bénéfice des conditions matérielles d’accueil. Le tribunal a rejeté la requête, estimant que la décision était légale au regard de l’article L. 551-15 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile, qui prévoit un refus en cas de demande de réexamen d’asile. Il a considéré que la motivation était suffisante, que la vulnérabilité de la requérante avait été prise en compte, et que l’OFII n’avait pas commis d’erreur manifeste d’appréciation. En conséquence, les conclusions à fin d’annulation et les demandes accessoires ont été rejetées.

01/06/2026

← Retour aux décisions