vendredi 7 mars 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2502119 |
| Type | Décision |
| Formation | Reconduite à la frontière |
| Avocat requérant | GAY |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 26 février 2025 et le 28 février 2025, Mme C B, représentée par Me Gay, demande au Tribunal :
1°) de l'admettre provisoirement au bénéfice de l'aide juridictionnelle ;
2°) d'annuler pour excès de pouvoir la décision du 20 février 2025 par laquelle le directeur de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) lui a refusé le bénéfice des conditions matérielles d'accueil ;
3°) d'enjoindre au directeur de l'OFII, à titre principal, de lui octroyer le bénéfice des conditions matérielles d'accueil dans un délai de 48 heures à compter du jugement sous astreinte journalière de 100 euros, subsidiairement de réexaminer sa situation ;
4°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1000 euros au titre de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1 991.
Mme B soutient que la décision attaquée :
- est entachée d'incompétence de son signataire ;
- n'est pas motivée, révélant une absence d'examen individuel de sa situation conforme aux articles L. 551-8 est suivants du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ainsi que de la directive 2013/33/UE du 26 juin 2013 ;
- est entachée d'un vice de procédure, l'information prévue à l'article R. 551-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ne lui ayant pas été fournie ;
- elle ne mentionne pas d'évaluation de vulnérabilité, en méconnaissance de l'article L. 522-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et le préfet ne justifie pas les modalités de son organisation ;
- elle méconnaît les articles L. 521-1 et 531-2 et L. 531-27 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dans la mesure où la tardiveté de la demande ne saurait lui être opposée en l'absence de détermination de date d'entrée sur le territoire de l'intéressée.
Par un mémoire enregistré le 5 mars 2025, l'Office français de l'immigration et de l'intégration conclut au rejet de la requête au motif que les moyens soulevés par Mme B ne sont pas fondés.
Vu :
- la décision attaquée et les autres pièces du dossier ;
- la directive n° 2013/33/UE du 26 juin 2013 ;
-le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
-la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
-le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Isabelle Frapolli, premier conseiller, pour statuer sur les recours dont le jugement relève des dispositions des articles L. 922-1 à L. 922-3 et R. 922-17 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le magistrat désigné a, au cours de l'audience publique du 6 mars 2025, présenté son rapport, en l'absence des parties.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B, ressortissante afghane née le 22 avril 2001, a demandé l'asile le 20 février 2025. Dans la présente instance, elle demande l'annulation pour excès de pouvoir de la décision du directeur de l'OFII rendue le jour même portant refus d'octroi des conditions matérielles d'accueil des demandeurs d'asile.
Sur l'aide juridictionnelle provisoire :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président " ; en raison de l'urgence qui s'attache au règlement du présent litige, il y a lieu d'admettre Mme B, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions aux fins d'annulation et d'injonction sous astreinte :
3. Aux termes de l'article L. 551-15 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Les conditions matérielles d'accueil sont refusées, totalement ou partiellement, au demandeur, dans le respect de l'article 20 de la directive 2013/33/ UE du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 établissant des normes pour l'accueil des personnes demandant la protection internationale, dans les cas suivants :/ () 4° Il n'a pas sollicité l'asile, sans motif légitime, dans le délai prévu au 3° de l'article L. 531-27./ La décision de refus des conditions matérielles d'accueil prise en application du présent article est écrite et motivée./ Elle prend en compte la vulnérabilité du demandeur. ". Aux termes de l'article L. 531-27 de ce code : " L'Office français de protection des réfugiés et apatrides statue en procédure accélérée à la demande de l'autorité administrative chargée de l'enregistrement de la demande d'asile dans les cas suivants : () 3° Sans motif légitime, le demandeur qui est entré irrégulièrement en France ou s'y est maintenu irrégulièrement n'a pas présenté sa demande d'asile dans le délai de quatre-vingt-dix jours à compter de son entrée en France ; () ".
4. En premier lieu, la décision attaquée a été signée par Mme A D, directrice territoriale de l'OFII à Grenoble, qui disposait d'une délégation de signature à cette fin, consentie par décision du 3 févier 2025, régulièrement publiée. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire manque en fait.
5. En deuxième lieu, la décision attaquée, qui vise l'article L. 551-15 et l'article D. 551-17 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et qui indique que l'intéressée n'a pas sollicité l'asile dans le délai de 90 jours suivant son entrée en France et ce sans motif légitime, est suffisamment motivée au regard des dispositions précitées. Le moyen tiré du défaut de motivation doit dès lors être écarté, de même que l'affirmation non étayée selon laquelle l'OFII n'aurait pas procédé à un examen individuel de sa situation, la présence de son mari en France figurant au demeurant dans la fiche d'évaluation de vulnérabilité, tout comme la circonstance qu'elle est enceinte.
6. En troisième lieu, aux termes de l'article R. 551-23 du même code : " Les modalités de refus ou de réouverture des conditions matérielles d'accueil sont précisées par l'Office français de l'immigration et de l'intégration lors de l'offre de prise en charge dans une langue que le demandeur d'asile comprend ou dont il est raisonnable de penser qu'il la comprend. ". Par ailleurs, si les actes administratifs doivent être pris selon les formes et conformément aux procédures prévues par les lois et règlements, un vice affectant le déroulement d'une procédure administrative préalable n'est de nature à entacher d'illégalité la décision prise que s'il ressort des pièces du dossier qu'il a été susceptible d'exercer, en l'espèce, une influence sur le sens de la décision prise ou s'il a privé l'intéressé d'une garantie.
7. D'une part, il ressort de l'entretien de vulnérabilité, dont le compte rendu a été signé le 20 février 2025 par Mme B, qu'elle a été informée des modalités de refus des conditions matérielles d'accueil. D'autre part, s'agissant des conditions de réouverture des droits, la circonstance que Mme B n'aurait pas reçu l'information réglementaire ne saurait, en l'espèce, être regardée comme ayant privé la requérante d'une garantie ou comme étant de nature à avoir exercé une influence sur le sens de la décision litigieuse dès lors que le refus de lui accorder le bénéfice des conditions matérielles d'accueil a été pris en raison de la tardiveté du dépôt de sa demande d'asile. Le moyen doit être écarté.
8. En quatrième lieu, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 522-2 est inopérant au soutien du moyen tenant au défaut de toute référence, dans la décision attaquée, à l'évaluation de la vulnérabilité de l'intéressée par un agent identifié par ses noms et qualité, ledit article ne prévoyant pas une telle obligation de motivation.
9. Par ailleurs, le recours en excès de pouvoir a pour objet, non de sommer le défendeur de justifier a priori de la légalité de la décision en litige, mais de soumettre au débat des moyens sur lesquels le juge puisse statuer. Ainsi la demande, sans autre précision, tendant à ce que le directeur de l'OFII démontre la régularité de la " formation spécifique " reçue par l'agent ayant réalisé l'entretien en application de l'article L. 522-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, n'est pas un moyen de légalité.
10. En cinquième lieu, aucun texte cité par la requérante ne mentionne l'obligation, pour l'administration, de mentionner la date d'entrée en France de l'étranger auquel il refuse les conditions matérielles, dans la décision portant ce refus. Au demeurant, il ressort des pièces du dossiers que la requérante est entrée en France le 21 juin 2024 et n'a déposé sa demande d'asile que le 20 février 2025, soit au-delà du délai de 90 jours fixé par les dispositions citées au point 3. En l'absence de motif légitime expliquant ce retard, la requérante n'est pas fondée à soutenir que ces dispositions, citées au point 3, auraient été méconnues.
11. En sixième lieu, les moyens tirés de la méconnaissance des articles L. 521-1 et L. 532-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, à les supposer soulevés, ne sont pas assortis des précisions suffisantes pour en apprécier le bien-fondé.
12. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la requête doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, les conclusions à fin d'injonction sous astreinte.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 :
13. Les conclusions de Mme B, partie perdante, doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : Mme B est admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme C B, à Me Gay et à l'Office français de l'immigration et de l'intégration.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 mars 2025.
Le rapporteur,
I. FRAPOLLI
La greffière,
C. JASSERAND
La République mande et ordonne au ministre de l'Intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Strasbourg — N° TA67-2604050
Le Tribunal Administratif de Strasbourg a été saisi par Mme C..., ressortissante afghane, d’un recours en excès de pouvoir contre une décision de l’Office français de l’immigration et de l’intégration (OFII) du 22 avril 2026 lui refusant le bénéfice des conditions matérielles d’accueil. Le tribunal a rejeté la requête, estimant que la décision était légale au regard de l’article L. 551-15 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile, qui prévoit un refus en cas de demande de réexamen d’asile. Il a considéré que la motivation était suffisante, que la vulnérabilité de la requérante avait été prise en compte, et que l’OFII n’avait pas commis d’erreur manifeste d’appréciation. En conséquence, les conclusions à fin d’annulation et les demandes accessoires ont été rejetées.
01/06/2026