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AccueilJurisprudence administrativeN° TA44-2515271

Tribunal Administratif de Nantes — Décision N° TA44-2515271

jeudi 29 janvier 2026

JuridictionTribunal Administratif de Nantes
SectionTribunal Administratif de Nantes
N° DossierTA44-2515271
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Nantes a rejeté comme manifestement irrecevable la requête de M. B... et autres contestant le refus de visas de court séjour par l'autorité consulaire française à Alger. Le tribunal a rappelé que, conformément aux articles D. 312-3 et D. 312-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, un recours administratif préalable obligatoire auprès de la sous-directrice des visas est requis avant tout recours contentieux. Les requérants n'ayant pas produit la décision de cette autorité ni justifié du dépôt de ce recours, malgré les demandes de régularisation du tribunal, leur requête a été rejetée sur le fondement de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires, enregistrés les 1er septembre et 2 octobre 2025, M. A... B..., Mme D... E... épouse B... et M. G... B..., agissant tant en leur nom personnel qu’en qualité de représentants légaux de leur fille mineure F... B... et M. C... B..., saisissent le tribunal d’un litige relatif aux décisions du 17 juillet 2025 par lesquelles l’autorité consulaire française à Alger (Algérie) a refusé de délivrer des visas de court séjour à Mme D... E... épouse B..., à M. G... B..., à M. C... B... et à la jeune F... B....


Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.


Considérant ce qui suit :

Aux termes de l’article R. 222-1 du code de justice administrative : « Les présidents de tribunal administratif (…), les premiers vice-présidents des tribunaux (…) et les présidents de formation de jugement des tribunaux (…) peuvent, par ordonnance : (...) / 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens (…) ».

Aux termes de l’article D. 312-3 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile : « Une commission placée auprès du ministre des affaires étrangères et du ministre de l'intérieur est chargée d'examiner les recours administratifs contre les décisions de refus de visa de long séjour prises par les autorités diplomatiques ou consulaires. / Le sous-directeur des visas, au sein de la direction générale des étrangers en France du ministère de l'intérieur, est chargé d'examiner les recours administratifs contre les décisions de refus de visa de court séjour prises par les autorités diplomatiques ou consulaires. / La saisine de l'une ou l'autre de ces autorités, selon la nature du visa sollicité, est un préalable obligatoire à l'exercice d'un recours contentieux, à peine d'irrecevabilité de ce dernier. ». Aux termes de l’article D. 312-4 du même code : « Les recours administratifs doivent être formés dans un délai de trente jours à compter de la notification de la décision de refus de visa. ».

Aux termes de l’article R. 611-8-2 du code de justice administrative : « Toute juridiction peut adresser par le moyen de l'application informatique mentionnée à l'article R. 414-1, à une partie ou à un mandataire qui y est inscrit, toutes les communications et notifications prévues par le présent livre pour tout dossier. ». Aux termes de l’article R. 611-8-6 du même code : « Les parties sont réputées avoir reçu la communication ou la notification à la date de première consultation du document qui leur a été adressé par voie électronique, certifiée par l'accusé de réception délivré par l'application informatique, ou, à défaut de consultation dans un délai de deux jours ouvrés à compter de la date de mise à disposition du document dans l'application, à l'issue de ce délai. Sauf demande contraire de leur part, les parties sont alertées de toute nouvelle communication ou notification par un message électronique envoyé à l'adresse choisie par elles. ».

Il ressort des pièces du dossier que les décisions du 17 juillet 2025 par lesquelles l’autorité consulaire française à Alger a refusé de délivrer des visas à Mme D... E..., à M. G... B..., à M. C... B... et à la jeune F... B..., comportaient la mention des voies et délais de recours, notamment la nécessité d’exercer un recours administratif préalable obligatoire devant la sous-directrice des visas dans le délai de trente jours. La requête de M. B... et autres n’était pas accompagnée d’une copie de la décision de la sous-directrice des visas. En dépit des demandes qui ont été adressées les 5 septembre 2025 et 3 octobre 2025 par le tribunal par le biais de l’application « Télérecours citoyens », réputée lue, pour la première demande, deux jours ouvrés plus tard en application de l’article R. 611-8-6 du code de justice administrative, et dont il a été accusé réception, pour le deuxième courrier, le même jour, les requérants n’ont pas, dans le délai de quinze jours qui leur était imparti, produit une copie de la décision de la sous-directrice des visas ou la preuve du dépôt de leur recours devant elle ni, pour Mme D... E... épouse B... et M. G... B..., fait élection de domicile en France ou même communiqué leurs adresses au tribunal. Ainsi, cette requête, qui n’a pas été régularisée, est entachée d’une irrecevabilité manifeste et doit être rejetée.


O R D O N N E :


Article 1er : La requête de MM. B... et de Mme E... est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A... B..., à Mme D... E... épouse B... et à M. G... B....










Fait à Nantes, le 29 janvier 2026.

La présidente,





P. PICQUET

La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,
La greffière,



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