Le Tribunal administratif de Nantes a été saisi de trois requêtes en annulation de décisions implicites de rejet de la commission de recours contre les refus de visa de long séjour au titre de la réunification familiale, opposés à deux ressortissants sri-lankais. Postérieurement à l’introduction des recours, les visas sollicités ont été délivrés le 6 janvier 2025, rendant les décisions attaquées caduques. Par ordonnance du 14 novembre 2025, le tribunal a constaté qu’il n’y avait plus lieu de statuer sur les conclusions principales (annulation et injonction), en application de l’article R. 222-1 du code de justice administrative. Il a toutefois condamné l’État à verser une somme totale de 600 euros aux requérants au titre des frais de justice (article L. 761-1 du même code).
Texte intégral
Vu les procédures suivantes :
Par une requête, enregistrée le 14 octobre 2024 sous le n°2415870, Mme G..., agissant en qualité de représentante légale de la mineure F... et M. E..., représentés par Me Anglade, demandent au tribunal :
1°) d’annuler la décision implicite de rejet née du silence de la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France sur le recours formé contre les décisions du 18 juin 2024 de l’autorité consulaire française à Colombo (Sri Lanka) refusant de délivrer à F... et à M. B... un visa de long séjour au titre de la réunification familiale ;
2°) d’enjoindre au ministre de l’intérieur, à titre principal, de délivrer les visas sollicités dans un délai de quinze jours à compter de la notification de la décision à intervenir, sous astreinte de 300 euros par jour de retard, ou à titre subsidiaire, de réexaminer les demandes de visa dans le même délai et sous la même astreinte ;
3°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 1 200 euros à verser à Mme D... au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Par un mémoire en défense, enregistré le 30 septembre 2025, le ministre de l’intérieur conclut au non-lieu à statuer sur les conclusions aux fins d’annulation et d’injonction sous astreinte et s’en remet à la sagesse du tribunal concernant le surplus des conclusions de la requête.
Il fait valoir que les visas sollicités ont été délivrés le 11 décembre 2024.
Par une requête, enregistrée le 16 octobre 2024 sous le n°2416101, Mme G..., agissant en qualité de représentante légale de la mineure F..., représentée par Me Ostier, demande au tribunal :
1°) d’annuler la décision implicite de rejet née du silence de la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France sur le recours formé contre la décision du 18 juin 2024 de l’autorité consulaire française à Colombo (Sri Lanka) refusant de délivrer à F... un visa de long séjour au titre de la réunification familiale ;
2°) d’enjoindre au ministre de l’intérieur, à titre principal, de délivrer le visa sollicité dans un délai de quinze jours à compter de la notification de la décision à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard, ou à titre subsidiaire, de réexaminer la demande de visa dans le délai de dix jours et sous la même astreinte ;
3°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 1 000 euros à verser à Mme F... au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
La requête a été communiquée au ministre de l’intérieur, qui n’a pas produit de mémoire en défense.
Par une requête, enregistrée le 16 octobre 2024 sous le n°2416102, M. E..., représenté par Me Ostier, demande au tribunal :
1°) d’annuler la décision implicite de rejet née du silence de la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France sur le recours formé contre la décision du 18 juin 2024 de l’autorité consulaire française à Colombo (Sri Lanka) refusant de lui délivrer un visa de long séjour au titre de la réunification familiale ;
2°) d’enjoindre au ministre de l’intérieur, à titre principal, de délivrer le visa sollicité dans un délai de quinze jours à compter de la notification de la décision à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard, ou à titre subsidiaire, de réexaminer la demande de visa dans le délai de dix jours et sous la même astreinte ;
3°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 1 000 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
La requête a été communiquée au ministre de l’intérieur, qui n’a pas produit de mémoire en défense.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
Aux termes de l’article R. 222-1 du code de justice administrative : « Les présidents de tribunal administratif (…), les premiers vice-présidents des tribunaux (…) et les présidents de formation de jugement des tribunaux (...) peuvent, par ordonnance : (…) 3 Constater qu’il n’y a pas lieu de statuer sur une requête (…) 5° Statuer sur les requêtes qui ne présentent plus à juger de questions autres que la condamnation prévue à l’article L. 761-1 ou la charge des dépens (…) ».
Les requêtes enregistrées sous les numéros 2415870, 2416101 et 2416102 présentées par Mme D... et M. B... concernent les membres d’une même famille et ont fait l’objet d’une instruction commune. Par suite, il y a lieu de les joindre pour y statuer par une même ordonnance
Postérieurement à l’introduction des requêtes, l’autorité consulaire française à Colombo a délivré, le 6 janvier 2025, les visas sollicités à M. B... et à Mme F.... Ainsi, les décisions attaquées ont implicitement mais nécessairement été retirées. Dans ces conditions, les conclusions des requérants aux fins d’annulation et d’injonction sous astreinte sont devenues sans objet. Dès lors, n’y a pas lieu d’y statuer.
Il y a lieu, dans les circonstances de l’espèce, de mettre à la charge de l’Etat la somme totale de 600 euros au titre des frais exposés par Mme D... et M. B... et non compris dans les dépens.
O R D O N N E :
Article 1er : Il n’y a pas lieu de statuer sur les conclusions de Mme D... et M. B... aux fins d’annulation et d’injonction sous astreinte.
Article 2 : L’Etat versera à Mme D... et M. B... la somme totale de 600 (six cents) euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme G..., à M. E... et au ministre de l'intérieur.
Fait à Nantes, le 14 novembre 2025.
La présidente,
V.POUPINEAU
La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,