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AccueilJurisprudence administrativeN° TA44-2506862

Tribunal Administratif de Nantes — Décision N° TA44-2506862

jeudi 5 février 2026

JuridictionTribunal Administratif de Nantes
SectionTribunal Administratif de Nantes
N° DossierTA44-2506862
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantDJUIDJE

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Nantes, statuant par ordonnance, a rejeté la requête de Mme C... visant à annuler le rejet de sa demande de naturalisation par le préfet de l'Hérault. La juridiction a jugé la requête manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas exercé le recours administratif préalable obligatoire auprès du ministre de l'intérieur, prévu par l'article 45 du décret du 30 décembre 1993. Le tribunal a constaté que la requête n'avait pas été régularisée malgré une mise en demeure, et l'a donc rejetée en application de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une ordonnance du 18 avril 2025, enregistrée le même jour au greffe du tribunal administratif de Nantes, le président de la cour administrative d’appel de Nantes a transmis au tribunal, en application de l’article R. 351-3 du code de justice administrative, la requête présentée par Mme A... C....

Par cette requête, enregistrée au greffe de la cour administrative d’appel de Nantes le 9 avril 2025, Mme A... C..., représentée par Me Djuidje, demande au tribunal :

1°) d’annuler la décision du 29 juillet 2024 par laquelle le préfet de l’Hérault a rejeté sa demande de naturalisation ;

2°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 1 200 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.


Mme C... a été admise au bénéfice de l’aide juridictionnelle partielle par une décision du 16 janvier 2025 (25%).


Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le décret n° 93-1362 du 30 décembre 1993 ;
- le code de justice administrative.


Considérant ce qui suit :

Aux termes de l’article R. 222-1 du code de justice administrative : « Les présidents de tribunal administratif (…), les premiers vice-présidents des tribunaux (…) et les présidents de formation de jugement des tribunaux (…) peuvent, par ordonnance : (...) / 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens (…) ».

En vertu de l’article 45 du décret du 30 décembre 1993 susvisé, la décision déclarant irrecevable, ajournant ou rejetant une demande de naturalisation peut faire l'objet, dans les deux mois suivant sa notification, d'un recours auprès du ministre chargé des naturalisations. Aux termes du deuxième alinéa de cet article, ce recours « constitue un préalable obligatoire à l'exercice d'un recours contentieux, à peine d’irrecevabilité de ce dernier ». Il s’ensuit que le tribunal administratif de Nantes ne peut être saisi directement de la décision du préfet mais seulement de la décision du ministre de l’intérieur statuant sur le recours formé contre la décision préfectorale.

Aux termes de l’article R. 611-8-2 du code de justice administrative : « Toute juridiction peut adresser par le moyen de l'application informatique mentionnée à l'article R. 414-1, à une partie ou à un mandataire qui y est inscrit, toutes les communications et notifications prévues par le présent livre pour tout dossier. ». Aux termes de l’article R. 611-8-6 du même code : « Les parties sont réputées avoir reçu la communication ou la notification à la date de première consultation du document qui leur a été adressé par voie électronique, certifiée par l'accusé de réception délivré par l'application informatique, ou, à défaut de consultation dans un délai de deux jours ouvrés à compter de la date de mise à disposition du document dans l'application, à l'issue de ce délai. Sauf demande contraire de leur part, les parties sont alertées de toute nouvelle communication ou notification par un message électronique envoyé à l'adresse choisie par elles (…) ».

La requête déposée par Mme C... n’était pas accompagnée de la copie de la décision du ministre de l’intérieur statuant sur son recours administratif préalable ni de la pièce justifiant du dépôt d’un tel recours. En dépit de la demande de régularisation, adressée le 22 avril 2025 au conseil de la requérante par le biais de l’application « Télérecours » et réputée avoir été notifiée deux jours ouvrés plus tard en application de l’article R. 611-8-6 du code précité, Mme C... n’a pas, à l’expiration du délai de quinze jours qui lui était imparti, justifié avoir exercé, à l’encontre de la décision du préfet statuant sur sa demande de naturalisation, le recours administratif préalable obligatoire. Ainsi, cette requête, qui n’a pas été régularisée, est entachée d’une irrecevabilité manifeste et ne peut qu’être rejetée.






O R D O N N E :




Article 1er : La requête de Mme C... est rejetée.









Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A... C....


Fait à Nantes, le 5 février 2026.

La présidente,





V. Gourmelon

La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,
La greffière,


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