Le Tribunal Administratif de Nantes a rejeté la requête de Mme C... B... et de sa fille, qui demandaient l'annulation du refus de visa de long séjour opposé par l'autorité consulaire française à Lima. Le tribunal a constaté que les requérantes n'avaient pas justifié avoir exercé le recours administratif préalable obligatoire devant la commission de recours contre les décisions de refus de visa, comme l'exigent les articles D. 312-3 et D. 312-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Malgré une demande de régularisation, cette irrecevabilité manifeste n'a pas été corrigée, entraînant le rejet de la requête par ordonnance sur le fondement de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une ordonnance du 26 août 2025, enregistrée le 27 août 2025 au greffe du tribunal, le président de la cour d’appel de Nantes a transmis au tribunal la requête présentée par Mme E... C... B..., épouse A..., et Mme D... C... B....
Par une requête, enregistrée au greffe la cour d’appel de Nantes le 8 août 2025 et un mémoire enregistré le 8 septembre 2025, Mme E... C... B... et Mme D... C... B..., demandent au tribunal d’annuler la décision du 4 août 2025 par laquelle l’autorité consulaire française à Lima (Pérou) a refusé de délivrer un visa de long séjour à Mme D... C... B....
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
Aux termes de l’article R. 222-1 du code de justice administrative : « Les présidents de tribunal administratif (…), les premiers vice-présidents des tribunaux (…) et les présidents de formation de jugement des tribunaux (…) peuvent, par ordonnance : (...) / 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens (…) ».
Aux termes de l’article D. 312-3 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile : « Une commission placée auprès du ministre des affaires étrangères et du ministre de l'intérieur est chargée d'examiner les recours administratifs contre les décisions de refus de visa de long séjour prises par les autorités diplomatiques ou consulaires. / Le sous-directeur des visas, au sein de la direction générale des étrangers en France du ministère de l'intérieur, est chargé d'examiner les recours administratifs contre les décisions de refus de visa de court séjour prises par les autorités diplomatiques ou consulaires. / La saisine de l'une ou l'autre de ces autorités, selon la nature du visa sollicité, est un préalable obligatoire à l'exercice d'un recours contentieux, à peine d'irrecevabilité de ce dernier. ». Aux termes de l’article D. 312-4 du même code : « Les recours administratifs doivent être formés dans un délai de trente jours à compter de la notification de la décision de refus de visa. ».
Il ressort des pièces du dossier que la décision du 4 août 2025 par laquelle l’autorité consulaire française à Lima a refusé de délivrer un visa à Mme C... B... comporte la mention des voies et délais de recours, notamment la nécessité d’exercer un recours administratif préalable obligatoire devant la commission de recours contre les décisions de refus de visa d’entrée en France dans le délai de trente jours. En dépit de la demande qui leur a été adressée le 28 août 2025 par le tribunal par lettre recommandée et dont il a été accusé réception le 1er septembre 2025, les requérantes n’ont pas, dans le délai de quinze jours qui leur était imparti, régularisé leur recours en produisant une copie de la décision de la commission de recours contre les décisions de refus de visa d’entrée en France ou la preuve du dépôt de leur recours devant cette commission. Ainsi, la requête est entachée d’une irrecevabilité manifeste non régularisée et ne peut qu’être rejetée.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mmes C... B... est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme D... C... B... et à Mme F... B... épouse A....
Fait à Nantes, le 10 décembre 2025.
Le président,
E. BERTHON
La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,