LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsNos servicesBlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes. C'est gratuit, et vos coordonnées ne sont transmises qu'avec votre accord.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation entre particuliers et avocats. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Nos services
  • Trouver un avocat
  • Calculateurs juridiques
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Nos services
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA44-2217143

Tribunal Administratif de Nantes — Décision N° TA44-2217143

jeudi 13 novembre 2025

JuridictionTribunal Administratif de Nantes
SectionTribunal Administratif de Nantes
N° DossierTA44-2217143
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationPrésident 7 : Mme BERIA-GUILLAUMIE - R. 222-13
Avocat requérantLAVENANT

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Nantes a rejeté la requête de Mme B... contestant la décision du ministre de l'intérieur du 10 décembre 2021 ajournant à deux ans sa demande de naturalisation. Le tribunal a estimé que la décision était suffisamment motivée au regard de l'article 27 du code civil et que le ministre n'avait pas commis d'erreur manifeste d'appréciation. Le comportement fiscal de la requérante, caractérisé par des retards de paiement de la taxe d'habitation pour les années 2017, 2018 et 2020, justifiait légalement cet ajournement.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 30 décembre 2022, Mme A... C... épouse B..., représentée par Me Lavenant demande au tribunal :

1°) d’annuler la décision du 10 décembre 2021 par laquelle le ministre de l'intérieur a rejeté son recours contre la décision du préfet de la Loire-Atlantique du 2 août 2021 ajournant à deux ans sa demande de naturalisation ;

2°) d’enjoindre au ministre de l’intérieur de réexaminer sa demande de naturalisation dans un délai d’un mois ;

3°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 1 500 euros à verser à son avocate en application des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 ou à son profit en application des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative en cas de rejet de sa demande d’aide juridictionnelle.

Elle soutient que :
-
la décision est insuffisamment motivée en méconnaissance des dispositions de l’article 27 du code civil ;
-
la décision est entachée d’erreur manifeste d'appréciation ; en ce qui concerne la dette fiscale au titre de la taxe d’habitation de l’année 2020, elle n’en a retiré aucun bénéfice fiscal ; elle n’a fait preuve d’aucune mauvaise foi ; les retards ponctuels sont dus à des difficultés financières passagères ;
-
elle est entrée en France en 2003 par le biais du regroupement familial ; ses quatre enfants sont nés en France, dont deux ont la nationalité française ; aide-soignante, elle a repris des études en vue de devenir infirmière ; elle a besoin d’accéder à la nationalité française pour devenir infirmière titulaire ; elle est intégrée dans la société française et a fait preuve d’un engagement professionnel actif pendant la période d’état d’urgence liée à la Covid-19.


Par un mémoire en défense, enregistré le 21 octobre 2024, le ministre de l'intérieur conclut au rejet de la requête de Mme B....

Il soutient que les moyens soulevés par la requête ne sont pas fondés.


La demande d’aide juridictionnelle de Mme B... a été rejetée par une ordonnance du président de la cour administrative d'appel de Nantes du 20 décembre 2022.


Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code civil ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le décret n° 93-1362 du 30 décembre 1993 ;
- le décret n° 2020-1717 du 28 décembre 2020 ;
- le code de justice administrative.


Le président du tribunal a désigné Mme Béria-Guillaumie, vice-présidente, en application de l’article R. 222-13 du code de justice administrative.


La magistrate désignée a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l’audience.


Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.


Le rapport de Mme Béria-Guillaumie, magistrate désignée, a été au cours de l’audience publique.



Considérant ce que suit :

1. Par une décision du 2 août 2021, le préfet de la Loire-Atlantique a ajourné à deux ans la demande de naturalisation de Mme A... C..., épouse B..., ressortissante algérienne née en novembre 1982. Le ministre de l’intérieur a, par une décision du 10 décembre 2021, rejeté le recours administratif de Mme B... dirigé contre la décision du préfet de la Loire-Atlantique du 2 août 2021. Par la présente requête, Mme B... demande l’annulation de la décision du ministre de l’intérieur du 10 décembre 2021.


2. En premier lieu, l’article 27 du code civil dispose que : « Toute décision déclarant irrecevable, ajournant ou rejetant une demande d'acquisition, de naturalisation ou de réintégration par décret ainsi qu'une autorisation de perdre la nationalité française doit être motivée ».

3. Il ressort des termes de la décision du ministre de l’intérieur du 10 décembre 2021, qui vise les articles 45 et 48 du décret du 30 décembre 1993 relatif aux déclarations de nationalité, aux décisions de naturalisation, de réintégration, de perte, de déchéance et de retrait de la nationalité française que pour ajourner à deux ans la demande de naturalisation de Mme B..., le ministre de l’intérieur, qui n’avait pas à énoncer l’ensemble des éléments qu’il a pris en considération mais uniquement ceux sur lesquels il a entendu fonder sa décision, s’est fondé sur le motif tiré de ce que le comportement fiscal de l’intéressée était sujet à critiques. Il ne ressort par ailleurs ni de cette motivation ni des autres pièces du dossier que le ministre de l’intérieur n’aurait pas procédé à un examen de la situation personnelle de l’intéressée. Il résulte de ce qui précède que le moyen tiré du défaut de motivation et, à le supposer soulevé, celui tiré du défaut d’examen doivent être écartés.

4. En deuxième lieu, il ressort des pièces du dossier, et plus particulièrement du bordereau de situation et de la mise en demeure de payer produits par la requérante que l’intéressée, avec son époux, a acquitté, au titre des années 2017 et 2018, sa taxe d’habitation avec majoration en raison de son non-paiement dans les délais fixés. Il en va de même pour la taxe d’habitation au titre de l’année 2020, encore non réglée le 6 avril 2021. Mme B... ne conteste pas ces faits en se bornant à invoquer, au demeurant sans l’établir, que les retards de paiement auraient été dus à des difficultés financières passagères et à invoquer son absence de mauvaise foi et le fait qu’elle n’aurait pas retiré de bénéfice fiscal de ces retards. Eu égard au caractère récent de ce comportement fiscal, le ministre de l’intérieur, qui a fait usage de son large pouvoir d’appréciation de l’opportunité d’accorder la naturalisation sollicitée, a pu légalement et sans commettre d’erreur manifeste d'appréciation, ajourner, pour la courte durée de deux ans, la demande de naturalisation de Mme B... pour le motif cité au point 3 du présent jugement et tiré de son comportement fiscal.

5. En dernier lieu, les circonstances tirées de la durée du séjour en France de Mme B..., de son intégration en France, de son engagement lors de la crise sanitaire liée à la Covid-19 et de la nécessité pour elle d’obtenir la nationalité française pour être titularisée en tant qu’infirmière au sein du centre hospitalier universitaire de Nantes sont sans incidence sur la légalité de la décision attaquée, eu égard au motif sur lequel elle se fonde.

6. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d’annulation présentées par Mme B... doivent être rejetées, ainsi par voie de conséquence que ses conclusions à fin d’injonction et ses conclusions tendant à l’application des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.



D E C I D E :



Article 1er : La requête de Mme B... est rejetée.



Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A... C... épouse B... et au ministre de l'intérieur.



Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 novembre 2025.



La magistrate désignée,




M. BÉRIA-GUILLAUMIE

Le greffier,




P. VOSSELER


La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,
Le greffier,



Décisions similaires

TA78Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2608798

03/08/2026

TA78Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2606201

03/08/2026

TA78Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2600562

03/08/2026

TA77Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de MELUN — N° TA77-2611484

03/08/2026

← Retour aux décisions