Le Tribunal administratif de Nantes, statuant par ordonnance, rejette la requête de Mme A... comme étant manifestement irrecevable. Le sujet principal concerne la contestation d'une décision ajournant une demande de naturalisation. La juridiction a retenu que l'envoi de pièces, dont un recours gracieux, sans requête formelle contenant des conclusions, ne constituait pas un recours juridictionnel valable. La solution est fondée sur les articles R. 411-1 et R. 222-1 (4°) du code de justice administrative.
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 16 septembre 2025, Mme A... saisit le tribunal d’un litige relatif à une décision ajournant à deux ans sa demande de naturalisation.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l’article R. 222-1 du code de justice administrative : « Les présidents de tribunal administratif (…) et les présidents de formation de jugement des tribunaux (…) peuvent, par ordonnance : (…) / 4º Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens ; (…) »
2. Aux termes de l’article R. 411-1 du code de justice administrative : « La juridiction est saisie par requête. (…) Elle contient (…) l’énoncé des conclusions soumises au juge. (…) »
3. Mme A... a transmis au tribunal un ensemble de pièces se rapportant à sa demande d’acquisition de sa nationalité française, dont son recours gracieux adressé au ministre de l’intérieur, sans toutefois joindre à ces pièces une requête comportant l’énoncé des conclusions soumises au juge. Il n’appartient pas à la juridiction administrative d’instruire les demandes de naturalisation et la demande de Mme A... qui s'analyse comme un recours gracieux, d’ailleurs adressé nominativement à l’adjoint au chef du bureau de l’accès à la nationalité, ne constitue pas une requête. Mme A... ne peut donc être regardée comme ayant saisi le tribunal d’un recours juridictionnel. En l’absence de conclusions, sa requête est manifestement irrecevable. Il y a lieu de la rejeter par voie d’ordonnance, en application des dispositions du 4° de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme A... est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B... A... et au ministre de l'intérieur.
Fait à Nantes, le 9 février 2026.
La présidente,
H. Douet
La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,