LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA44-2318248

Tribunal Administratif de Nantes — Décision N° TA44-2318248

lundi 23 juin 2025

JuridictionTribunal Administratif de Nantes
SectionTribunal Administratif de Nantes
N° DossierTA44-2318248
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation9ème chambre
Avocat requérantTRAORE

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Nantes a rejeté la requête de M. M'bouillet A, ressortissant malien, qui contestait le refus de délivrance d'un visa de long séjour en qualité d'enfant d'un ressortissant français. La juridiction a estimé que la décision de la commission de recours, qui s'était substituée à la décision consulaire, était suffisamment motivée et fondée sur une base légale appropriée. Le tribunal a également jugé que les documents d'état civil produits ne permettaient pas d'établir le lien de filiation avec un ressortissant français, écartant ainsi les moyens tirés de l'erreur d'appréciation et de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme. La solution retenue s'appuie sur les articles L. 311-1, L. 312-2 et L. 423-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 6 décembre 2023, M. M'bouillet A, représenté par Me Traore, demande au tribunal :

1°) d'annuler, d'une part, la décision du 9 novembre 2023 par laquelle la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France, saisie d'un recours administratif préalable obligatoire formé contre la décision de l'autorité consulaire française à Bamako (Mali) refusant de lui délivrer un visa de long séjour en qualité d'enfant étranger d'un ressortissant français, a refusé la délivrance du visa sollicité et, d'autre part, cette décision consulaire ;

2°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur de faire délivrer ce visa ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la décision attaquée est entachée d'un défaut de base légale dès lors qu'elle est fondée sur des dispositions abrogées ou propres aux titres de séjour et que, dans l'hypothèse d'une substitution de base légale, il serait privé d'une garantie procédurale ;

- elle n'est pas motivée ;

- elle est entachée d'une erreur d'appréciation dès lors que son identité et son lien de filiation avec un ressortissant français sont établis par les documents d'état civil produits et les éléments de possession d'état ;

- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 311-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dès lors qu'il ne représente aucune menace pour l'ordre public, et qu'il n'a fait l'objet ni d'un signalement aux fins de non admission sur le territoire français ni d'une peine d'interdiction judiciaire sur le territoire français ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et porte atteinte à l'intérêt supérieur de l'enfant.

Par un mémoire en défense, enregistré le 31 janvier 2025, le ministre d'Etat, ministre de l'intérieur, conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la convention relative aux droits de l'enfant ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Bernard,

- et les conclusions de Mme Pétri, rapporteure publique.

Considérant ce qui suit :

1. M. M'bouillet A, ressortissant malien né le 6 novembre 2003, a sollicité un visa de long séjour en qualité d'enfant d'un ressortissant français auprès de l'autorité consulaire française à Bamako (Mali), laquelle a rejeté sa demande. Par une décision du 9 novembre 2023, la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France, saisie d'un recours administratif préalable obligatoire formé contre cette décision consulaire, a, à son tour, refusé la délivrance du visa sollicité. M. A demande l'annulation de cette décision et de la décision consulaire.

Sur l'objet du litige :

2. En vertu des dispositions de l'article D. 312-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, qui instituent un recours administratif préalable obligatoire, la décision de la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France du 9 novembre 2023 s'est substituée à la décision de l'autorité consulaire à Bamako. Il en résulte que les conclusions de la requête doivent être regardées comme exclusivement dirigées contre la décision de la commission de recours.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

3. En premier lieu, la décision attaquée mentionne notamment qu'elle est fondée sur les articles L. 311-1 et L. 423-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Le premier est relatif aux documents dont doit être muni un étranger pour entrer en France, parmi lesquels figure le visa, et le second concerne les titres de séjour délivrés à l'enfant étranger d'un ressortissant français, et se rattachent ainsi à la demande de visa objet du présent litige, dont l'obtention conditionne la délivrance dudit titre de séjour. La circonstance que la décision attaquée ne mentionne pas expressément l'article L. 312-2, et qu'elle se réfère à l'article R. 311-2 du même code, relatif aux visas de court séjour, ne permet pas de la considérer comme étant dépourvue de base légale. Par ailleurs, aucune disposition légale ou réglementaire ne venant préciser les conditions de délivrance du visa de long séjour sollicité en qualité d'enfant étranger d'un ressortissant français, il ne saurait être reproché à la décision attaquée de ne pas mentionner les dispositions du code spécifiquement applicables au visa sollicité. Il ne ressort enfin pas de la motivation de la décision que la commission se serait inscrite dans un cadre d'examen inapproprié du recours. Par suite, le moyen tiré du défaut de base légale doit être écarté.

4. En deuxième lieu, la décision attaquée mentionne qu'elle se fonde sur le motif tiré de ce que les documents produits à l'appui de la demande de M. A, notamment deux actes de naissance différents sans qu'un jugement supplétif soit produit, ne permettent pas d'établir qu'il possède la qualité d'enfant d'une personne de nationalité française. Ce faisant, cette décision comporte l'énoncé suffisant des considérations qui en constituent le fondement. Par suite, le moyen tiré du défaut de motivation de la décision de la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France doit être écarté.

5. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 312-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Tout étranger souhaitant entrer en France en vue d'y séjourner pour une durée supérieure à trois mois doit solliciter auprès des autorités diplomatiques et consulaires françaises un visa de long séjour dont la durée de validité ne peut être supérieure à un an. ".

6. Les autorités administratives chargées de l'examen des demandes de visa ne peuvent refuser la délivrance d'un visa de long séjour au descendant de moins de vingt-et-un ans d'un ressortissant français que pour un motif d'ordre public. Figurent au nombre de ces motifs le défaut de valeur probante des documents destinés à établir le lien de filiation allégué ainsi que le caractère frauduleux des actes d'état civil produits.

7. Aux termes de l'article L. 811-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La vérification de tout acte d'état civil étranger est effectuée dans les conditions définies par l'article 47 du code civil () ". Aux termes de l'article 47 du code civil : " Tout acte de l'état civil des Français et des étrangers fait en pays étranger et rédigé dans les formes usitées dans ce pays fait foi, sauf si d'autres actes ou pièces détenus, des données extérieures ou des éléments tirés de l'acte lui-même établissent, le cas échéant après toutes vérifications utiles, que cet acte est irrégulier, falsifié ou que les faits qui y sont déclarés ne correspondent pas à la réalité ".

8. Pour justifier de son identité et de son lien de filiation avec M. E A, ressortissant français ainsi qu'il ressort de sa carte nationale d'identité délivrée le 22 octobre 2021, M. M'bouillet A a produit la copie d'un extrait d'acte de naissance n° 2961/60, établi le 11 décembre 2003 par le centre secondaire de Banconi, région de district de Bamako mentionnant qu'il est né le 6 novembre 2003 de M. E A et de Mme B D. Cependant, d'une part, il ressort des dispositions de droit malien que le ministre verse à l'instance, que cet acte, dressé plus de trente jours après la date de la naissance déclarée, a été pris en méconnaissance des dispositions de l'article 158 de la loi n° 2011-087 portant code des personnes et de la famille C, sans qu'un jugement y supplée comme le prévoit l'article 133 de la même loi. D'autre part, il ressort des pièces du dossier qu'au soutien de sa demande de visa, M. A a produit l'extrait d'un second et précédent acte de naissance, portant le n° 1138 RG 23, établi le 29 mai 2020, pris en transcription d'un jugement supplétif n° 2946, rendu le 21 mai 2020 par un tribunal de Bamako. Dans ces conditions, alors que le jugement supplétif rendu le 21 mai 2020 n'est pas versé à l'instance et que la coexistence de deux actes de naissance n'est pas expliquée, ces éléments sont de nature à remettre en cause la valeur probante des actes produits. Par suite, l'identité de M. A, et, partant, le lien de filiation allégué, ne peuvent être considérés comme établis par les documents d'état civil produits. Enfin, les éléments présentés pour établir le lien familial par la possession d'état, qui consistent essentiellement en quelques transferts d'argent entre 2018 et 2023, ne suffisent pas davantage à établir l'identité et la filiation du demandeur de visa. Par suite, la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France n'a pas entaché sa décision d'une erreur d'appréciation en opposant un refus à sa demande de visa.

9. En quatrième lieu, si le requérant fait valoir que la présence de M. A sur le territoire français ne représenterait pas une menace pour l'ordre public, et que ce dernier n'aurait pas fait l'objet d'un signalement aux fins de non-admission, ni d'une peine d'interdiction judiciaire du territoire, d'expulsion, d'interdiction de retour, de circulation ou d'une interdiction administrative, en application des dispositions de l'article L. 311-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, susceptibles de le rendre inéligible à la délivrance d'un visa d'entrée et de long séjour en France, de telles circonstances, à les supposer établies, sont sans incidence sur la légalité de la décision attaquée dès lors qu'elles ne lui servent pas de fondement. Par suite, ce moyen doit être écarté comme inopérant.

10. En cinquième et dernier lieu, eu égard à ce qui a été dit au point 8, faute d'établissement de l'identité du demandeur de visa et de son lien de filiation avec le requérant les moyens tirés de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés, et du paragraphe 1 de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant doivent être écartés.

11. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. A doivent être rejetées. Il en va de même, par voie de conséquence, de ses conclusions à fin d'injonction et de celles présentées au titre des frais liés au litige.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A et au ministre d'Etat, ministre de l'intérieur.

Délibéré après l'audience du 2 juin 2025, à laquelle siégeaient :

Mme Specht-Chazottes, présidente,

Mme Guillemin, première conseillère,

M. Bernard, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 23 juin 2025.

Le rapporteur,

E. BERNARD

La présidente,

F. SPECHT-CHAZOTTES

La greffière,

C. GUILLAS

La République mande et ordonne au ministre d'Etat, ministre de l'intérieur, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions