Le Tribunal administratif de Nantes, statuant par ordonnance, rejette une requête en excès de pouvoir contre l'ajournement d'une demande de naturalisation. Le juge constate que le requérant n'a pas exercé le recours administratif préalable obligatoire auprès du ministre de l'intérieur, prévu à l'article 45 du décret n°93-1362 du 30 décembre 1993, avant de saisir le tribunal. La requête est donc jugée manifestement irrecevable au titre de l'article R. 222-1 du code de justice administrative, d'autant qu'elle n'a pas été régularisée suite à une mise en demeure.
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 29 mai 2025, M. A... B... saisit le tribunal d’un litige relatif à la décision du 22 novembre 2024 par laquelle le préfet d’Indre-et-Loire a ajourné sa demande de naturalisation à deux ans.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le décret n° 93-1362 du 30 décembre 1993 ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l’article R. 222-1 du code de justice administrative : « Les présidents de tribunal administratif (…) peuvent, par ordonnance : (...) / 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n’est pas tenue d’inviter leur auteur à les régulariser ou qu’elles n’ont pas été régularisées à l’expiration du délai imparti par une demande en ce sens (…)».
2. En vertu de l’article 45 du décret du 30 décembre 1993 susvisé, la décision déclarant irrecevable, ajournant ou rejetant une demande de naturalisation peut faire l’objet, dans les deux mois suivant sa notification, d’un recours auprès du ministre chargé des naturalisations. Aux termes du deuxième alinéa de cet article, ce recours « constitue un préalable obligatoire à l’exercice d’un recours contentieux, à peine d’irrecevabilité de ce dernier ». Il s’ensuit que le tribunal administratif de Nantes ne peut être saisi directement de la décision du préfet mais seulement de la décision du ministre de l’intérieur statuant sur le recours formé contre la décision préfectorale.
3. La requête déposée par M. B... n’était accompagnée ni de la copie de la décision du ministre de l’intérieur statuant sur son recours administratif préalable, ni de la pièce justifiant du dépôt d’un tel recours. En dépit de la demande de régularisation qui a été adressée au moyen de l’application « Télérecours citoyens » le 3 juin 2025 et dont il a été accusé réception le 4 juin 2025, M. B... n’a pas, dans le délai de quinze jours qui lui était imparti, justifié avoir exercé, à l’encontre de la décision du préfet statuant sur sa demande de naturalisation, le recours administratif préalable obligatoire. Ainsi, cette requête, qui n’a pas été régularisée, est entachée d’une irrecevabilité manifeste et ne peut qu’être rejetée.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. B... est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A... B....
Fait à Nantes, le 5 mars 2026.
Le président du tribunal,
C. HERVOUET
La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,