Le Tribunal administratif de Nantes a été saisi par M. B... d’un recours en excès de pouvoir contre le refus implicite de visa de long séjour pour son épouse. Constatant que le visa avait été délivré le 27 mai 2025, le juge a estimé que la décision attaquée était devenue sans objet et a prononcé un non-lieu à statuer sur les conclusions à fin d’annulation. Sur le fondement de l’article L. 761-1 du code de justice administrative, l’État a été condamné à verser 500 euros à M. B... au titre des frais exposés.
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 24 février 2025, M. A... B..., représenté par Me Chaumette, conteste la décision implicite par laquelle la commission de recours contre les décisions de refus de visa d’entrée en France a rejeté le recours formé contre la décision de l’autorité consulaire française à Addis-Abeba (Ethiopie) refusant de délivrer un visa de long séjour à Mme C..., son épouse.
Par un mémoire, enregistré le 13 juin 2025, M. B..., constatant la délivrance du visa en litige, déclare ne pas s’opposer à ce que soit prononcé un non-lieu à statuer sur ses conclusions à fin d’annulation et demande que soit mise à la charge de l’Etat la somme de 1 500 euros hors taxes au titre des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
La procédure a été communiquée au ministre de l’intérieur qui n’a pas produit de mémoire en défense.
Par une décision du 11 décembre 2025, le bureau d’aide juridictionnelle a rejeté la demande d’aide juridictionnelle de M. B....
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
Aux termes de l’article R. 222-1 du code de justice administrative : « Les présidents de tribunal administratif (…), les premiers vice-présidents des tribunaux (…) et les présidents de formation de jugement des tribunaux (...) peuvent, par ordonnance : (…) 3 Constater qu’il n’y a pas lieu de statuer sur une requête (…) 5° Statuer sur les requêtes qui ne présentent plus à juger de questions autres que la condamnation prévue à l’article L. 761-1 ou la charge des dépens (…) ».
Il ressort des pièces du dossier que postérieurement à l’introduction de la requête, l’autorité consulaire française à Addis-Abeba a délivré, le 27 mai 2025, le visa sollicité à Mme C.... Ainsi, la décision attaquée a implicitement mais nécessairement été retirée. Dans ces conditions, les conclusions de M. B... aux fins d’annulation sont devenues sans objet. Il n’y a pas lieu d’y statuer.
Il y a lieu, dans les circonstances de l’espèce, de mettre à la charge de l’Etat la somme de 500 euros au titre des frais exposés par M. B... et non compris dans les dépens.
O R D O N N E :
Article 1er : Il n’y a pas lieu de statuer sur les conclusions de M. B... aux fins d’annulation.
Article 2 : L’Etat versera à M. B... la somme de 500 euros en application des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A... B... et au ministre de l’intérieur.
Fait à Nantes, le 22 janvier 2026.
Le président,
E. BERTHON
La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,