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AccueilJurisprudence administrativeN° TA44-2419791

Tribunal Administratif de Nantes — Décision N° TA44-2419791

jeudi 5 mars 2026

JuridictionTribunal Administratif de Nantes
SectionTribunal Administratif de Nantes
N° DossierTA44-2419791
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation6ème Chambre
Avocat requérantGIRARDEAU

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Nantes a rejeté la requête de M. A... visant à annuler un arrêté préfectoral lui enjoignant de quitter le territoire français. Le tribunal a jugé que l'arrêté était régulièrement signé par une autorité compétente en vertu d'une délégation et que l'argument tiré de l'article 3 de la Convention européenne des droits de l'homme était inopérant, la décision contestée ne fixant pas le pays d'éloignement. La juridiction a également considéré que les allégations de risques en cas de retour n'étaient pas suffisamment étayées pour faire obstacle à l'éloignement.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 17 décembre 2024, M. B... A..., représenté par Me Girardeau demande au tribunal :

1°) d’annuler l’arrêté du 24 octobre 2024 par lequel le préfet de Maine-et-Loire lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays à destination duquel il pourra être reconduit d’office lorsque le délai sera expiré ;

2°) d’enjoindre au préfet de Maine-et-Loire de procéder au réexamen de sa situation ;

3°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 1 500 euros en application de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

S’agissant de la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- il n’est pas établi qu’elle a été signée par une autorité compétente ;
- elle méconnaît les stipulations de l’article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ;

S’agissant de la décision fixant le pays de destination :
- il n’est pas établi qu’elle a été signée par une autorité compétente ;
- l’illégalité des décisions portant refus de titre de séjour et obligation de quitter le territoire français la prive de base légale.


Par un mémoire en défense, enregistré le 26 mai 2025, le préfet de Maine-et-Loire conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir qu’aucun des moyens soulevés par le requérant n’est fondé.


M. A... a été admis au bénéfice de l’aide juridictionnelle totale par une décision du 1er décembre 2025.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l’audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.

Le rapport de M. Giraud, président-rapporteur, a été entendu au cours de l’audience publique.



Considérant ce qui suit :

M. B... A..., ressortissant guinéen né le 10 novembre 2004, déclare être entré irrégulièrement en France le 21 novembre 2023. Sa demande de reconnaissance de la qualité de réfugié a été rejetée par une décision du 6 juin 2024 de l’Office français de protection des réfugiés et apatrides, confirmée par une décision de la Cour nationale du droit d’asile du 18 octobre 2024. Par un arrêté du 24 octobre 2024, le préfet de Maine-et-Loire lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays à destination duquel il pourra être reconduit d’office lorsque le délai sera expiré. M. A... demande au tribunal d’annuler cet arrêté.

L’arrêté attaqué du 9 août 2024 a été signé par M. Emmanuel Le Roy, secrétaire général de la préfecture de Maine-et-Loire. Par un arrêté du 26 septembre 2023 régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture de ce département, et librement accessible, le préfet de Maine-et-Loire lui a donné délégation à l’effet de signer tous arrêtés et décisions relevant des attributions de l’Etat dans le département à l’exception de certains actes au nombre desquels ne figurent pas les décisions en litige portant obligation de quitter le territoire français et fixation du pays de renvoi. Dès lors, le moyen tiré de l’incompétence du signataire de cet arrêté doit être écarté.

Aux termes de l’article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales : « Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ».

M. A... ne peut utilement se prévaloir des stipulations de l’article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales à l’encontre de la décision portant obligation de quitter le territoire français dès lors que cette décision n’a pas pour objet de fixer le pays d’éloignement.

M. A... soutient qu’il a subi de multiples maltraitances en Guinée, notamment dans une école coranique. Il produit également un certificat médical faisant état de cicatrices compatibles avec des coups qu’il aurait reçus. Cependant, ces éléments sont peu étayés et le requérant n’expose pas du tout les conditions dans lesquels il aurait subi de telles violences en Guinée alors que le préfet indique, sans que cela ne soit contesté, que l’OFPRA et la CNDA ont rejeté sa demande notamment pour le caractère peu crédible de son récit et les raisons de son départ de la Guinée.


Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. A... doit être rejetée, en toutes ses conclusions.




D É C I D E :



Article 1er :
La requête de M. A... est rejetée.


Article 2 :
Le présent jugement sera notifié M. B... A..., à Me Girardeau et au préfet de Maine-et-Loire.




Délibéré après l’audience du 13 février 2026, à laquelle siégeaient :


M. Giraud, président,
Mme Mounic, première conseillère,
M. Huet, premier conseiller.




Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 mars 2026.

Le président-rapporteur,






T. GIRAUDL’assesseure la plus ancienne
dans l’ordre du tableau,





S. MOUNICLa greffière,





C. GENTILS
La République mande et ordonne au préfet de Maine-et-Loire en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,
La greffière,



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