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AccueilJurisprudence administrativeN° TA44-2514637

Tribunal Administratif de Nantes — Décision N° TA44-2514637

mercredi 21 janvier 2026

JuridictionTribunal Administratif de Nantes
SectionTribunal Administratif de Nantes
N° DossierTA44-2514637
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantHERVET

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Nantes a rejeté la requête de Mme B... contestant la décision du ministre de l'intérieur d'ajourner à deux ans sa demande de naturalisation. La requérante invoquait notamment un défaut de motivation, un défaut d'examen de sa situation et une erreur d'appréciation, au motif qu'elle était étudiante prise en charge par sa famille. Le tribunal a jugé que la décision était suffisamment motivée, que le moyen tiré du défaut d'examen était imprécis, et que le motif de l'ajournement (absence d'autonomie matérielle) n'était pas contesté utilement. Il a également écarté le moyen fondé sur l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme, inopérant en matière de naturalisation. La requête a été rejetée sur le fondement du 7° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 18 août 2025, Mme A... B..., représentée par Me Hervet, demande au tribunal :

1°) d’annuler la décision par laquelle le ministre de l’intérieur a ajourné à deux ans sa demande de naturalisation ;

2°) d’enjoindre au ministre de l’intérieur à titre principal, de procéder à sa naturalisation et à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation dans un délai de quinze jours sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 2 000 euros en application des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :
- la décision est entachée d’une insuffisance de motivation en méconnaissance des dispositions des articles L. 211-2 et L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration ;
- elle est entachée d’un défaut d’examen particulier de sa situation ;
- elle est entachée d’une erreur manifeste d’appréciation ; elle est prise en charge par sa famille et travaille en parallèle de ses études ; elle est engagée dans une formation de très longue durée ;
- elle est entachée d’une erreur d’appréciation au regard de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.


Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
le code civil ;
le décret n° 93-1362 du 30 décembre 1993 ;
le code de justice administrative.


Considérant ce qui suit :

Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : « Les présidents de tribunal administratif (…), les premiers vice-présidents des tribunaux (…) et les présidents de formation de jugement des tribunaux (…) peuvent, par ordonnance : / (…) 7º Rejeter, après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire, les requêtes ne comportant que des moyens de légalité externe manifestement infondés, des moyens irrecevables, des moyens inopérants ou des moyens qui ne sont assortis que de faits manifestement insusceptibles de venir à leur soutien ou ne sont manifestement pas assortis des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé. (…) ».

En premier lieu, la décision attaquée du 23 mai 2025 comporte l’exposé des considérations de droit de fait qui en constituent le fondement. Par suite, le moyen tiré du défaut de motivation de la décision attaquée est manifestement infondé.

En deuxième lieu, il ressort des pièces du dossier que par la décision attaquée, le ministre de l’intérieur a ajourné à deux ans la demande de naturalisation de Mme B... au motif que cette dernière, poursuivant actuellement des études, ne pouvait, de ce fait, être considérée comme ayant acquis son autonomie matérielle par l’exercice d’une activité professionnelle. Pour contester la décision attaquée, Mme B..., qui confirme être étudiante en études supérieures, se borne à invoquer être prise en charge par sa famille, exercer des emplois saisonniers, quelques semaines ou mois par an, et la durée de sa formation universitaire. Toutefois, ce faisant, elle ne conteste pas le motif fondant la décision attaquée.

En troisième lieu, le moyen tiré du défaut d’examen de sa situation personnelle n’est pas assorti des précisions permettant d’en apprécier le bien-fondé.

En dernier lieu, Mme B... ne peut utilement se prévaloir des stipulations de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits humains et des libertés fondamentales, dès lors que la décision par laquelle une demande d’acquisition de la nationalité française est rejetée ou ajournée n’est pas, par nature, susceptible de porter atteinte au droit au respect de la vie privée et familiale de la personne qui la sollicite, et n’emporte par elle-même aucune modification dans ses conditions d’existence.

Il résulte de tout ce qui précède que la requête de Mme B... peut être rejetée en application des dispositions du 7° de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.


O R D O N N E :


Article 1er : La requête de Mme B... est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A... B....


Fait à Nantes, le 21 janvier 2026.




La présidente,





M. C...


La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,
Le greffier,
La greffière,









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