LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA44-2317228

Tribunal Administratif de Nantes — Décision N° TA44-2317228

mardi 10 mars 2026

JuridictionTribunal Administratif de Nantes
SectionTribunal Administratif de Nantes
N° DossierTA44-2317228
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation1ère Chambre
Avocat requérantROUSSEL

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Nantes rejette la requête en excès de pouvoir dirigée contre l'ajournement d'une demande de naturalisation. Le juge estime que le ministre de l'intérieur, en se fondant sur un parcours professionnel marqué par des contrats courts et des ressources insuffisantes, n'a pas commis d'erreur manifeste d'appréciation en ajournant la demande. La décision s'appuie sur les articles 21-15 du code civil et 48 du décret du 30 décembre 1993, qui confèrent à l'administration un large pouvoir d'appréciation pour évaluer l'insertion professionnelle et les ressources du requérant.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 20 novembre 2023, Mme A... D... C..., épouse B..., représentée par Me Roussel, demande au tribunal :

1°) d’annuler la décision du 23 décembre 2022 par laquelle le préfet du Haut-Rhin a ajourné à deux ans sa demande de naturalisation, ainsi que la décision implicite du ministre de l’intérieur et des outre-mer confirmant cette décision ;

2°) d’enjoindre au ministre de l’intérieur de lui accorder la nationalité française.


Mme C... soutient que la décision est entachée d’une erreur manifeste d’appréciation s’agissant de son insertion professionnelle, dès lors qu’elle justifie d’une expérience professionnelle de plus de dix ans et dispose de ressources stables.


Par un mémoire en défense, enregistré le 13 décembre 2024, le ministre de l’intérieur conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens soulevés par la requérante ne sont pas fondés.


La demande d’aide juridictionnelle présentée par Mme C... a été rejetée par une décision du 17 mai 2024.




Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code civil ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le décret n° 93-1362 du 30 décembre 1993 ;
- le code de justice administrative.

La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l’audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.

Le rapport de M. Brémond, premier conseiller, a été entendu au cours de l’audience publique.


Considérant ce qui suit :

Mme C..., de nationalité togolaise, demande au tribunal d’annuler la décision du 23 décembre 2022 par laquelle le préfet du Haut-Rhin a ajourné à deux ans sa demande de naturalisation, ainsi que la décision implicite du ministre de l’intérieur et des outre-mer confirmant cette décision. En application des dispositions de l’article 45 du décret du 30 décembre 1993 relatif aux déclarations de nationalité, aux décisions de naturalisation, de réintégration, de perte, de déchéance et de retrait de la nationalité française, les conclusions de la requête doivent être regardées comme uniquement dirigées contre la décision ministérielle implicite, qui s’est entièrement substituée à la décision préfectorale du 23 décembre 2022.

Aux termes de l’article 21-15 du code civil : « (…) l’acquisition de la nationalité française par décision de l’autorité publique résulte d’une naturalisation accordée par décret à la demande de l’étranger ». Aux termes de l’article 48 du décret du 30 décembre 1993 relatif aux déclarations de nationalité, aux décisions de naturalisation, de réintégration, de perte, de déchéance et de retrait de la nationalité française : « Dès réception du dossier, le ministre chargé des naturalisations procède à tout complément d'enquête qu'il juge utile, portant sur la conduite et le loyalisme de l'intéressé. Si le ministre chargé des naturalisations estime qu'il n'y a pas lieu d'accorder la naturalisation ou la réintégration sollicitée, il prononce le rejet de la demande. Il peut également en prononcer l'ajournement en imposant un délai ou des conditions. Ce délai une fois expiré ou ces conditions réalisées, il appartient à l'intéressé, s'il le juge opportun, de déposer une nouvelle demande ».

L’autorité administrative dispose, en matière de naturalisation ou de réintégration dans la nationalité française, d’un large pouvoir d’appréciation. Elle peut, dans l’exercice de ce pouvoir, prendre en considération notamment, pour apprécier l’intérêt que présenterait l’octroi de la nationalité française, l’intégration de l’intéressé dans la société française, son insertion sociale et professionnelle et le fait qu’il dispose de ressources lui permettant de subvenir durablement à ses besoins en France.

Pour ajourner la demande d’acquisition de la nationalité française de Mme C..., le ministre de l’intérieur et des outre-mer s’est fondé sur le motif tiré de ce que l’examen de son parcours professionnel, apprécié dans sa globalité depuis son entrée en France, ne permettait pas de considérer qu’elle avait réalisé pleinement son insertion professionnelle puisqu’elle ne disposait pas de ressources suffisantes et stables.

Il ressort des pièces du dossier que Mme C... occupait à la date de la décision attaquée un poste d'adjoint technique territorial des établissements d'enseignement depuis le 2 mars 2023 dans le cadre d’un contrat à durée déterminée, après avoir occupé le même emploi du 1er septembre 2022 au 31 décembre 2022. Si Mme C... soutient qu’elle justifie d’une expérience professionnelle de dix ans dans plusieurs métiers, et qu’elle a obtenu en 2019 un diplôme d’agent de restauration correspondant à son emploi actuel, il ressort des pièces du dossier que son parcours professionnel est caractérisé par une succession de contrats courts, des missions en intérim et des contrats d’insertion. Par ailleurs, il ressort des pièces du dossier que les revenus d’activité déclarés par Mme C... en 2018, 2019 et 2020 étaient inférieurs à 10 000 euros par an, et qu’elle a perçu en complément de ses revenus l’allocation de retour à l’emploi du 1er novembre 2021 au 15 octobre 2022. Dès lors, l’insertion professionnelle de Mme C... ne pouvait être regardée comme pleinement réalisée à la date de la décision attaquée, la requérante ne disposant pas de ressources suffisantes et stables. Dans ces conditions, en ajournant à deux ans la demande de Mme C... pour le motif mentionné au point 4, le ministre n’a pas entaché sa décision d’une erreur manifeste d’appréciation.

Il résulte de tout ce qui précède que la requête de Mme C... doit être rejetée en toutes ses conclusions.




D E C I D E :


Article 1er : La requête de Mme C... est rejetée.




Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A... D... C... et au ministre de l’intérieur.



Délibéré après l'audience du 10 février 2026, à laquelle siégeaient :

Mme Douet, présidente,
Mme Malingue, première conseillère,
M. Brémond, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 mars 2026.

Le rapporteur,

E. Brémond

La présidente,

H. Douet

Le greffier,





F. Lainé




La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.


Pour expédition conforme,
Le greffier,






Décisions similaires

CEExcès de pouvoir

Conseil d'État — N° 516229

Le juge des référés du Conseil d'État a rejeté la requête de M. B... qui demandait la suspension de l'exécution de la loi du pays n° 2026-4 du 15 mai 2026 portant création du code des douanes de Polynésie française. Le requérant invoquait une atteinte grave à plusieurs libertés fondamentales, mais le juge a estimé qu'il n'apportait aucun élément caractérisant une situation d'urgence justifiant une mesure de sauvegarde à très bref délai. La décision a été prise sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, en application de la procédure simplifiée prévue à l'article L. 522-3 du même code.

01/06/2026

CEExcès de pouvoir

Conseil d'État — N° 515333

Le juge des référés du Conseil d'État a rejeté la requête de Mme A..., magistrate, qui demandait le report et l'encadrement de ses auditions par l'inspection générale de la justice (IGJ) dans le cadre d'une enquête administrative. La requérante invoquait une atteinte grave à ses droits de la défense, à sa dignité et à l'indépendance juridictionnelle. Le juge a estimé que l'audition prévue du 4 au 7 mai 2026, qui ne préjugeait pas de l'issue de l'enquête ni d'éventuelles poursuites disciplinaires, n'était pas susceptible de porter une atteinte manifestement disproportionnée à ses droits. La décision a été prise sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, la condition d'urgence n'étant pas retenue comme caractérisant une illégalité grave.

03/05/2026

CEExcès de pouvoir

Conseil d'État — N° 509298

Le Conseil d'État rejette la requête de M. A... pour défaut d'intérêt à agir, les circonstances invoquées (qualité de citoyen, d'usager ou de professionnel) n'étant pas suffisamment directes et certaines pour contester la nomination du président du conseil d'administration de l'OFII. La portée de cette décision est de rappeler la rigueur du contrôle de l'intérêt à agir en matière de nominations aux emplois publics.

09/04/2026

CEExcès de pouvoir

Conseil d'État — N° 507528

Le Conseil d'État refuse d'admettre le pourvoi de La Poste contre l'ordonnance ayant suspendu la révocation de M. B..., estimant qu'aucun moyen sérieux n'est soulevé.

09/04/2026

← Retour aux décisions