Tribunal Administratif de Nantes — Décision N° TA44-2506591

mercredi 23 avril 2025

JuridictionTribunal Administratif de Nantes
SectionTribunal Administratif de Nantes
N° DossierTA44-2506591
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Nantes, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la décision de refus de visa de court séjour opposée à Mme B. La requérante n’a pas formé de recours contentieux distinct contre la décision du sous-directeur des visas du 19 février 2025, qui s’est substituée au refus consulaire initial. En l’absence de requête en annulation, la demande de suspension est irrecevable sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative. La requête a donc été rejetée sans examen de l’urgence ou du doute sérieux.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 14 avril 2025, Mme A B doit être regardée comme demandant au juge des référés :

1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la décision du 3 décembre 2024, par laquelle l'autorité consulaire à Annaba (Algérie) a refusé de lui délivrer un visa d'entrée et de court séjour ;

2°) d'enjoindre au ministre d'Etat, ministre de l'intérieur, de lui délivrer un visa provisoire, dans un délai de trente jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, à défaut, de procéder à un nouvel examen de sa demande de visa dans les mêmes conditions de délai ;

3°) de mettre à la charge de l'État les frais d'instance au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la condition d'urgence est satisfaite dès lors que la mesure litigieuse viole son droit à mener une vie privée et familiale normale ; elle est âgée de soixante-quatorze ans et n'a pas pu voir sa famille établie en France depuis de nombreuses années ; cette situation génère, chez elle et chez ses petits-enfants, une souffrance morale, alors que du fait de son âge et de son état de santé, elle se trouve dans une situation de vulnérabilité ; elle doit assister au mariage de son petit-fils le 27 juin 2025 ;

- il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :

* elle est insuffisamment motivée en fait ;

* elle justifie de ressources suffisantes ;

* elle porte une atteinte grave et disproportionnée à son droit de mener une vie privée et familiale normale, alors qu'elle ne représente pas une menace pour l'ordre public ;

* de manière irréparable, elle préjudicie à sa relation avec ses petits-enfants et l'expose à un stress ;

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Chauvet, vice-présidente, pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ". L'article L. 522-3 de ce code dispose que : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. ". Enfin, aux termes de l'article R. 522-1 : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire. / A peine d'irrecevabilité, les conclusions tendant à la suspension d'une décision administrative ou de certains de ses effets doivent être présentées par requête distincte de la requête à fin d'annulation ou de réformation et accompagnées d'une copie de cette dernière. ".

2. Aux termes de l'article D. 312-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Une commission placée auprès du ministre des affaires étrangères et du ministre de l'intérieur est chargée d'examiner les recours administratifs contre les décisions de refus de visa de long séjour prises par les autorités diplomatiques ou consulaires. / Le sous-directeur des visas, au sein de la direction générale des étrangers en France du ministère de l'intérieur, est chargé d'examiner les recours administratifs contre les décisions de refus de visa de court séjour prises par les autorités diplomatiques ou consulaires. / La saisine de l'une ou l'autre de ces autorités, selon la nature du visa sollicité, est un préalable obligatoire à l'exercice d'un recours contentieux, à peine d'irrecevabilité de ce dernier. ".

3. Dans le cas où une décision administrative ne peut, comme en l'espèce, être déférée au juge qu'après l'exercice d'un recours administratif préalable, une requête tendant à la suspension de cette décision peut être présentée au juge des référés dès que ce recours préalable obligatoire a été formé, la mesure ordonnée en ce sens valant, au plus tard, jusqu'à l'intervention de la décision administrative prise sur le recours présenté par l'intéressé. Le requérant doit toutefois démontrer l'urgence particulière qui justifie la saisine du juge des référés avant même que l'administration ait statué sur le recours introduit devant elle.

4. Mme A B demande la suspension de l'exécution de la décision du 3 décembre 2024, par laquelle l'autorité consulaire à Annaba (Algérie) a refusé de lui délivrer un visa d'entrée et de court séjour lui a refusé la délivrance d'un visa d'entrée et de court séjour pour visite familiale. Toutefois, le sous-directeur des visas a, par une décision du 19 février 2025, qui s'est substituée à la décision consulaire, confirmé ce refus. Mme B n'a pas, par ailleurs, introduit de requête distincte à fin d'annulation contre cette décision du sous-directeur des visas. Sa requête, qui doit être regardée comme dirigée contre cette décision du sous-directeur des visas, est, dès lors, manifestement irrecevable et doit être rejetée, en toutes ses conclusions, selon la procédure prévue à l'article L. 522-3 du code de justice administrative, en toutes ses conclusions.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B.

Fait à Nantes, le 23 avril 2025.

La juge des référés,

Claire Chauvet

La République mande et ordonne au ministre d'Etat, ministre de l'intérieur, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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