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AccueilJurisprudence administrativeN° TA44-2409654

Tribunal Administratif de Nantes — Décision N° TA44-2409654

vendredi 9 janvier 2026

JuridictionTribunal Administratif de Nantes
SectionTribunal Administratif de Nantes
N° DossierTA44-2409654
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantJEANNOT

Résumé IA

Refus de visa de long séjour pour regroupement familial. Le Tribunal administratif de Nantes constate, par ordonnance, qu'il n'y a plus lieu de statuer sur la requête en annulation, le visa ayant été délivré le 25 juillet 2024 par les autorités consulaires, rendant la décision attaquée caduque. L'Etat est condamné à verser 300 euros à l'avocate des requérants au titre des frais de justice (articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991).

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 26 juin 2024, M. C... A... et Mme D... B... épouse A..., représentés par Me Jeannot, demandent au tribunal :

1°) d’annuler la décision implicite par laquelle la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France a rejeté le recours formé contre la décision du 16 janvier 2024 de l’autorité consulaire française à Dakar (Sénégal) refusant de délivrer un visa de long séjour à Mme B... épouse A... au titre du regroupement familial ;

2°) d’enjoindre au ministre de l’intérieur, à titre principal, de délivrer le visa sollicité à Mme B... épouse A..., dans un délai de quinze jours à compter de la notification de la décision à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard et, à titre subsidiaire, de réexaminer la situation, dans les mêmes conditions de délai et d’astreinte ;

3°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 2 400 euros qui devra être versée à leur avocate au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative et de l’article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l’aide juridique, moyennant la renonciation de cette avocate à percevoir la contribution versée par l’Etat au titre de l’aide juridictionnelle.

Par un mémoire en défense, enregistré le 23 décembre 2025, le ministre de l’intérieur conclut au non-lieu à statuer sur les conclusions aux fins d’annulation et d’injonction et s’en remet à la sagesse du tribunal concernant le surplus des conclusions de la requête.

Il fait valoir que l’autorité consulaire française à Bamako a délivré le visa sollicité le 25 juillet 2024.

M. A... a été admis à l’aide juridictionnelle partielle (25%) par une décision du 14 juin 2024.




Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.


Considérant ce qui suit :

Aux termes de l’article R. 222-1 du code de justice administrative : « Les présidents de tribunal administratif (…), les premiers vice-présidents des tribunaux (…) et les présidents de formation de jugement des tribunaux (...) peuvent, par ordonnance : (…) 3 Constater qu’il n’y a pas lieu de statuer sur une requête (…) 5° Statuer sur les requêtes qui ne présentent plus à juger de questions autres que la condamnation prévue à l’article L. 761-1 ou la charge des dépens (…) ».

Il ressort des pièces du dossier que, postérieurement à l’introduction de la requête, l’autorité consulaire française à Bamako a délivré, le 25 juillet 2024, le visa sollicité à Mme B... épouse A.... Ainsi, la décision attaquée a implicitement mais nécessairement été retirée. Dans ces conditions, les conclusions de M. A... et de Mme B... épouse A... aux fins d’annulation et d’injonction sous astreinte sont devenues sans objet. Il n’y a pas lieu d’y statuer.

M. A... a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle partielle (25%). Ainsi, son avocate peut se prévaloir des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l’aide juridique. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, et sous réserve que Me Jeannot, avocate des requérants, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat, de mettre à la charge de l’Etat la somme de 300 euros.


O R D O N N E :


Article 1er : Il n’y a pas lieu de statuer sur les conclusions de M. A... et de Mme B... épouse A... aux fins d’annulation et d’injonction sous astreinte.

Article 2 : L’Etat versera à Me Jeannot une somme de 300 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve qu’elle renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C... A..., à Mme D... B... épouse A..., au ministre de l'intérieur et à Me Jeannot.







Fait à Nantes, le 9 janvier 2026.

La présidente,






P. PICQUET

La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,
La greffière,

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