LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA44-2206836

Tribunal Administratif de Nantes — Décision N° TA44-2206836

mercredi 10 décembre 2025

JuridictionTribunal Administratif de Nantes
SectionTribunal Administratif de Nantes
N° DossierTA44-2206836
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation2ème Chambre
Avocat requérantNERAUDAU

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Nantes annule la décision de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) du 27 janvier 2022 mettant fin aux conditions matérielles d'accueil de Mme B... A..., une demandeuse d'asile érythréenne. Le tribunal estime que l'OFII a commis une erreur manifeste d'appréciation en ne tenant pas compte de la vulnérabilité particulière de l'intéressée, attestée par son état de santé psychique et sa situation de mère isolée avec deux enfants mineurs sans hébergement. La solution retenue se fonde sur l'article L. 551-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, qui impose de prendre en compte la vulnérabilité du demandeur avant de mettre fin aux conditions matérielles d'accueil.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 25 mai 2022, Mme C... B... A..., représentée par Me Neraudau, demande au tribunal :

d’annuler la décision de l'Office français de l'immigration et de l'intégration du 27 janvier 2022 portant cessation des conditions matérielles d’accueil dont elle bénéficiait ;

d’enjoindre à l'Office français de l'immigration et de l'intégration de rétablir à son profit les conditions matérielles d’accueil de manière rétroactive pour la période pendant laquelle elle aurait dû en bénéficier ;

de mettre à la charge de l'Office français de l'immigration et de l'intégration une somme de 1700 euros au titre des dispositions combinées de l’article L. 761-1 du code de justice administrative et de l’article 37 de la loi du 10 juillet 1991, à verser à son conseil sous réserve que celle-ci renonce à percevoir la part contributive de l’Etat.

Elle soutient que :
- la décision attaquée a été prise par une autorité incompétente pour le faire ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d’un vice de procédure au regard des dispositions de l’article D. 551-18 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors qu’il n’est pas établi qu’elle a été mise en mesure de présenter ses observations écrites dans un délai de quinze jours ;
- elle est entachée d’un vice de procédure au regard des dispositions de l’article L. 522-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors qu’il n’est pas établi qu’elle a bénéficié d’un entretien de vulnérabilité ;
- elle méconnaît les dispositions de l’article L. 551-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors que l’OFII ne justifie pas en quoi elle a méconnu les exigences des autorités chargées de l’asile ;
- elle méconnaît le principe de dignité humaine ;
- elle est entachée d’une erreur de droit et procède d’une erreur manifeste d’appréciation au regard des dispositions des articles L. 522-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile compte tenu de sa situation de vulnérabilité.

Par un mémoire en défense enregistré le 14 juin 2024, l'Office français de l'immigration et de l'intégration conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens de la requête ne sont pas fondés.

Mme B... A... a été admise au bénéfice de l’aide juridictionnelle totale par une décision du 28 mars 2022.

Vu les pièces du dossier.

Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.

La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l’audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.

Le rapport de Mme Ribac, conseillère, a été entendu au cours de l’audience publique.

Considérant ce qui suit :

Mme B... A..., née le 1er septembre 1978, de nationalité érythréenne, a déposé une demande d’asile, enregistrée le 3 mai 2021, et a accepté, le même jour, l’offre de prise en charge de l’Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) au titre du dispositif national d’accueil. Par une décision du 27 janvier 2022 dont la requérante demande au tribunal de prononcer l’annulation, l’OFII a mis fin à ses conditions matérielles d’accueil.

Aux termes de l'article L. 551-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans sa rédaction applicable au litige : «« Il peut être mis fin, partiellement ou totalement, aux conditions matérielles d'accueil dont bénéficie le demandeur dans les cas suivants : (…) / 3° Il ne respecte pas les exigences des autorités chargées de l'asile, notamment en se rendant aux entretiens, en se présentant aux autorités et en fournissant les informations utiles afin de faciliter l'instruction des demandes (…) / La décision mettant fin aux conditions matérielles d'accueil prise en application du présent article est écrite et motivée. Elle prend en compte la vulnérabilité du demandeur. Elle est prise après que l'intéressé a été mis en mesure de présenter ses observations écrites selon des modalités définies par décret. (…) ».

Il ressort des pièces du dossier, et en particulier de l’attestation établie par un psychiatre du CHU de Nantes le 17 décembre 2021, que Mme B... A... souffre d’une anxiété sous-jacente et que son état de santé s’est apaisé grâce à des consultations régulières et un traitement médicamenteux. Cette attestation mentionne par ailleurs que l’état de santé de la requérante s’est aggravé à l’annonce de son transfert en Suisse, l’intéressée souffrant depuis lors d’une anxiété majeure, de troubles du sommeil et d’une tension psychique importante, et ruminant de façon continue. En outre, Mme B... A... produit un certificat médical confidentiel du 4 février 2022 destiné au médecin coordonnateur de l’OFII qui, s’il est postérieur à la date de la décision attaquée, confirme l’état de santé de l’intéressée à cette date. Il ressort de surcroît des pièces du dossier que Mme B... A... vivait à la date de la décision attaquée avec ses deux enfants mineurs, sans bénéficier d’aucun hébergement. Dans ces circonstances, eu égard à son état de santé et à la composition de sa cellule familiale, Mme B... A... justifie d’une vulnérabilité particulière. Par suite, en décidant de mettre fin aux conditions matérielles d’accueil dont l’intéressée bénéficiait, l’OFII a entaché sa décision d’une erreur manifeste d'appréciation.

Il résulte de ce qui précède, sans qu’il soit besoin d’examiner les autres moyens de la requête, que Mme B... A... est fondée à demander l’annulation de la décision de l’OFII du 27 janvier 2022.

Sur les conclusions à fin d’injonction :

Aux termes de l’article L. 911-1 du code de justice administrative : « Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne une mesure d'exécution dans un sens déterminé, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision, cette mesure assortie, le cas échéant, d'un délai d'exécution ».

Eu égard au motif d’annulation retenu par le présent jugement, il y a lieu d’enjoindre à l’OFII de rétablir les conditions matérielles d’accueil de Mme B... A..., dans un délai d’un mois à compter de la notification du jugement.

Sur les frais liés au litige :
Mme B... A... a obtenu le bénéfice de l’aide juridictionnelle. Par suite, son avocate peut se prévaloir des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge de l’État la somme de 1 200 euros, à verser à Me Neraudau, avocate de Mme B... A..., sous réserve que celle-ci renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l’État au titre de l’aide juridictionnelle.

D E C I D E :

Article 1er : La décision de l’OFII du 27 janvier 2022 est annulée.

Article 2 : Il est enjoint à l'Office français de l'immigration et de l'intégration de rétablir les conditions matérielles d’accueil de Mme B... A... dans un délai d’un mois à compter de la notification du présent jugement.

Article 3 : L’Office français de l'immigration et de l'intégration versera à Me Neraudau la somme de 1 200 (mille deux cents) euros en application des dispositions du deuxième alinéa de l’article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve de renonciation à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l’Etat.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme C... B... A..., à Me Neraudau et à l’Office français de l'immigration et de l'intégration.

Délibéré après l'audience du 19 novembre 2025, à laquelle siégeaient :

Mme Le Barbier, présidente,
M. Simon, premier conseiller,
Mme Ribac, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 décembre 2025.

La présidente,




M. Le BARBIER
La rapporteure,




L.-E. RIBAC

La greffière,




P. LABOUREL


La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,
La greffière,

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions