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AccueilJurisprudence administrativeN° TA44-2405302

Tribunal Administratif de Nantes — Décision N° TA44-2405302

vendredi 13 février 2026

JuridictionTribunal Administratif de Nantes
SectionTribunal Administratif de Nantes
N° DossierTA44-2405302
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantTHOUMINE

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Nantes statue sur un recours pour excès de pouvoir contre le refus implicite d'enregistrement d'une demande de visa par un consulat français. Considérant que la demande a été enregistrée après l'introduction de la requête, rendant l'affaire sans objet, le tribunal se déclare non-lieu à statuer sur les demandes d'annulation et d'injonction. Il condamne néanmoins l'État à verser 800 euros à l'avocate des requérants au titre des frais irrépétibles, en application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve d'une renonciation à la part contributive de l'aide juridictionnelle.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 4 avril 2024, M. A... B... E... agissant en qualité de représentant de son fils mineur D... A... B..., et Mme C... A... B..., représentés par Me Thoumine, demandent au tribunal :

1°) d’annuler la décision par laquelle l’autorité consulaire française à Nairobi (Kenya) a implicitement refusé d’enregistrer la demande de visa de Mme A... B... et de l’enfant mineur D... A... B... ;

2°) d’enjoindre au ministre de l’intérieur, de donner instruction à l’autorité consulaire française de convoquer Mme A... B... et l’enfant mineur D... A... B... afin d’enregistrer leur demande de visas ;

3°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 1 800 euros qui devra être versée à leur avocat au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative et de l’article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l’aide juridique, moyennant la renonciation de cet avocat à percevoir la contribution versée par l’Etat au titre de l’aide juridictionnelle.

Par deux mémoires en défense, enregistrés les 24 octobre 2025 et 9 janvier 2026, le ministre de l’intérieur conclut au non-lieu à statuer sur les conclusions aux fins d’annulation et d’injonction et au rejet du surplus des conclusions de la requête.

Il fait valoir que le 7 février 2025 les demandes de visas ont été enregistrées et considérées comme complètes.

M. A... B... E... a été admis à l’aide juridictionnelle totale par une décision du 3 octobre 2024.


Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l’aide juridique ;
- le code de justice administrative.


Considérant ce qui suit :

Aux termes de l’article R. 222-1 du code de justice administrative : « Les présidents de tribunal administratif (…), les premiers vice-présidents des tribunaux (…) et les présidents de formation de jugement des tribunaux (...) peuvent, par ordonnance : (…) 3 Constater qu’il n’y a pas lieu de statuer sur une requête (…) 5° Statuer sur les requêtes qui ne présentent plus à juger de questions autres que la condamnation prévue à l’article L. 761-1 ou la charge des dépens (…) ».

Il ressort des pièces du dossier que postérieurement à l’introduction de la requête, l’autorité consulaire française à Nairobi a enregistré la demande de visas de Mme A... B... et de l’enfant mineur D... A... B.... Ainsi, la décision attaquée a implicitement mais nécessairement été retirée. Dans ces conditions, les conclusions de M. B... E... et de Mme A... B... aux fins d’annulation et d’injonction sont devenues sans objet. Il n’y a pas lieu d’y statuer.

M. B... E... a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale. Ainsi, son avocate peut se prévaloir des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, et sous réserve que Me Thoumine, avocate des requérants, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat, de mettre à la charge de l’Etat la somme de 800 euros.


O R D O N N E :


Article 1er : Il n’y a pas lieu de statuer sur les conclusions de M. B... E... et de Mme A... B... aux fins d’annulation et d’injonction.

Article 2 : L’Etat versera à Me Thoumine une somme de 800 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve qu’elle renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B... E..., à Mme C... A... B..., au ministre de l'intérieur et à Me Thoumine.









Fait à Nantes, le 13 février 2026.
Le président,






E. Berthon

La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,
La greffière,

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