Le Tribunal administratif de Nantes a été saisi par M. et Mme B... d’un recours en excès de pouvoir contre le refus de délivrance de visas de long séjour pour eux-mêmes et leur fille mineure. En cours d’instance, le ministre de l’intérieur a justifié de la délivrance effective des visas sollicités par l’autorité consulaire à Conakry. Par une ordonnance fondée sur l’article R. 222-1 du code de justice administrative, le tribunal a constaté que les conclusions aux fins d’annulation et d’injonction étaient devenues sans objet et a prononcé un non-lieu à statuer. En application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991, l’État a été condamné à verser 500 euros à l’avocate des requérants, sous réserve de renonciation à l’aide juridictionnelle.
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 28 mai 2024, M. D... B..., agissant tant en son nom personnel qu’en qualité de représentant légal de sa fille mineure C... B..., et Mme A... B..., représentés par Me Arnal, demandent au tribunal :
1°) d’annuler la décision implicite de rejet née du silence de la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France sur le recours formé contre les décisions du 13 avril 2023 de l’autorité consulaire française à Conakry (Guinée) refusant de délivrer des visas de long séjour à Mme A... B... et à la jeune C... B... ;
2°) d’enjoindre au ministre de l’intérieur, à titre principal, de faire délivrer les visas sollicités, et, à titre subsidiaire, de réexaminer la situation, dans un délai de quinze jours à compter de la notification de la décision à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 1 500 euros qui devra être versée à leur avocate au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative et de l’article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l’aide juridique, moyennant la renonciation de cette avocate à percevoir la contribution versée par l’Etat au titre de l’aide juridictionnelle.
Par un mémoire en défense, enregistré le 17 novembre 2025, le ministre de l’intérieur conclut au non-lieu à statuer sur les conclusions aux fins d’annulation et d’injonction et s’en remet à la sagesse du tribunal concernant le surplus des conclusions de la requête.
Il fait valoir que le 17 novembre 2025, il a donné instruction à l’autorité consulaire française à Conakry de délivrer les visas de long séjour à Mme A... B... et à la jeune C... B....
Par une production enregistrée le 23 décembre 2025, le ministre de l’intérieur justifie de ce que l’autorité consulaire française à Conakry a délivré les visas sollicités à Mme A... B... et à la jeune C... B....
M. B... a été admis à l’aide juridictionnelle partielle (55%) par une décision du 7 mai 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l’aide juridique ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
Aux termes de l’article R. 222-1 du code de justice administrative : « Les présidents de tribunal administratif (…), les premiers vice-présidents des tribunaux (…) et les présidents de formation de jugement des tribunaux (...) peuvent, par ordonnance : (…) 3 Constater qu’il n’y a pas lieu de statuer sur une requête (…) 5° Statuer sur les requêtes qui ne présentent plus à juger de questions autres que la condamnation prévue à l’article L. 761-1 ou la charge des dépens (…) ».
Il ressort des pièces du dossier que postérieurement à l’introduction de la requête, l’autorité consulaire française à Conakry a délivré le 28 novembre 2025 le visa sollicité à Mme A... B... et à la jeune C... B.... Ainsi, la décision attaquée a implicitement mais nécessairement été retirée. Dans ces conditions, les conclusions de M. et Mme B... aux fins d’annulation et d’injonction sous astreinte sont devenues sans objet. Il n’y a pas lieu d’y statuer.
M. B... a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle partielle. Ainsi, son avocate peut se prévaloir des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, et sous réserve que Me Arnal, avocate des requérants, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat, de mettre à la charge de l’Etat la somme de 500 (cinq cents) euros.
O R D O N N E :
Article 1er : Il n’y a pas lieu de statuer sur les conclusions de M. et Mme B... aux fins d’annulation et d’injonction sous astreinte.
Article 2 : L’Etat versera à Me Arnal une somme de 500 (cinq cents) euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve qu’elle renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. D... B..., à Mme A... B..., au ministre de l'intérieur et à Me Arnal.
Fait à Nantes, le 28 janvier 2026.
Le président,
A. PENHOAT
La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,