Le Tribunal administratif de Nantes, statuant par ordonnance, constate qu'il n'y a pas lieu de statuer sur un recours en excès de pouvoir visant le refus initial d'un visa de court séjour. Le sujet principal est devenu sans objet car le visa a été délivré après l'introduction de la requête, ce qui implique un retrait implicite de la décision attaquée. La juridiction applique l'article R. 222-1 du code de justice administrative pour constater cette situation et condamne néanmoins l'État à verser 500 euros aux requérants au titre de l'article L. 761-1 du même code pour leurs frais non compris dans les dépens.
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 24 mai 2024, Mme C... A... E..., Mme D... F... et M. B... A... E..., représentés par Me Boyer, demandent au tribunal :
1°) d’annuler la décision du 6 mai 2024 par laquelle le sous-directeur des visas a rejeté le recours formé contre la décision du 19 février 2024 de l’autorité consulaire française à Oran (Algérie) refusant à Mme A... E... la délivrance d’un visa de court séjour en France ;
2°) d’enjoindre au ministre de l’intérieur de délivrer le visa sollicité, dans un délai d’un jour à compter de la notification de la décision à intervenir, sous astreinte de 500 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 1 800 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Par un mémoire en défense, enregistré le 13 janvier 2026, le ministre de l’intérieur conclut au non-lieu à statuer sur les conclusions aux fins d’annulation et d’injonction sous astreinte et s’en remet à la sagesse du tribunal concernant le surplus des conclusions de la requête.
Il fait valoir que le visa sollicité a été délivré le 6 juin 2024 à Mme A... E....
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
Aux termes de l’article R. 222-1 du code de justice administrative : « Les présidents de tribunal administratif (…), les premiers vice-présidents des tribunaux (…) et les présidents de formation de jugement des tribunaux (...) peuvent, par ordonnance : (…) 3 Constater qu’il n’y a pas lieu de statuer sur une requête (…) 5° Statuer sur les requêtes qui ne présentent plus à juger de questions autres que la condamnation prévue à l’article L. 761-1 ou la charge des dépens (…) ».
Il ressort des pièces du dossier que, postérieurement à l’introduction de la requête, l’autorité consulaire française à Oran a délivré à Mme A... G... le visa demandé. Ainsi, la décision attaquée a implicitement mais nécessairement été retirée. Dans ces conditions, les conclusions des requérants aux fins d’annulation et d’injonction sous astreinte sont devenues sans objet. Il n’y a pas lieu d’y statuer.
Il y a lieu, dans les circonstances de l’espèce, de mettre à la charge de l’Etat la somme de 500 euros au titre des frais exposés par M. et Mme A... E... et Mme F... et non compris dans les dépens.
O R D O N N E :
Article 1er : Il n’y a pas lieu de statuer sur les conclusions de M. et Mme A... E... et Mme F... aux fins d’annulation et d’injonction sous astreinte.
Article 2 : L’Etat versera à M. et Mme A... E... et à Mme F... la somme de 500 euros en application des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme C... A... E..., à Mme D... F... et à M. B... A... E... et au ministre de l’intérieur.
Fait à Nantes, le 13 février 2026.
Le président,
E. Berthon
La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,