Le Tribunal Administratif de Nantes a rejeté comme manifestement irrecevable la requête de la SAS Qualisup contestant le refus de visa de long séjour opposé à son employé, M. A.... La société ne justifiait pas d’un intérêt lui donnant qualité pour agir en son nom propre, et ne pouvait pas représenter valablement son employé devant le juge administratif, n’étant pas un mandataire habilité au sens des articles R. 431-2 et R. 431-5 du code de justice administrative. L’ordonnance a été prise sur le fondement de l’article R. 222-1 4° du même code.
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 17 mai 2025, la SAS Qualisup demande au tribunal :
1°) d’annuler la décision du 14 février 2025 par laquelle l’autorité consulaire française à Casablanca (Maroc) a refusé de délivrer un visa de long séjour à M. B... A..., ainsi que la décision implicite de la commission de recours contre les décisions de refus de visa d’entrée en France confirmant ce refus ;
2°) d’enjoindre au ministre d’Etat, ministre de l’intérieur, de délivrer le visa sollicité, dans un délai de deux mois à compter de la notification de la décision à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l’Etat les entiers dépens.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
Aux termes de l’article R. 222-1 du code de justice administrative : « Les présidents de tribunal administratif (…), les premiers vice-présidents des tribunaux (…) et les présidents de formation de jugement des tribunaux (…) peuvent, par ordonnance : (...) / 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens (…) ».
Aux termes de l’article R. 431-2 du code de justice administrative : « Les requêtes et les mémoires doivent, à peine d’irrecevabilité, être présentés soit par un avocat, soit par un avocat au Conseil d'Etat et à la Cour de cassation, lorsque les conclusions de la demande tendent au paiement d'une somme d'argent, à la décharge ou à la réduction de sommes dont le paiement est réclamé au requérant ou à la solution d'un litige né de l'exécution d'un contrat. (…) ». Aux termes de l’article R. 431-4 du même code : « Dans les affaires où ne s'appliquent pas les dispositions de l'article R. 431-2, les requêtes et les mémoires doivent être signés par leur auteur (…) ». Enfin, selon l’article R. 431-5 de ce code : « Les parties peuvent également se faire représenter : / 1° Par l'un des mandataires mentionnés à l'article R. 431-2 ; (…) ».
La présente requête, introduite par la SAS Qualisup, a pour objet la contestation du refus de visa de long séjour opposé M. A..., son employé. Toutefois, la SAS Qualisup ne justifie pas, en sa seule qualité d’employeur de l’intéressé, d’un intérêt lui permettant de contester, devant le juge administratif, la légalité d’un tel refus de visa. Par ailleurs, les dispositions de l’article R. 431-5 du code de justice administrative ne permettent pas à une partie de se faire représenter par un mandataire autre que l’un de ceux mentionnés à l’article R. 431-2 du même code. La SAS Qualisup, qui ne fait pas partie des mandataires mentionnés à l’article R. 431-2 du code de justice administrative, ne peut donc valablement agir au nom de M. A.... Ainsi, la requête est entachée d’une irrecevabilité manifeste qui n’est pas susceptible d’être régularisée et ne peut, par suite, qu’être rejetée.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de la SAS Qualisup est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à la SAS Qualisup.
Fait à Nantes, le 27 novembre 2025.
Le président,
E. BERTHON
La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,