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AccueilJurisprudence administrativeN° TA44-2415808

Tribunal Administratif de Nantes — Décision N° TA44-2415808

mardi 23 septembre 2025

JuridictionTribunal Administratif de Nantes
SectionTribunal Administratif de Nantes
N° DossierTA44-2415808
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Nantes a rejeté la requête de Mme B... C... contestant le refus de délivrance d’un visa de long séjour à sa fille majeure par l’autorité consulaire à Kinshasa. La requête a été jugée manifestement irrecevable pour plusieurs motifs : Mme C... ne justifiait pas d’un intérêt à agir pour sa fille majeure et ne disposait pas d’un mandat de représentation valable. De plus, la requérante n’a pas justifié avoir exercé le recours administratif préalable obligatoire devant la commission des visas, conformément aux articles D. 312-3 et D. 312-4 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile. Enfin, malgré une demande de régularisation, elle n’a pas satisfait à l’obligation d’élection de domicile prévue à l’article R. 431-8 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une ordonnance du 10 octobre 2024, enregistrée au greffe du tribunal le 11 octobre 2024, la présidente du tribunal administratif de Melun a transmis au tribunal la requête présentée par Mme B... C....

Par une requête, enregistrée le 21 août 2024 au greffe du tribunal administratif de Melun, Mme B... C... saisit le tribunal d’un litige relatif à la décision du 26 avril 2023 par laquelle l’autorité consulaire française à Kinshasa (République démocratique du Congo) a refusé de délivrer un visa de long séjour en qualité de visiteur à Mme A... D....


Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.


Considérant ce qui suit :

Aux termes de l’article R. 222-1 du code de justice administrative : « Les présidents de tribunal administratif (…), les premiers vice-présidents des tribunaux (…) et les présidents de formation de jugement des tribunaux (…) peuvent, par ordonnance : (...) / 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens (…) ».

Aux termes de l’article D. 312-3 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile : « Une commission placée auprès du ministre des affaires étrangères et du ministre de l'intérieur est chargée d'examiner les recours administratifs contre les décisions de refus de visa de long séjour prises par les autorités diplomatiques ou consulaires. Le sous-directeur des visas, au sein de la direction générale des étrangers en France du ministère de l'intérieur, est chargé d'examiner les recours administratifs contre les décisions de refus de visa de court séjour prises par les autorités diplomatiques ou consulaires. La saisine de l'une ou l'autre de ces autorités, selon la nature du visa sollicité, est un préalable obligatoire à l'exercice d'un recours contentieux, à peine d'irrecevabilité de ce dernier. ». Aux termes de l’article D. 312-4 du même code : « Les recours administratifs doivent être formés dans un délai de trente jours à compter de la notification de la décision de refus de visa. ».

Aux termes de l’article R. 431-8 du même code : « Les parties non représentées devant un tribunal administratif par un avocat ou un avocat au Conseil d'Etat et à la Cour de cassation qui ont leur résidence en dehors du territoire de la République et en dehors de l'Union européenne, de l'Espace économique européen ou de la Suisse doivent faire élection de domicile sur l'un de ces territoires. ».

Aux termes de l’article R. 431-2 du code de justice administrative : « Les requêtes et les mémoires doivent (…) être présentés soit par un avocat, soit par un avocat au Conseil d'Etat et à la Cour de cassation, lorsque les conclusions de la demande tendent au paiement d'une somme d'argent, à la décharge ou à la réduction de sommes (…) ». Aux termes de l’article R. 431-4 du même code : « Dans les affaires où ne s'appliquent pas les dispositions de l'article R. 431-2, les requêtes et les mémoires doivent être signés par leur auteur (…) ». Enfin, selon l’article R. 431-5 dudit code : « Les parties peuvent également se faire représenter : / 1° Par l'un des mandataires mentionnés à l'article R. 431-2 ; (…) ».

La présente requête a été déposée pour Mme A... D..., qui réside en République démocratique du Congo et qui n’est pas représentée dans les contions prévues par l’article R. 431-8 précité. En outre, il ressort des pièces du dossier que la décision du 26 avril 2023 de l’autorité consulaire française à Kinshasa comporte la mention des voies et délais de recours, notamment la nécessité d’exercer un recours administratif préalable obligatoire devant la commission de recours contre les décisions de refus de visa d’entrée en France dans le délai de trente jours. Enfin, Mme C..., mère de Mme D... née le 5 mai 2006, ne justifie pas en cette seule qualité d’un intérêt lui permettant de contester la légalité d’un refus de visa opposé à sa fille majeure. Mme C..., qui ne fait pas partie des mandataires mentionnés à l’article R 431-2 du même code, ne peut donc, ainsi que le prévoit l’article R. 431-5, valablement agir au nom de sa fille. En dépit de la demande qui a été adressée le 14 octobre 2024 par le tribunal à la requérante par lettre recommandée et dont il a été accusé réception au plus tard le 23 octobre 2024, Mme C... n’a pas, dans le délai de quinze jours qui lui était imparti, régularisé sa requête. Par suite, celle-ci est entachée d’irrecevabilités manifestes et ne peut qu’être rejetée.


O R D O N N E :


Article 1er : La requête de Mme C... est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B... C....


Fait à Nantes, le 23 septembre 2025.
Le président,





E. BERTHON
La République mande et ordonne au ministre d’Etat, ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,
La greffière,


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