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AccueilJurisprudence administrativeN° TA44-2412682

Tribunal Administratif de Nantes — Décision N° TA44-2412682

mardi 24 mars 2026

JuridictionTribunal Administratif de Nantes
SectionTribunal Administratif de Nantes
N° DossierTA44-2412682
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation3ème Chambre
Avocat requérantSELARL DESMARS BELONCLE BARZ CABIOCH

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Nantes a rejeté la requête de M. A... B... visant à annuler un arrêté préfectoral d'obligation de quitter le territoire français (OQTF) avec interdiction de retour. Le tribunal a jugé que la décision était suffisamment motivée, notamment au regard de la situation personnelle du requérant et de son interpellation pour des faits de stupéfiants. La juridiction a appliqué les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ainsi que les principes généraux du droit administratif.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 14 août 2024, M. A... B..., représenté par Me Cabioch, demande au tribunal :

1°) d’annuler l’arrêté du 12 août 2024 par lequel le préfet de la Loire-Atlantique lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné d’office, lui a interdit le retour sur le territoire français pour une durée de deux ans et l’a informé de son signalement aux fins de non admission dans le système d’information Schengen pour la durée de l’interdiction de retour ;

2°) d’enjoindre au préfet de la Loire-Atlantique de lui délivrer un titre de séjour ou de le munir d’une autorisation provisoire de séjour dès notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard, et de faire procéder sans délai au retrait de son signalement dans le fichier aux fins de non-admission dans l’espace Schengen, ou subsidiairement, de procéder au réexamen de sa situation dans un délai d’un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard, et de lui délivrer, pendant la durée de ce réexamen, une autorisation provisoire de séjour ;

3°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 1 800 euros en application des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 sur l’aide juridique.

Il soutient que :

S’agissant de la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- elle n’est pas suffisamment motivée ;
- la décision est intervenue au terme d’une procédure irrégulière dès lors que son droit d’être entendu, résultant notamment des dispositions de l’article 41 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne, a été méconnu ;
- elle méconnaît les stipulations de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales et est entachée d’une erreur de droit ;
- elle est entachée d’une erreur manifeste d’appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ;

S’agissant de la décision refusant d’accorder un délai de départ volontaire :
- elle n’est pas suffisamment motivée ;
- elle méconnaît les dispositions des articles L. 612-2 et L. 612-3 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;

S’agissant de la décision fixant le pays de destination :
- elle n’est pas suffisamment motivée ;
- l’illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français l’entache, par voie de conséquence, d’illégalité ;

S’agissant de la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :
- elle n’est pas suffisamment motivée ;
- elle n’a pas été précédée de l’examen de sa situation personnelle ;
- elle est intervenue au terme d’une procédure irrégulière dès lors que son droit d’être entendu, résultant notamment des dispositions de l’article 41 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne, a été méconnu ;
- l’illégalité des décisions portant obligation de quitter le territoire français et refusant de lui accorder un délai de départ volontaire la prive de base légale ;
- elle est entachée d’une erreur manifeste d’appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ;
- elle méconnaît les dispositions de l’article L. 612-6 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;

S’agissant de la décision de signalement aux fins de non admission dans le système Schengen :
- l’illégalité de la décision d’interdiction de retour sur le territoire français la prive de base légale.


Une mise en demeure de produire a été adressée au préfet de la Loire-Atlantique le 4 décembre 2025.


M. B... a été admis à l’aide juridictionnelle totale par une décision du 4 décembre 2025.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ;
- la charte des droits fondamentaux de l’Union européenne ;
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l’aide juridique ;
- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l’audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.

Le rapport de M. Besse, président-rapporteur, a été entendu au cours de l’audience publique.


Considérant ce qui suit :

M. A... B..., ressortissant algérien né le 21 mars 1999 à Oran (Algérie), déclare être entré en France en 2022. Le 11 août 2024, il a été interpellé par les services de police et placé en garde à vue pour des faits de détention et offre ou cession non autorisée de stupéfiants. Par un arrêté du 12 août 2024, le préfet de la Loire-Atlantique lui a fait obligation de quitter sans délai le territoire français, a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné d’office et lui a interdit le retour sur le territoire pour une durée de deux années. M. B... demande au tribunal d’annuler cet arrêté.

Sur le moyen commun aux décisions attaquées tiré de leur insuffisance de motivation :

Aux termes de l’article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : « La décision portant obligation de quitter le territoire français est motivée. (…) ».

L’arrêté attaqué vise les dispositions du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile dont il est fait application, et fait état des éléments de fait propres à la situation personnelle de M. B..., en précisant notamment qu’il ne réside que depuis deux ans en France, qu’il a fait l’objet d’une interpellation par les services de police le 11 août 2024, qu’il est défavorablement connu des services de police et qu’il n’établit pas être exposé, en cas de retour en Algérie, à des peines ou traitements contraires à la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales. Ainsi, cet arrêté, qui comporte l’énoncé des considérations de droit et de fait sur lesquels le préfet s’est fondé pour prendre les décisions contenues dans son arrêté, satisfait aux exigences légales de motivation. Par suite, le moyen tiré de l’insuffisance de motivation de l’arrêté doit être écarté.

Sur la décision portant obligation de quitter le territoire français :

En premier lieu, aux termes de l’article 41 de la charte des droits fondamentaux de l’Union européenne : « Toute personne a le droit de voir ses affaires traitées impartialement, équitablement et dans un délai raisonnable par les institutions et organes de l’Union. / Ce droit comporte notamment : / - le droit de toute personne d’être entendue avant qu’une mesure individuelle qui l’affecterait défavorablement ne soit prise à son encontre (...) ». Il résulte de la jurisprudence de la Cour de justice de l’Union européenne que l’article 41 de la charte des droits fondamentaux de l’Union européenne s’adresse uniquement aux institutions et organes de l’Union. Il suit de là que le moyen tiré de sa violation par une autorité d’un Etat membre est inopérant. Toutefois, il résulte également de cette jurisprudence que le droit d’être entendu fait partie intégrante du respect des droits de la défense, principe général du droit de l’Union. Ce droit se définit comme celui de toute personne de faire connaître, de manière utile et effective, son point de vue au cours d’une procédure administrative avant l’adoption de toute décision susceptible d’affecter de manière défavorable ses intérêts. Il ne saurait cependant être interprété en ce sens que l’autorité nationale compétente est tenue, dans tous les cas, d’entendre l’intéressé lorsque celui-ci a déjà eu la possibilité de présenter son point de vue de manière utile et effective.

Il est constant que M. B... a été interpellé le 11 août 2024 par les services de la police nationale pour des faits de détention et offre ou cession non autorisée de stupéfiants, puis placé en garde à vue. Lors de son audition du même jour, il a été mis à même d’être entendu et de produire des observations sur son droit au séjour. Par ailleurs, il ne ressort pas des pièces du dossier que M. B..., qui ne fait au demeurant état d’aucune circonstance qui, si elle avait été portée à la connaissance du préfet, aurait pu conduire celui-ci à ne pas l’obliger à quitter le territoire, aurait vainement demandé à être entendu par les services de la préfecture de la Loire-Atlantique. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance du droit du requérant à être entendu, garanti par les principes généraux du droit de l’Union européenne, ne peut qu’être écarté.

En deuxième lieu, aux termes de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : « 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance (…) ». Pour l’application de ces dispositions et stipulations, l’étranger qui invoque la protection due à son droit au respect de sa vie privée et familiale en France doit apporter toute justification permettant d’apprécier la réalité et la stabilité de ses liens personnels et familiaux effectifs en France au regard de ceux qu’il a conservés dans son pays d’origine.

Il ressort des pièces du dossier que M. B..., qui ne conteste pas être entré irrégulièrement en France, n’y séjournait que depuis deux ans à la date de la décision attaquée, de manière irrégulière. Il ne verse par ailleurs aucune pièce permettant d’établir la réalité de la relation sentimentale qu’il allègue entretenir en France, pas plus que de la présence alléguée de son oncle et de sa tante en France. En outre, il est sans charge de famille ni ne démontre une intégration particulière en France. Enfin, il ressort des pièces du dossier que le requérant n’est pas dépourvu d’attaches familiales en Algérie. Dans ces conditions, la décision attaquée n’a pas porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts poursuivis. Il résulte de ce qui précède que le préfet de la Loire-Atlantique n’a ni entaché sa décision d’une erreur de droit, ni méconnu les stipulations de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales.

En troisième lieu, pour les mêmes motifs que ceux énoncés au point précédent, il n’est pas établi que la décision lui faisant obligation de quitter le territoire français procèderait d’une erreur manifeste d’appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle.

Sur la décision lui refusant un délai de départ volontaire :

Aux termes de l’article L. 612-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile : « L'étranger faisant l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français dispose d'un délai de départ volontaire de trente jours à compter de la notification de cette décision. (…) ». Aux termes de l’article L. 612-2 du même code : « Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : / 1° Le comportement de l’étranger constitue une menace pour l’ordre public ; / (…) 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet. ». Aux termes de l’article L. 612-3 de ce code : « Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : 1° L'étranger, qui ne peut justifier être entré régulièrement sur le territoire français, n'a pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour ; / (…) 8° L'étranger ne présente pas de garanties de représentation suffisantes, notamment parce qu'il ne peut présenter des documents d'identité ou de voyage en cours de validité, (…) qu'il ne justifie pas d'une résidence effective et permanente dans un local affecté à son habitation principale (…). ».

Il est constant que M. B..., qui ne conteste pas être entré irrégulièrement en France, n’a pas sollicité la délivrance d’un titre de séjour. En outre, il ne ressort d’aucune des pièces du dossier qu’il présentait, à la date de la décision contestée, des garanties de représentation suffisantes, au sens et pour l’application des dispositions précitées du 8° de l’article L. 612-3 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile, faute de produire des documents d'identité ou de voyage en cours de validité ou la preuve d’une résidence effective et permanente en France. Par ailleurs, il ressort des termes de la décision attaquée que M. B... est défavorablement connu par les services de police pour des faits de détention non autorisée de stupéfiants, commis le 14 décembre 2023, le 28 décembre 2023 et le 22 janvier 2024, de recel de bien provenant d’un vol, commis le 22 janvier 2024, d’usage illicite de stupéfiants, commis le 7 août 2024, de violence avec usage ou menace d’une arme sans incapacité, commis le 26 juin 2024, de port sans motif légitime d’arme blanche ou incapacitante de catégorie D, commis le 26 janvier 2024, ainsi que pour les faits de détention et offre ou cession non autorisée de stupéfiants à raison desquels il a été interpellé le 12 août 2024 par des fonctionnaires de police. Contrairement à ce que soutient le requérant, qui se borne à se prévaloir de ce qu’il n’a fait l’objet d’aucune condamnation pénale à raisons de ces faits, sans toutefois en contester sérieusement la matérialité, ces faits suffisent, eu égard à leur caractère répété et récent à la date de la décision attaquée, à considérer que sa présence sur le territoire représente une menace pour l’ordre public. Par suite, M. B... n’est pas fondé à soutenir que la décision lui refusant l’octroi d’un délai de départ volontaire serait entachée d’une erreur manifeste d'appréciation.

Sur la décision fixant le pays de destination :

Il résulte de ce qui a été dit précédemment que M. B... n’est pas fondé à exciper, au soutien de ses conclusions dirigées contre la décision fixant le pays de destination, de l’illégalité de la décision du même jour l’obligeant à quitter le territoire français. Par suite, le moyen doit être écarté.

Sur l’interdiction de retour sur le territoire pour une durée de deux ans :

En premier lieu, il ne ressort ni des termes de l’arrêté attaqué ni des pièces du dossier que le préfet de la Loire-Atlantique n’aurait pas procédé à un examen de la situation personnelle du requérant avant de prendre la décision contestée. Par suite, ce moyen doit être écarté.

En deuxième lieu, pour les mêmes motifs que ceux indiqués au point 4 du présent jugement, le moyen tiré de la méconnaissance du droit à être entendu doit être écarté.

En troisième lieu, il résulte de ce qui a été dit précédemment que M. B... n’est pas fondé à exciper, au soutien de ses conclusions dirigées contre la décision lui interdisant le retour sur le territoire français pour une durée de deux années, de l’illégalité des décisions du même jour l’obligeant à quitter le territoire français et lui refusant un délai de départ volontaire. Par suite, le moyen doit être écarté.

En quatrième lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 6 du présent jugement, M. B... n’établit pas que la décision lui faisant interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de deux ans procèderait d’une erreur manifeste d’appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle.

En dernier lieu, aux termes de l’article L. 612-6 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile : « Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. (…) ». Aux termes de l’article L. 612-10 du même code : « Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. (…) ».

Il ressort de ces dispositions que l’autorité compétente doit, pour décider de prononcer à l’encontre de l’étranger soumis à l’obligation de quitter le territoire français une interdiction de retour et en fixer la durée, tenir compte, dans le respect des principes constitutionnels, des principes généraux du droit et des règles résultant des engagements internationaux de la France, des quatre critères que ces dispositions énumèrent, sans pouvoir se limiter à ne prendre en compte que l’un ou plusieurs d’entre eux. La décision d’interdiction de retour doit comporter l’énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement, de sorte que son destinataire puisse à sa seule lecture en connaître les motifs.

Il ressort des termes de la décision attaquée que, pour interdire à M. B... le retour sur le territoire français, le préfet a notamment relevé que l’intéressé, sans charges de famille et résidant depuis deux ans en France, ne démontre pas une intégration suffisante en France, qu’il n’est pas dépourvu d’attaches familiales en Algérie et que son comportement constitue une menace pour l’ordre public eu égard aux faits pour lesquels il est connu défavorablement par les services de police. Enfin, le requérant ne justifie d’aucune circonstance humanitaire particulière. Dans ces conditions, en interdisant à M. B... de revenir sur le territoire français durant deux années, le préfet de la Loire-Atlantique n’a pas fait une inexacte application des dispositions précitées des articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile. Le moyen doit, par suite, être écarté.

Sur le signalement aux fins de non admission dans le système Schengen :

Aux termes de l’article L. 613-5 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile : « L'étranger auquel est notifiée une interdiction de retour sur le territoire français est informé qu'il fait l'objet d'un signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen, conformément à l'article 24 du règlement (UE) n° 2018/1861 du Parlement européen et du Conseil du 28 novembre 2018 sur l'établissement, le fonctionnement et l'utilisation du système d'information Schengen (SIS) dans le domaine des vérifications aux frontières, modifiant la convention d'application de l'accord de Schengen et modifiant et abrogeant le règlement (CE) n° 1987/2006. Les modalités de suppression du signalement de l'étranger en cas d'annulation ou d'abrogation de l'interdiction de retour sont fixées par voie réglementaire ». Aux termes de l’article R. 613-7 du même code : « Les modalités de suppression du signalement d'un étranger effectué au titre d'une décision d'interdiction de retour sont celles qui s'appliquent, en vertu de l'article 7 du décret n° 2010-569 du 28 mai 2010 relatif au fichier des personnes recherchées, aux cas d'extinction du motif d'inscription dans ce traitement ».

Il résulte de ces dispositions que, lorsqu’elle prend à l’égard d’un étranger une mesure d’interdiction de retour sur le territoire français, l’autorité administrative se borne à informer l’intéressé de son signalement aux fins de non-admission dans le système d’information Schengen. Une telle information ne constitue pas une décision distincte de la mesure d’interdiction de retour et n’est, dès lors, pas susceptible de faire l’objet d’un recours pour excès de pouvoir. Par suite, les conclusions de la requête dirigées contre le signalement de M. B... aux fins de non-admission dans le système d’information Schengen sont irrecevables et ne peuvent, dès lors, qu’être rejetées.

Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. B... doit être rejetée en toutes ses conclusions, y compris celles à fin d’injonction sous astreinte et celles présentées sur le fondement des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761 1 du code de justice administrative.


D É C I D E :


Article 1er :
La requête de M. B... est rejetée.

Article 2 :
Le présent jugement sera notifié à M. A... B... et au préfet de la Loire-Atlantique.


Délibéré après l’audience du 6 janvier 2026, à laquelle siégeaient :

M. Besse, président,
M. Vauterin, premier conseiller,
Mme Gavet, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 mars 2026.

Le président-rapporteur,

P. BESSE
L’assesseur le plus ancien
dans l’ordre du tableau,

A. VAUTERIN

La greffière,
F. MERLET


La République mande et ordonne au préfet de la Loire-Atlantique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,
Le greffier,

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