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AccueilJurisprudence administrativeN° TA44-2510522

Tribunal Administratif de Nantes — Décision N° TA44-2510522

jeudi 6 novembre 2025

JuridictionTribunal Administratif de Nantes
SectionTribunal Administratif de Nantes
N° DossierTA44-2510522
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantLEROY

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Nantes a constaté, par ordonnance du 6 novembre 2025, qu'il n'y avait plus lieu de statuer sur la requête de Mme A... B... tendant à l'annulation d'un arrêté préfectoral de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. Cette décision est devenue sans objet car le préfet de la Loire-Atlantique a implicitement retiré l'arrêté attaqué en délivrant à l'intéressée une attestation de prolongation d'instruction suite à la reconnaissance de sa qualité de réfugiée. En application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991, l'État a été condamné à verser 800 euros à l'avocate de la requérante, sous réserve de sa renonciation à la part contributive de l'État.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 18 juin 2025, Mme D... A... B..., représentée par Me Leroy, demande au tribunal :

1°) de lui accorder le bénéfice de l’aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d’annuler l’arrêté du 14 mai 2025 par lequel le préfet de la Loire-Atlantique a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination duquel elle pourrait être reconduite d’office lorsque le délai sera expiré ;

3°) d’enjoindre au préfet de la Loire-Atlantique de lui délivrer une attestation de demande d’asile dans un délai de quinze jours à compter de la notification de la décision à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

4°) de mettre à la charge de l’Etat, la somme de 1 200 euros qui devra être versée à son avocate au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative et de l’article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l’aide juridique, moyennant la renonciation de cette avocate à percevoir la contribution versée par l’Etat au titre de l’aide juridictionnelle.

Par un mémoire, enregistré le 9 septembre 2025, Mme A... B... déclare ne pas s’opposer au non-lieu à statuer sur ses conclusions aux fins d’annulation et d’injonction sous astreinte et maintient ses conclusions au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.


Mme A... B... a été admise à l’aide juridictionnelle totale par une décision du 6 octobre 2025.


Vu les pièces du dossier.


Vu :
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l’aide juridique ;
- le code de justice administrative.


Considérant ce qui suit :

Aux termes de l’article R. 222-1 du code de justice administrative : « Les présidents de tribunal administratif (…), les premiers vice-présidents des tribunaux (…) et les présidents de formation de jugement des tribunaux (...) peuvent, par ordonnance : (…) 3 Constater qu’il n’y a pas lieu de statuer sur une requête (…) 5° Statuer sur les requêtes qui ne présentent plus à juger de questions autres que la condamnation prévue à l’article L. 761-1 ou la charge des dépens (…) ».

Sur l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle :

Par une décision du 6 octobre 2025, le bureau d’aide juridictionnelle a admis Mme A... B... au bénéfice de l’aide juridictionnelle totale. Par suite, les conclusions de la requête tendant à son admission au bénéfice de l’aide juridictionnelle provisoire étant devenues sans objet, il n’y a plus lieu d’y statuer.

Sur les conclusions aux fins d’annulation et d’injonction sous astreinte :

Par une décision du 22 août 2025 postérieure à l’introduction de la requête, le préfet de Loire-Atlantique a délivré à Mme A... B... une attestation de prolongation d’instruction à la suite de la reconnaissance de sa qualité de réfugiée. Ainsi, cette autorité a implicitement mais nécessairement retiré la décision attaquée. Par suite, les conclusions de Mme A... B... aux fins d’annulation et d’injonction sous astreinte sont devenues sans objet. Il n’y a, dès lors, plus lieu d’y statuer.

Sur les frais liés à l’instance :

Mme A... B... a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale. Ainsi, son avocate peut se prévaloir des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, et sous réserve que Me Leroy, avocate de la requérante, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat, de mettre à la charge de l’Etat la somme de
800 euros.





O R D O N N E :


Article 1er : Il n’y a pas lieu d’admettre Mme A... B..., à titre provisoire, au bénéfice de l’aide juridictionnelle.

Article 2 : Il n’y a pas lieu de statuer sur les conclusions de Mme A... B... aux fins d’annulation et d’injonction sous astreinte.

Article 3 : L’Etat versera à Me Leroy une somme de 800 (huit cents) euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve qu’elle renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État.

Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme D... A... B..., au préfet de la Loire-Atlantique et à Me Leroy.


Fait à Nantes, le 6 novembre 2025.
La présidente,





M. C...

La République mande et ordonne au préfet de la Loire-Atlantique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun
contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,
La greffière,



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