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AccueilJurisprudence administrativeN° TA38-2601984

Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-2601984

vendredi 20 mars 2026

JuridictionTribunal Administratif de Grenoble
SectionTribunal Administratif de Grenoble
N° DossierTA38-2601984
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantSELARL BALESTAS DURAND GRANDGONNET MURIDI & ASSOCIES

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Grenoble, statuant en référé-suspension, rejette la demande de suspension des sanctions disciplinaires prononcées par le Conseil national des activités privées de sécurité (CNAPS). Le juge estime que les requérants ne démontrent pas l'existence d'une situation d'urgence justifiant une mesure de suspension. Il considère également qu'aucun des moyens soulevés, notamment concernant la convocation, la composition de la commission ou la notification des décisions, n'est propre à créer un doute sérieux sur la légalité des décisions attaquées. La demande est examinée sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés le 24 février 2026 et le 12 mars 2026, M. C... B... et la société BHS Sécurité, représentés par la SELARL Balestas – Durand – Grandgonnet - Muridi & Associés, demandent au juge des référés :

1°) d’ordonner, sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension des décisions du 26 juin 2025, jusqu’à ce qu’il soit statué au fond sur la légalité de ces décisions, par lesquelles la commission de discipline du Conseil national des activités privées de sécurité a prononcé, d’une part, à l’encontre de M. B... une interdiction d’exercer toute activité privée de sécurité pour une durée de trente-six mois ainsi qu’une pénalité financière de 15 000 euros, d’autre part, à l’encontre de la société BHS Sécurité une interdiction d’exercer toute activité privée de sécurité pour une durée de quarante-huit mois ainsi qu’une pénalité financière de 35 000 euros ;

2°) de mettre à la charge du Conseil national des activités privées de sécurité une somme de 1 500 euros en application de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que :

ils justifient d’une situation d’urgence dès lors que les décisions portent une atteinte grave à la situation économique de la société BHS Sécurité, l’interdiction équivaudra à une cessation immédiate et totale de son activité, et une atteinte grave à la situation personnelle et professionnelle de M. B..., l’interdiction le privant de son métier et de ses ressources, qu’elles emportent des conséquences sociales pour les salariés de la société et qu’elles sont disproportionnées au regard de la gravité des faits et l’ampleur du préjudice immédiat ;
ils n’ont pas été convoqués à la séance de la commission de discipline du 26 juin 2025 ;
il n’est pas établi que le rapport de contrôle du 25 mars 2025, qui leur a été adressé par lettre recommandée du 26 juillet 2024, leur a été remis, comme l’exige l’article L. 643-3 du code de la sécurité intérieure, et ils ont été privés de la possibilité de répondre utilement aux constatations des contrôleurs ;
la commission de discipline n’était pas régulièrement composée conformément à l’article L. 634-13 du code de la sécurité intérieure en l’absence de quorum et du magistrat judiciaire ou d’un suppléant, la qualité de la majorité de ses membres n’est pas justifiée et la qualité de ses membres, sauf pour son président, n’est pas vérifiable en l’absence d’indication de leur identité ;
les décisions ont été notifiées plus de sept mois après qu’elles ont été prises ;
les décisions font référence à une personne sans carte professionnelle et qui a déclaré être salarié de la société BHS Sécurité ; or cette personne est inconnue dans la société et a été confondue avec un autre salarié qui est titulaire de la carte professionnelle ;
il ne peut leur être reproché de ne pas avoir vérifié que leurs sous-traitants bénéficiaient de toutes les qualifications nécessaires ;
les agents dépourvus de carte professionnelle étaient des spécialistes de la prévention des incendies pour laquelle une carte professionnelle d’agent de sécurité n’est pas exigée ; en conséquence, la réalité d’un travail dissimulé n’est pas établie ;
les sanctions prononcées sont disproportionnées au regard des manquements.

Par un mémoire en défense, enregistré le 11 mars 2026, le Conseil national des activités privées de sécurité conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge des requérants la somme de 1 500 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

la condition d’urgence n’est pas établie ;
aucun des moyens de la requête n’est propre à créer un doute quant à la légalité des décisions.

Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée le 19 février 2026 sous le numéro 2601830 par laquelle M. B... et la société BHS Sécurité demandent l’annulation des décisions attaquées.

Vu :
- le code de la sécurité intérieure ;
- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. A... pour statuer sur les demandes de référé.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.

Au cours de l’audience publique tenue en présence de Mme Millerioux, greffière d’audience, M. A... a lu son rapport et entendu :

Me Bonnat, représentant M. B... et la société BHS Sécurité ;
Me Basset, représentant le Conseil national des activités privées de sécurité.

M. B... et la société BHS Sécurité ont produit des pièces complémentaires enregistrées le 16 mars 2026.

Le Conseil national des activités privées de sécurité a produit des pièces complémentaires enregistrées le 16 mars 2026.

La clôture de l’instruction a été différée au 17 mars 2026 à 12 heures.


Considérant ce qui suit :

Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

1. Aux termes de l’article L. 521-1 du code de justice administrative : « Quand une décision administrative, même de rejet, fait l’objet d’une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d’une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l’exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l’urgence le justifie et qu’il est fait état d’un moyen propre à créer, en l’état de l’instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. (…) » et aux termes de l'article L. 522-1 dudit code : « Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique. (...) ». Enfin aux termes du premier alinéa de l’article R. 522-1 dudit code : « La requête visant au prononcé de mesures d’urgence doit (...) justifier de l’urgence de l’affaire. ».

2. En l’état de l’instruction, aucun des moyens invoqués par M. B... et la société BHS Sécurité n’est de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité des décisions attaquées. Par suite, les conclusions aux fins de suspension de l’exécution des décisions attaquées doivent être rejetées.

Sur les conclusions présentées au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative :

3. Il résulte des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, que le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée, et peut, même d'office, ou pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation.

4. Ces dispositions font obstacle aux conclusions de M. B... et la société BHS Sécurité dirigées contre le Conseil national des activités privées de sécurité, qui n’est pas, dans la présente instance de référé, la partie perdante. Il y a lieu en revanche, dans les circonstances de l’espèce, de mettre à la charge de M. B... et la société BHS Sécurité la somme de 1 000 euros à verser au Conseil national des activités privées de sécurité en application desdites dispositions.



O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. B... et de la société BHS sécurité est rejetée.


Article 2 : M. B... et la société BHS Sécurité verseront au Conseil national des activités privées de sécurité la somme de 1 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C... B..., à la société BHS Sécurité et au Conseil national des activités privées de sécurité.


Fait à Grenoble, le 20 mars 2026.


Le juge des référés,




D. A...


La République mande et ordonne ministre de l’intérieur en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.






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