Tribunal Administratif de Nantes — Décision N° TA44-2304010
jeudi 1 octobre 2026
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2304010 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | Magistrat : Mme GIBSON THERY - R. 222-13 |
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 20 mars 2023 et le 26 mars 2025, Mme A... B... demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures, de lui accorder la remise totale du solde restant dû de sa dette initiale de 1 203 euros correspondant à un indu d’allocation de logement sociale mis à sa charge par la caisse d’allocations familiales (CAF) de Maine-et-Loire pour la période du 1er janvier 2022 au 30 novembre 2022.
Elle soutient que :
- sa situation financière très instable ne lui permet pas de rembourser cette dette en raison, d’une part, de ses revenus limités du fait de la reprise de ses études en alternance et de son emploi en intérim, et, d’autre part, du montant des charges incompressibles qu’elle doit assumer, composées d’un loyer, de frais de transport élevés et du prêt automobile de 1 500 euros qu’elle a contracté pour douze mois ; sa demande d’échéancier pour rembourser sa dette tend à confirmer les difficultés financières qu’elle invoque ;
- l’origine de sa dette résulte d’une omission déclarative sans intention frauduleuse dès lors qu’elle a déclaré à l’administration fiscale au titre de pensions alimentaires reçues des sommes correspondant à des versements par son assurance, sa mutuelle et divers versements ponctuels visant à l’aider à faire face à des dépenses imprévues.
Par un mémoire en défense enregistré le 14 février 2025, la CAF de Maine-et-Loire conclut, à titre principal, à ce qu’il n’y ait plus lieu de statuer sur la requête, ou, à titre subsidiaire, au rejet de la requête.
Elle soutient que :
- à titre principal, les dettes ayant été soldées en cours d’instance, la requête de Mme B... est devenue sans objet ;
- à titre subsidiaire, le montant au titre duquel le recours contentieux de Mme B... est recevable est plafonné à 795 euros, somme reportée dans le recours administratif préalable qu’elle a exercé auprès de la directrice de la caisse d’allocations familiales de Maine‑et‑Loire ;
- les circonstances invoquées par la requérante, d’ores et déjà alléguées dans le cadre de son recours préalable, ne caractérisent pas une situation de précarité justifiant l’octroi d’une remise de dette notamment au regard de son quotient familial de 911 euros en 2023, et au motif qu’un échéancier portant sur des retenues mensuelles plus faibles a été mis en place, permettant de solder entièrement la dette en litige.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la construction et de l’habitation ;
- le code de la sécurité sociale ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Gibson-Théry pour statuer sur les litiges visés à l’article R. 222-13 du code de justice administrative.
La magistrate désignée a décidé de dispenser la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l’audience, en application des dispositions de l’article R. 732-1-1 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.
Le rapport de Mme Gibson-Théry a été entendu au cours de l’audience publique.
Les parties n’étaient ni présentes ni représentées.
La clôture de l’instruction a été prononcée, en application de l’article R. 772-9 du code de justice administrative, à l’issue de l’audience.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A... B... a tout d’abord perçu l’allocation de logement sociale auprès de la caisse d’allocations familiales du Finistère, entre le 1er octobre 2021 et le 31 mai 2022, puis la perçoit désormais auprès de la caisse d’allocations familiales de Maine‑et‑Loire depuis le mois de juin 2022. Après contrôle par l’organisme auprès de l’administration fiscale des ressources déclarées par l’intéressée, une somme de 4 000 euros au titre de pensions alimentaires a été ajouté à ses ressources au titre de l’année 2021, générant un trop-perçu d’allocation de logement sociale de 340 euros à la caisse d’allocations familiales du Finistère au titre de la période de janvier à mai 2022 et un indu de même nature de 1 025 euros à la caisse d’allocations familiales de Maine-et-Loire au titre de la période de juin à novembre 2022. Mme B... a sollicité, par un courrier électronique du 23 janvier 2023, la remise gracieuse du solde de 795 euros de sa dette. Par un courrier du 6 mars 2023, la caisse d’allocations familiales de Maine-et-Loire a rejeté cette demande en précisant que compte tenu des remboursements déjà effectués, le solde de sa dette s’établissait au montant de 491,20 euros. Par sa requête, Mme B... demande, dans le dernier état de ses écritures, la remise du solde restant de cette dette d’un montant initial de 1 203 euros.
Sur l’exception de non-lieu à statuer :
2. La CAF de Maine-et-Loire fait valoir en défense que l’indu d’allocation de logement sociale restant à la charge de Mme B..., d’un montant de 795 euros à la date de sa demande initiale de remise gracieuse auprès de ses services, a été intégralement remboursé à la date du 24 mai 2023, à la suite de retenues sur prestations, et qu’ainsi sa requête est devenue sans objet. Toutefois, la circonstance que la dette a été soldée postérieurement à l’introduction de la requête par retenues sur les prestations de Mme B... n’a pas pour conséquence de rendre sans objet ses conclusions à fin de remise qui doivent être examinées au jour du jugement. Par suite, le litige n’a pas perdu son objet et l’exception de non-lieu à statuer opposée en défense doit être écartée.
Sur les conclusions à fin de remise de dette :
3. Aux termes de l’article L. 821‑1 du code de la construction et de l’habitation : « (…) Les aides personnelles au logement comprennent : / 1° L'aide personnalisée au logement ; (…) ». Aux termes de l’article L. 823-9 du même code : « Les articles L. 161-1-5 et L. 553-2 du code de la sécurité sociale sont applicables au recouvrement des montants d'aide personnelle au logement indûment versés ». Enfin, aux termes de l’article L. 553-2 du code de la sécurité sociale, dans sa rédaction applicable au litige : « (…) par dérogation (…), la créance de l'organisme peut être réduite ou remise en cas de précarité de la situation du débiteur, sauf en cas de manœuvre frauduleuse ou de fausses déclarations. (…) ».
4. Lorsqu’il statue sur un recours dirigé contre une décision rejetant une demande de remise gracieuse d’un indu de prime d’activité ou d’une prestation familiale, au titre du logement, il appartient au juge administratif d’examiner si une remise gracieuse totale ou partielle est justifiée et de se prononcer lui-même sur la demande en recherchant si, au regard des circonstances de fait dont il est justifié par l’une et l’autre des parties à la date de sa propre décision, la situation de précarité du débiteur et sa bonne foi justifient que lui soit accordée une remise.
5. Si la bonne foi de la requérante n’est pas contestée, il ne résulte pas de l’instruction, et notamment des pièces qu’elle a produites le 26 mars 2025, le 25 août 2026 et le 9 septembre 2026, qu’elle établisse la situation de précarité financière qu’elle allègue, qui doit s’apprécier à la date du présent jugement, alors que le crédit automobile souscrit pour un an a déjà été remboursé, que son contrat d’apprentissage s’est achevé au 15 septembre 2023 et qu’il ressort des dernières pièces produites qu’elle est en contrat à durée indéterminée, et qu’elle et son concubin perçoivent, d’après les avis d’imposition versés aux débats, tous deux des revenus pour des montants respectifs de 14 820 euros et de 15 677 euros imposables au titre des années 2023 pour elle et 2024 pour lui. Dans ces conditions, la requérante ne peut être regardée comme justifiant se trouver dans un état de précarité financière faisant obstacle au règlement du solde de sa dette et justifiant qu’une remise totale de celle-ci lui soit accordée, alors qu’il résulte de l’instruction qu’elle est, en tout état de cause, d’ores et déjà entièrement remboursée.
6. Il résulte de ce qui précède que les conclusions présentées par Mme B... à fin de remise du solde de sa dette d’allocation de logement sociale d’un montant initial de 1 203 euros doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme B... est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A... B... et à la caisse d’allocations familiales de Maine-et-Loire.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 1er octobre 2026.
La magistrate désignée,
S. Gibson-Théry
Le greffier
P. Vosseler
La République mande et ordonne au ministre de la ville et du logement en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 20 mars 2023 et le 26 mars 2025, Mme A... B... demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures, de lui accorder la remise totale du solde restant dû de sa dette initiale de 1 203 euros correspondant à un indu d’allocation de logement sociale mis à sa charge par la caisse d’allocations familiales (CAF) de Maine-et-Loire pour la période du 1er janvier 2022 au 30 novembre 2022.
Elle soutient que :
- sa situation financière très instable ne lui permet pas de rembourser cette dette en raison, d’une part, de ses revenus limités du fait de la reprise de ses études en alternance et de son emploi en intérim, et, d’autre part, du montant des charges incompressibles qu’elle doit assumer, composées d’un loyer, de frais de transport élevés et du prêt automobile de 1 500 euros qu’elle a contracté pour douze mois ; sa demande d’échéancier pour rembourser sa dette tend à confirmer les difficultés financières qu’elle invoque ;
- l’origine de sa dette résulte d’une omission déclarative sans intention frauduleuse dès lors qu’elle a déclaré à l’administration fiscale au titre de pensions alimentaires reçues des sommes correspondant à des versements par son assurance, sa mutuelle et divers versements ponctuels visant à l’aider à faire face à des dépenses imprévues.
Par un mémoire en défense enregistré le 14 février 2025, la CAF de Maine-et-Loire conclut, à titre principal, à ce qu’il n’y ait plus lieu de statuer sur la requête, ou, à titre subsidiaire, au rejet de la requête.
Elle soutient que :
- à titre principal, les dettes ayant été soldées en cours d’instance, la requête de Mme B... est devenue sans objet ;
- à titre subsidiaire, le montant au titre duquel le recours contentieux de Mme B... est recevable est plafonné à 795 euros, somme reportée dans le recours administratif préalable qu’elle a exercé auprès de la directrice de la caisse d’allocations familiales de Maine‑et‑Loire ;
- les circonstances invoquées par la requérante, d’ores et déjà alléguées dans le cadre de son recours préalable, ne caractérisent pas une situation de précarité justifiant l’octroi d’une remise de dette notamment au regard de son quotient familial de 911 euros en 2023, et au motif qu’un échéancier portant sur des retenues mensuelles plus faibles a été mis en place, permettant de solder entièrement la dette en litige.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la construction et de l’habitation ;
- le code de la sécurité sociale ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Gibson-Théry pour statuer sur les litiges visés à l’article R. 222-13 du code de justice administrative.
La magistrate désignée a décidé de dispenser la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l’audience, en application des dispositions de l’article R. 732-1-1 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.
Le rapport de Mme Gibson-Théry a été entendu au cours de l’audience publique.
Les parties n’étaient ni présentes ni représentées.
La clôture de l’instruction a été prononcée, en application de l’article R. 772-9 du code de justice administrative, à l’issue de l’audience.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A... B... a tout d’abord perçu l’allocation de logement sociale auprès de la caisse d’allocations familiales du Finistère, entre le 1er octobre 2021 et le 31 mai 2022, puis la perçoit désormais auprès de la caisse d’allocations familiales de Maine‑et‑Loire depuis le mois de juin 2022. Après contrôle par l’organisme auprès de l’administration fiscale des ressources déclarées par l’intéressée, une somme de 4 000 euros au titre de pensions alimentaires a été ajouté à ses ressources au titre de l’année 2021, générant un trop-perçu d’allocation de logement sociale de 340 euros à la caisse d’allocations familiales du Finistère au titre de la période de janvier à mai 2022 et un indu de même nature de 1 025 euros à la caisse d’allocations familiales de Maine-et-Loire au titre de la période de juin à novembre 2022. Mme B... a sollicité, par un courrier électronique du 23 janvier 2023, la remise gracieuse du solde de 795 euros de sa dette. Par un courrier du 6 mars 2023, la caisse d’allocations familiales de Maine-et-Loire a rejeté cette demande en précisant que compte tenu des remboursements déjà effectués, le solde de sa dette s’établissait au montant de 491,20 euros. Par sa requête, Mme B... demande, dans le dernier état de ses écritures, la remise du solde restant de cette dette d’un montant initial de 1 203 euros.
Sur l’exception de non-lieu à statuer :
2. La CAF de Maine-et-Loire fait valoir en défense que l’indu d’allocation de logement sociale restant à la charge de Mme B..., d’un montant de 795 euros à la date de sa demande initiale de remise gracieuse auprès de ses services, a été intégralement remboursé à la date du 24 mai 2023, à la suite de retenues sur prestations, et qu’ainsi sa requête est devenue sans objet. Toutefois, la circonstance que la dette a été soldée postérieurement à l’introduction de la requête par retenues sur les prestations de Mme B... n’a pas pour conséquence de rendre sans objet ses conclusions à fin de remise qui doivent être examinées au jour du jugement. Par suite, le litige n’a pas perdu son objet et l’exception de non-lieu à statuer opposée en défense doit être écartée.
Sur les conclusions à fin de remise de dette :
3. Aux termes de l’article L. 821‑1 du code de la construction et de l’habitation : « (…) Les aides personnelles au logement comprennent : / 1° L'aide personnalisée au logement ; (…) ». Aux termes de l’article L. 823-9 du même code : « Les articles L. 161-1-5 et L. 553-2 du code de la sécurité sociale sont applicables au recouvrement des montants d'aide personnelle au logement indûment versés ». Enfin, aux termes de l’article L. 553-2 du code de la sécurité sociale, dans sa rédaction applicable au litige : « (…) par dérogation (…), la créance de l'organisme peut être réduite ou remise en cas de précarité de la situation du débiteur, sauf en cas de manœuvre frauduleuse ou de fausses déclarations. (…) ».
4. Lorsqu’il statue sur un recours dirigé contre une décision rejetant une demande de remise gracieuse d’un indu de prime d’activité ou d’une prestation familiale, au titre du logement, il appartient au juge administratif d’examiner si une remise gracieuse totale ou partielle est justifiée et de se prononcer lui-même sur la demande en recherchant si, au regard des circonstances de fait dont il est justifié par l’une et l’autre des parties à la date de sa propre décision, la situation de précarité du débiteur et sa bonne foi justifient que lui soit accordée une remise.
5. Si la bonne foi de la requérante n’est pas contestée, il ne résulte pas de l’instruction, et notamment des pièces qu’elle a produites le 26 mars 2025, le 25 août 2026 et le 9 septembre 2026, qu’elle établisse la situation de précarité financière qu’elle allègue, qui doit s’apprécier à la date du présent jugement, alors que le crédit automobile souscrit pour un an a déjà été remboursé, que son contrat d’apprentissage s’est achevé au 15 septembre 2023 et qu’il ressort des dernières pièces produites qu’elle est en contrat à durée indéterminée, et qu’elle et son concubin perçoivent, d’après les avis d’imposition versés aux débats, tous deux des revenus pour des montants respectifs de 14 820 euros et de 15 677 euros imposables au titre des années 2023 pour elle et 2024 pour lui. Dans ces conditions, la requérante ne peut être regardée comme justifiant se trouver dans un état de précarité financière faisant obstacle au règlement du solde de sa dette et justifiant qu’une remise totale de celle-ci lui soit accordée, alors qu’il résulte de l’instruction qu’elle est, en tout état de cause, d’ores et déjà entièrement remboursée.
6. Il résulte de ce qui précède que les conclusions présentées par Mme B... à fin de remise du solde de sa dette d’allocation de logement sociale d’un montant initial de 1 203 euros doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme B... est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A... B... et à la caisse d’allocations familiales de Maine-et-Loire.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 1er octobre 2026.
La magistrate désignée,
S. Gibson-Théry
Le greffier
P. Vosseler
La République mande et ordonne au ministre de la ville et du logement en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
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