jeudi 31 juillet 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2401762 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 8ème chambre |
| Avocat requérant | BEARNAIS |
Vu les procédures suivantes :
I. Par une requête et un mémoire enregistrés le 5 février 2024 et le 8 avril 2025 sous le numéro 2401762, Mme D A F, M. I H E et M. G H E, représentés par Me Béarnais, demandent au tribunal :
1°) d'annuler la décision implicite de rejet née du silence gardé par la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France sur le recours préalable formé contre les décisions de l'autorité consulaire française au Kenya et en Somalie rejetant les demandes de visa de long séjour présentées par M. I H E et M. G H E en qualité de membres de la famille d'une bénéficiaire de la protection subsidiaire ;
2°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur, à titre principal, de délivrer les visas sollicités dans le délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard, ou à titre subsidiaire, de procéder au réexamen des demandes dans les mêmes conditions de délai et d'astreinte ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement de la somme de 1 500 euros au profit de leur conseil, qui renoncera, dans cette hypothèse, à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle en application des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative, ou, si la demande d'aide juridictionnelle est rejetée, au requérant en application des dispositions de ce dernier article.
Ils soutiennent que :
- la décision attaquée est entachée d'une insuffisance de motivation en fait et en droit ;
- elle est entachée d'une erreur d'appréciation dès lors que l'identité des demandeurs de visa et leur lien familial avec la réunifiante sont établis par la production de documents d'état civil et par la possession d'état ;
- elle méconnaît le droit au respect de la vie privée et familiale garanti par les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et par les articles 7 et 33 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;
- elle méconnaît le principe d'unité familiale garanti par l'article 16 (3) de la déclaration universelle des droits de l'homme et par l'article 23-1 du pacte international relatif aux droits civils et politiques ;
- elle méconnaît le droit au regroupement familial ;
- elle méconnaît les stipulations du paragraphe 1 de l'article 3 de la convention internationale sur les droits de l'enfant.
Par un mémoire en défense enregistré le 26 février 2025, le ministre de l'intérieur conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par les requérants ne sont pas fondés.
II. Par une requête et un mémoire enregistrés le 5 février 2024 et le 8 avril 2025 sous le numéro 2401765, Mme D A F, agissant tant en son nom personnel qu'en qualité de représentante légale des enfants mineurs C H E, B H E et K H E, représentée par Me Béarnais, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision implicite de rejet née du silence gardé par la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France sur le recours préalable formé contre les décisions de l'autorité consulaire française au Kenya et en Somalie rejetant les demandes de visa de long séjour présentées par les jeunes C H E, B H E et K H E en qualité de membres de la famille d'une bénéficiaire de la protection subsidiaire ;
2°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur, à titre principal, de délivrer les visas sollicités dans le délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ou, à titre subsidiaire, de procéder au réexamen des demandes dans les mêmes conditions de délai et d'astreinte ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement de la somme de 1 500 euros au profit de son conseil, qui renoncera, dans cette hypothèse, à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle en application des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative, ou, si la demande d'aide juridictionnelle est rejetée, à son profit en application des dispositions de ce dernier article.
Elle soutient que :
- la décision attaquée est entachée d'une insuffisance de motivation en fait et en droit ;
- elle est entachée d'une erreur d'appréciation dès lors que l'identité des demandeurs de visa et leur lien familial avec la réunifiante sont établis par la production de documents d'état civil et par la possession d'état ;
- elle méconnaît le droit au respect de la vie privée et familiale garanti par les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et par les articles 7 et 33 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;
- elle méconnaît le principe d'unité familiale garanti par l'article 16 (3) de la déclaration universelle des droits de l'homme et par l'article 23-1 du pacte international relatif aux droits civils et politiques ;
- elle méconnaît le droit au regroupement familial ;
- elle méconnaît les stipulations du paragraphe 1 de l'article 3 de la convention internationale sur les droits de l'enfant.
Par un mémoire en défense enregistré le 26 février 2025, le ministre de l'intérieur conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par la requérante ne sont pas fondés.
Mme A F a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 23 octobre 2024.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- le code civil ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Fessard-Marguerie,
- et les observations de Me Guilbaud, substituant Me Béarnais, représentant les requérants.
Deux notes en délibéré, présentées pour les requérants, ont été enregistrées le 6 juin 2025. Elles n'ont pas été communiquées.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A F, ressortissante somalienne, a été admise au bénéfice de la protection subsidiaire par une décision de la Cour nationale du droit d'asile (CNDA) du 20 mars 2019. M. I H E, M. G H E et les jeunes C H E, B H E et K H E, qu'elle présente comme ses enfants issus de son union avec M. H L, décédé en 2014, ont déposé des demandes de visa de long séjour auprès de l'autorité consulaire française au Kenya et en Somalie au titre de la réunification familiale. Par des décisions du 4 juillet 2023, cette autorité a refusé de délivrer les visas sollicités. Par deux décisions implicites nées respectivement les 25 novembre 2023 et 4 décembre 2023, la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France a rejeté les recours formés contre les décisions consulaires. Par leurs requêtes, Mme A F et MM. H E demandent l'annulation des décisions implicites de la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France.
2. Ces requêtes présentent à juger les mêmes questions et ont fait l'objet d'une instruction commune. Par suite, il y a lieu de les joindre pour y statuer par un même jugement.
3. En premier lieu, les dispositions de l'article D. 312-8-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile impliquent que si le recours administratif préalable obligatoire formé contre une décision de refus d'une demande de visa fait l'objet d'une décision implicite de rejet, cette décision implicite, qui se substitue à la décision initiale, doit être regardée comme s'étant approprié les motifs de la décision initiale.
4. La commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France doit ainsi être regardée comme s'étant approprié les motifs retenus par l'autorité consulaire française au Kenya et en Somalie. Les décisions consulaires, qui visent les dispositions applicables et indiquent que les demandeurs de visa n'ont pas justifié de leur identité et de leur situation de famille, comportent l'énoncé des considérations de fait et de droit qui en constituent le fondement et satisfont ainsi à l'exigence de motivation prévue à l'article L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de la décision attaquée de la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France manque en fait et doit être écarté.
5. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 561-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Sauf si sa présence constitue une menace pour l'ordre public, le ressortissant étranger qui s'est vu reconnaître la qualité de réfugié ou qui a obtenu le bénéfice de la protection subsidiaire peut demander à bénéficier de son droit à être rejoint, au titre de la réunification familiale : / () 3° Par les enfants non mariés du couple, n'ayant pas dépassé leur dix-neuvième anniversaire. / Si le réfugié ou le bénéficiaire de la protection subsidiaire est un mineur non marié, il peut demander à bénéficier de son droit à être rejoint par ses ascendants directs au premier degré, accompagnés le cas échéant par leurs enfants mineurs non mariés dont ils ont la charge effective. / L'âge des enfants est apprécié à la date à laquelle la demande de réunification familiale a été introduite. " Aux termes de l'article L. 561-4 du même code : " Les articles L. 434-1, L. 434-3 à L. 434-5 et le premier alinéa de l'article L. 434-9 sont applicables. La réunification familiale n'est pas soumise à des conditions de durée préalable de séjour régulier, de ressources ou de logement. " Enfin, l'article L. 561-5 de ce code dispose : " Les membres de la famille d'un réfugié ou d'un bénéficiaire de la protection subsidiaire sollicitent, pour entrer en France, un visa d'entrée pour un séjour d'une durée supérieure à trois mois auprès des autorités diplomatiques et consulaires, qui statuent sur cette demande dans les meilleurs délais. Ils produisent pour cela les actes de l'état civil justifiant de leur identité et des liens familiaux avec le réfugié ou le bénéficiaire de la protection subsidiaire. En l'absence d'acte de l'état civil ou en cas de doute sur leur authenticité, les éléments de possession d'état définis à l'article 311-1 du code civil et les documents établis ou authentifiés par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides, sur le fondement de l'article L. 121-9 du présent code, peuvent permettre de justifier de la situation de famille et de l'identité des demandeurs. Les éléments de possession d'état font foi jusqu'à preuve du contraire. Les documents établis par l'office font foi jusqu'à inscription de faux. " Aux termes de l'article L.121-9 du même code : " L'Office français de protection des réfugiés et apatrides est habilité à délivrer aux réfugiés et bénéficiaires de la protection subsidiaire ou du statut d'apatride, après enquête s'il y a lieu, les pièces nécessaires pour leur permettre soit d'exécuter les divers actes de la vie civile, soit de faire appliquer les dispositions de la législation interne ou des accords internationaux qui intéressent leur protection, notamment les pièces tenant lieu d'actes d'état civil. Le directeur général de l'office authentifie les actes et documents qui lui sont soumis. Les actes et documents qu'il établit ont la valeur d'actes authentiques. Ces diverses pièces suppléent à l'absence d'actes et de documents délivrés dans le pays d'origine. Les pièces délivrées par l'office ne sont pas soumises à l'enregistrement ni au droit de timbre. "
6. Il résulte de ces dispositions que, lorsque la venue d'une personne en France a été sollicitée au titre de la réunification des membres de la famille d'une personne reconnue bénéficiaire de la protection subsidiaire, l'autorité diplomatique ou consulaire n'est en droit de rejeter la demande de visa dont elle est saisie à cette fin que pour un motif d'ordre public. Figure au nombre de ces motifs l'absence de caractère probant des actes d'état civil produits pour justifier de l'identité et, le cas échéant, du lien familial de l'intéressé avec la personne bénéficiaire de la protection subsidiaire.
7. Aux termes de l'article L. 811-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La vérification de tout acte d'état civil étranger est effectuée dans les conditions définies par l'article 47 du code civil. " Aux termes de l'article 47 du code civil : " Tout acte de l'état civil des Français et des étrangers fait en pays étranger et rédigé dans les formes usitées dans ce pays fait foi, sauf si d'autres actes ou pièces détenus, des données extérieures ou des éléments tirés de l'acte lui-même établissent, le cas échéant après toutes vérifications utiles, que cet acte est irrégulier, falsifié ou que les faits qui y sont déclarés ne correspondent pas à la réalité. "
8. Il résulte de ces dispositions que la force probante d'un acte d'état civil établi à l'étranger peut être combattue par tout moyen susceptible d'établir que l'acte en cause est irrégulier, falsifié ou inexact. En cas de contestation par l'administration de la valeur probante d'un acte d'état civil établi à l'étranger, il appartient au juge administratif de former sa conviction au vu de l'ensemble des éléments produits par les parties. Pour juger qu'un acte d'état civil produit devant lui est dépourvu de force probante, qu'il soit irrégulier, falsifié ou inexact, le juge doit en conséquence se fonder sur tous les éléments versés au dossier dans le cadre de l'instruction du litige qui lui est soumis.
9. D'une part, à l'appui de leurs requêtes, les requérants ont produit, s'agissant de Mme D A F, un certificat de naissance tenant lieu d'acte d'état civil mentionnant qu'elle est née le 1er janvier 1961 et qu'elle est mariée avec M. H L depuis le 14 février 1979, un certificat de mariage, un livret de famille et un certificat de décès concernant M. H L, tous établis par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides le 31 janvier 2020 en application de l'article L. 121-9 précité du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Aucune procédure d'inscription de faux n'a été engagée à l'encontre de ces documents, de sorte que les énonciations qu'ils comportent font foi. Les requérants doivent donc être regardés comme justifiant de l'identité de Mme A F et de la réalité de son mariage, célébré le 14 février 1979, avec un dénommé H L, décédé en 2014.
10. D'autre part, les requérants ont versé à l'instance les copies d'actes rédigés en anglais, émanant de la municipalité de Mogadishu, intitulés " birth certificate " et " certificate of identity confirmation ", soit un acte de naissance et un certificat de confirmation d'identité, aux termes desquels M. G H E, M. I H E et les jeunes C, B et K H E sont nés respectivement les 27 juillet 2004, 20 février 2005, 10 décembre 2006, 5 décembre 2007 et 11 novembre 2009. Il ressort des certificats de naissance produits qu'ils sont tous issus de l'union de Mme A F et de M. H L. Les mentions relatives à l'identité et au lien de filiation maternelle sont également reprises dans les passeports des demandeurs de visa, versés aux débats.
11. Le ministre de l'intérieur fait toutefois valoir d'une part, que les actes produits, notamment les certificats de naissance, méconnaissent les dispositions du Child Act (2010) et l'article 20 du Civil Registry Act (2011), qui encadrent la rédaction des actes de naissance en Somalie, en l'absence de certaines mentions obligatoires comme la profession, le lieu de résidence de la mère et du père ainsi que le nom complet du déclarant. D'autre part, il relève que les mentions pré-imprimés des actes comportent des fautes d'orthographe. Par ailleurs, si la requérante a été constante dans l'ensemble de ses déclarations auprès de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides sur l'identité et le lien de famille des demandeurs de visa, il ressort toutefois des pièces du dossier que M. G H E et M. I H E sont nés à moins de sept mois d'intervalle et que le premier des cinq demandeurs de visa est né plus de 25 ans après le mariage de la réunifiante avec M. H L alors que celle-ci était déjà âgée de plus de 43 ans, le dernier enfant de la fratrie étant né le 11 novembre 2009. Au regard de ces éléments et des incohérences relevées par le ministre de l'intérieur, qui invoque une situation de fraude endémique en Somalie, et en l'absence d'explications crédibles apportées par les requérants, les actes d'état civil produits ne peuvent être regardés comme probants et ne permettent pas d'établir l'identité et le lien familial allégué des cinq demandeurs de visa avec la réunifiante. Enfin, si elle a déclaré les demandeurs de visa au cours de sa procédure de demande d'asile, les autres pièces produites, à savoir deux photos non datées et un billet d'avion ainsi que son passeport démontrant un voyage au Kenya en 2024, ne sont pas suffisantes pour établir les liens de famille allégués par le mécanisme de la possession d'état. Dès lors, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France a entaché sa décision d'une erreur d'appréciation en leur opposant le motif énoncé au point 4.
12. En troisième et dernier lieu, dès lors que l'identité et le lien de famille allégué des demandeurs de visa avec la réunifiante ne sont pas établis par des actes suffisamment probants ou la possession d'état, les requérants ne peuvent pas se prévaloir des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, des articles 7 et 33 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne, de l'article 16 (3) de la déclaration universelle des droits de l'homme, de l'article 23-1 du pacte relatif aux droits civils et politiques, du paragraphe 1 de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant et du droit au regroupement familial.
13. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par les requérants doivent être rejetées. Par voie de conséquence, leurs conclusions à fin d'injonction sous astreinte et celles présentées sur le fondement des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 ne peuvent qu'être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : Les requêtes de Mme A F et de MM. H E sont rejetées.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme D A F, à M. I H E, à M. G H E et au ministre d'Etat, ministre de l'intérieur.
Une copie en sera adressée à Me Béarnais.
Délibéré après l'audience du 6 juin 2025, à laquelle siégeaient :
Mme Poupineau, présidente,
Mme J, première-conseillère,
Mme Fessard-Marguerie, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 31 juillet 2025.
La rapporteure,
A. FESSARD-MARGUERIE
La présidente,
V. POUPINEAU
La greffière,
A-L. LE GOUALLEC
La République mande et ordonne au ministre d'Etat, ministre de l'intérieur, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
N°s 2401762, 2401765
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026