Tribunal Administratif de Nantes — Décision N° TA44-2505705

vendredi 18 avril 2025

JuridictionTribunal Administratif de Nantes
SectionTribunal Administratif de Nantes
N° DossierTA44-2505705
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Nantes, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté préfectoral du 24 février 2025 refusant le renouvellement du titre de séjour de M. C, l’obligeant à quitter le territoire et prononçant une interdiction de retour de six mois. Le juge a estimé qu’aucun des moyens soulevés, notamment la méconnaissance des articles L. 423-22, L. 423-23 et L. 435-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile, ainsi que de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme, n’était de nature à créer un doute sérieux sur la légalité de la décision. La condition d’urgence n’a pas été examinée.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 1er avril 2025, M. A C, représenté par Me Gouache, demande au juge des référés :

1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la décision du 24 février 2025, par laquelle le préfet de la Loire-Atlantique a refusé de renouveler son titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire, a fixé le pays à destination duquel il pourrait être éloigné et a pris à son encontre une interdiction de retour sur le territoire d'une durée de six mois ;

2°) d'enjoindre au préfet de la Loire-Atlantique de procéder à un nouvel examen de sa situation, dans un délai de quinze jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour jusqu'à ce que le tribunal ait statué au fond sur la légalité de la décision ;

3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 500 euros hors taxe au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la condition d'urgence est satisfaite dès lors que la décision attaquée va entraîner la rupture du contrat " jeune majeur " dont il bénéficie, le plaçant dans une situation de grande précarité et d'isolement, ainsi que celle de sa formation en apprentissage et de son contrat d'apprentissage ;

- il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :

* il n'est pas établi que son auteur avait compétence pour la prendre ;

* elle est insuffisamment motivée ;

* elle procède d'un défaut d'examen de sa situation ;

* elle méconnaît les dispositions de l'article L. 423-22 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors que sa situation n'a pas été appréciée de façon globale (le préfet devait non seulement tenir compte du caractère réel et sérieux de la formation suivie mais également se prononcer sur la nature de ses liens avec sa famille restée dans son pays d'origine et prendre en compte l'avis de sa structure d'accueil) ;

* elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard du même article L. 423-22 ;

* elle méconnait les dispositions des articles L. 423-23 et L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et porte une atteinte excessive à son droit de mener une vie privée et familiale normale au sens de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

Par un mémoire en défense, enregistré le 10 avril 2025, le préfet de la Loire-Atlantique conclut au rejet de la requête. Il soutient que la condition d'urgence n'est pas remplie et qu'aucun des moyens soulevés n'est propre à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée.

M. C a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle partielle (55%) par une décision du 3 avril 2025.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- la requête enregistrée le 1er avril 2025 sous le numéro 2505723 par laquelle M. C demande l'annulation de la décision attaquée.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Chauvet, vice-présidente, pour statuer sur les demandes de référé.

Ont été entendus au cours de l'audience publique du 14 avril 2025 à 14h30, à laquelle les parties ont été régulièrement convoquées :

- le rapport de Mme Chauvet, vice-présidente,

- les observations de Mme B, élève avocate, en présence de Me Beaumont, substituant Me Gouache, représentant M. C.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ".

2. Aucun des moyens invoqués par M. A C, tels qu'énoncés dans les visas de cette ordonnance, ne paraît, en l'état de l'instruction, de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de la décision du 24 février 2025, par laquelle le préfet de la Loire-Atlantique a refusé de renouveler son titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire, a fixé le pays à destination duquel il pourrait être éloigné et a pris à son encontre une interdiction de retour sur le territoire d'une durée de six mois.

3. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la condition d'urgence, que les conclusions à fin de suspension de l'exécution de cette décision doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, celles à fin d'injonction et celles présentées au titre des frais d'instance.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. C est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A C, au ministre d'Etat, ministre de l'intérieur, ainsi qu'à Me Gouache.

Copie en sera transmise au préfet de la Loire-Atlantique.

Fait à Nantes, le 18 avril 2025.

La vice-présidente,

juge des référés,

Claire Chauvet La greffière,

Marie-Claude Minard

La République mande et ordonne au ministre d'Etat, ministre de l'intérieur, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

2505705